La SCF et le monde

Dans cette rubrique vous trouverez essentiellement des informations concernant l’IUPAC (International Union of Pure and Applied Chemistry).

2019 : Paris accueillera les manifestations de l’IUPAC

Paris accueillera en 2019 le 47e Congrès Mondial de Chimie et la 50e Assemblée Générale de l’Union Internationale de Chimie Pure et Appliquée.

Le Président du Comité National de la Chimie (CNC), Robert Guillaumont, la Secrétaire générale, Nicole Moreau et le bureau du CNC sont heureux de communiquer que le récent Conseil de l’Union Internationale de Chimie Pure et Appliquée (IUPAC), réuni à Istanbul, vient de décider à la quasi-unanimité que le Congrès Mondial de Chimie (47th World Chemistry Congress) et la 50e Assemblée Générale de l’IUPAC se tiendraient à Paris en 2019, pour célébrer le centenaire de cette Union à l’endroit même où elle est née.

« Chimie : créons notre avenir ! 100 années avec l’IUPAC  ».

Le Comité National de la Chimie (CNC), représentant de la chimie française à l’IUPAC, se réjouit que Paris puisse ainsi accueillir en 2019 des milliers de chimistes et scientifiques venus du monde entier pour débattre des réponses à apporter à la société autour des trois grandes questions essentielles : Chimie pour la vie, Chimie pour l’énergie et pour les ressources, Chimie pour l’environnement. Le Congrès explorera les frontières de la connaissance en chimie et leur évolution au-delà de 2020, au travers de très nombreuses conférences et symposiums.

La candidature française a été préparée par la commission internationale du CNC, animée par le professeur Jean-Pierre Vairon (UPMC Paris) avec le concours de toutes les composantes de la chimie française, académique et industrielle. Elle a bénéficié du soutien affirmé des pouvoirs publics à l’échelle nationale, régionale et parisienne, ainsi que de celui des acteurs industriels majeurs de la chimie de notre pays.

Placé sous la présidence d’honneur du professeur Jean-Marie Lehn (Université de Strasbourg), le congrès sera organisé par un comité scientifique, animé par le professeur Clément Sanchez (Collège de France), associant largement chercheurs et industriels français, européens et spécialistes internationaux.

Le Comité National de la Chimie invite d’ores et déjà l’ensemble de la communauté des chimistes à se saisir de la préparation et de la tenue de ce Congrès de portée mondiale pour mieux répondre aux questions de nos concitoyens sur la chimie, à la fois science et industrie, et pour en faire un événement marquant de la chimie tant en France qu’à l’international, cent ans après la création de l’IUPAC.

Le Président du Comité National de la Chimie
Robert Guillaumont
Paris, le 28 août 2013

Quelques impressions du 44e World Chemistry Congress de l’IUPAC

Peter Reinhardt, LCT, et Guillaume Vives, IPCM,
Université Pierre et Marie Curie, Paris

Le 44e World Chemistry Congress (11-16 août 2013) a réuni à Istanbul des chimistes de toutes nos sous-disciplines – chimie-physique, synthèse, analyse, patrimoine, nano-technologies, chimie verte, didactique, biochimie et chimie des matériaux – en quelques conférences plénières, puis jusqu’à 15 sessions parallèles de keynotes et conférences courtes, accompagnées de sessions posters et d’une zone d’exposants (édition, produits chimiques, sociétés savantes).
Le tout s’est déroulé pendant une semaine dans le centre de congrès Lutfi Kirdar, qui pouvait facilement accueillir les 1700 participants de toutes les nationalités (à noter que 500 personnes s’étaient désistées en raison des événements géo politiques) .

Quatre lauréats du prix Nobel ont présenté un résumé de leurs recherches. A l’interface de la biologie et la chimie : Aron Chiechanover sur le rôle de l’ubiquitine dans la reconnaissance et la dégradation des protéines et Ada Yonath sur l’analyse des structures et le fonctionnement des ribosomes ainsi que son interaction avec des médicaments.
Ryoji Noyori a effacé les frontières entre les disciplines, pronostiquant une seule science naturelle au lieu de cloisonnements de facultés séparées de chimie, physique, biologie et pharmacie, et Alan Heeger a donné des exemples de cellules photovoltaïques souples.

Engin Akkaya a souligné cette interaction entre disciplines par ses travaux de photosensibilisation de médicaments pour traitements locaux et parfaitement contrôlés, tandis que Daniel Nocera présentait la conception d’une feuille artificielle pour conversion et stockage d’énergie solaire. Barry Halliwell a montré le rôle des radicaux libres et des antioxydants dans le vieillissement cellulaire. Martin Quack évoquait des controverses fondamentales concernant la symétrie en spectroscopie (amenant par exemple au développement d’un seul énantiomère d’acides aminés dans notre vie terrestre), tandis que Martin Jansen montrait les possibilités et limites des chimistes du solide pour construire des matériaux inconnus par expérience et par prédiction théorique.

Les conflits récents qui ont rendu la place Taksim, toute proche du congrès, présente dans tous les médias, étaient aussi évoqués par des scientifiques turcs comme exemples à ne pas suivre – notre science doit être au delà des mouvements politiques.

Une place importante était réservée à la didactique de la chimie et l’enseignement, par des conférences, mini-symposia et posters, notamment sur la place de l’informatique en cours, pour évaluations ou simulations, avec des retours d’expériences de nombreux pays.

L’organisation générale et la multitude de sessions parallèles au programme très chargé ont fait que les conférences plénières étaient bien fréquentées, tandis que les présentations courtes manquaient parfois d’audience malgré la proximité des salles. C’est une grande occasion de voir beaucoup de disciplines réunies, de découvrir des sujets de recherche nouveaux et inconnus au delà de ses propres intérêts de recherche. L’interdisciplinarité est vécue au premier plan. La présence de participants de pays souvent peu représentés dans d’autres congrès a permis des rencontres particulièrement enrichissantes.

Les réceptions, pauses-café, déjeuners buffets, l’excursion sur le Bosphore et le dîner du congrès donnaient de belles occasions de discuter, d’approfondir des questions, de multiplier les rencontres, dans un cadre merveilleux et ensoleillé.

Dans six ans, pour le centenaire de l’IUPAC en 2019, ce sera au tour de la France de reprendre le flambeau et de réunir les chimistes du monde entier. Avant, les prochains rendez-vous seront à Busan (Corée du sud, 2015) et São Paulo (Brésil, 2017).

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