Franco-Allemand

Présentation

Le Prix franco-allemand « Georg Wittig - Victor Grignard » est un prix bisannuel, créé en partenariat avec la Gesellschaft Deutscher Chemiker (GDCh). Il est remis en France à un chimiste allemand chaque année paire, et en Allemagne à un chimiste français chaque année impaire. L’octroi du prix, selon l’accord réciproque passé avec la GDCh, est couplé avec la venue en France du lauréat allemand pour trois conférences dont les titres et dates sont diffusés par les canaux habituels de la SCF.
Selon le souhait des lauréats, L’Actualité Chimique pourra publier une mise au point relative à leurs travaux récents.
Les candidatures doivent être présentées par une section régionale ou une division scientifique de la SCF.

Le jury est le même que pour les Grands Prix nationaux de la SCF. Il est constitué de sept personnalités internationalement reconnues, membres de la SCF, dont la liste est soumise à l’avis du conseil d’administration de la SCF. Le jury peut s’entourer d’avis extérieurs, essentiellement en provenance de l’étranger. Les critères habituels de sélection des dossiers et de classement des candidats par le jury sont communiqués au conseil d’administration.

Modalités d’attribution

Le jury a à sa disposition la liste des prix attribués les dix années précédentes, avec le profil scientifique des lauréats. Chaque candidat fait l’objet d’un rapport qui doit mettre en lumière ses qualités scientifiques et son aptitude à recevoir ce Prix, dont une collaboration avérée avec des chimistes français ou des échanges avec la France est un des critères.
Ces rapports (2 pages au maximum) seront transmis au bureau de la SCF pour communication aux membres du conseil d’administration.
Le coordonnateur du jury présente ensuite un rapport global et une proposition de classement des candidats devant le conseil d’administration.
Le choix définitif est, autant que faire se peut, entériné de manière consensuelle après discussion en présence du coordonnateur du jury.
Si besoin est, un vote à bulletin secret est effectué à la majorité absolue des suffrages exprimés pour les deux premiers tours du scrutin.
Le jury doit par la suite fournir un court texte de justification concernant les lauréats pour diffusion externe.

Communication des résultats

Peu après le conseil d’administration et que les lauréats aient été personnellement informés, les résultats sont annoncés sur le site Internet de la SCF et présentés dans L’Actualité Chimique accompagnés du texte de justification.

Remise des Prix

La remise des Prix binationaux a lieu dans le cadre de la cérémonie solennelle des Grands Prix de la SCF, généralement au 2e trimestre de l’année suivante. Une mise au point sur les travaux récompensés peut être publiée dans L’Actualité Chimique après accord entre chaque récipiendaire et la rédaction de L’Actualité Chimique.

Lauréat 2016

Lutz H. Gade

Lutz Gade est professeur à l’Université de Heidelberg depuis octobre 2003. Après des études supérieures à l’Université de Bonn et à l’Université technique de Munich, il rejoint l’Université de Cambridge pour y préparer une thèse soutenue en 1991. Il retourne en Allemagne à l’Université de Würzburg où il soutient son habilitation en 1996 et occupe pendant deux ans les fonctions de « Privatdozent ».

En octobre 1998, il est nommé professeur de chimie inorganique à l’Université de Strasbourg. Il crée alors et dirige le Laboratoire de chimie organométallique et catalyse, s’investissant grandement dans la chimie strasbourgeoise ; il assure la direction du DEA, devient président de la commission de spécialistes de la 32e section et publie chez Wiley-VCH son livre de chimie inorganique, Koordinationschemie. Durant cette période, il devient membre de l’IUF.

En novembre 2003, l’Université de Heidelberg lui propose un poste de professeur à l’Institut de chimie inorganique. Nommé en 2006 doyen de la Faculté de mathématiques et de sciences naturelles, il assume jusqu’en 2013 la direction d’un centre de recherche sur la catalyse (SFB 623) et fait partie jusqu’en 2014 du directorat d’un institut associant l’Université d’Heidelberg et BASF (CaRLa).
Sa carrière scientifique a un impact international remarquable en chimie de coordination et en catalyse organométallique. Ses travaux couvrent un très large domaine de la chimie moléculaire organique et inorganique et se concentrent actuellement dans le design de ligands présentant une asymétrie moléculaire pour le développement de nouveaux catalyseurs performants en synthèse asymétrique. Il étudie les mécanismes des réactions en associant des études théoriques poussées à des procédés expérimentaux détaillés.
L’ensemble de ses travaux (plus de 8 000 citations, facteur h de 48) a conduit à 283 publications, deux brevets, trois livres et plus de 250 conférences invitées. Lutz Gade a des liens très étroits avec la communauté scientifique française depuis son passage à Strasbourg où il a maintenu de nombreuses connexions, aussi bien en recherche qu’en pédagogie, enseignant à l’ENS de la rue d’Ulm et collaborant au travers de co-tutelles de thèses avec Strasbourg et Montpellier. Parfait connaisseur du système français, il a été deux fois président de comités d’évaluation de laboratoires français par la HCERES (Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur).

Le Prix franco-allemand récompense cette riche expérience et des résultats remarquables qui font de Lutz Gade un leader reconnu au niveau mondial dans le domaine des chimies organométalliques et de coordination.

Matthias Beller

Matthias Beller, 52 ans, est Professeur à l’Université de Rostock et Directeur du Leibniz Institut für Katalyse de Rostock

Après son doctorat (1989) en synthèse organique avec le Prof. Lutz Tietze à Göttingen, il a fait un stage post-doctoral d’une année dans le laboratoire de B. Sharpless (lauréat Nobel 2001) au MIT en 1990, et a commencé une carrière dans l’industrie comme responsable de projet en catalyse chez Hoechst AG (Francfort) pendant 5 ans (1991-1995). En 1996, il est professeur C3 à l’Université Technique de Munich, puis devient professeur C4 en Catalyse en 1998 à l’âge de 36 ans à l’Institut de Catalyse Organique (IfOK) de Rostock, avec la mission de le restructurer. En 10 ans il a fait de son institut « Leibniz Institut für Katalyse » (LIKAT) un des meilleurs centres internationaux de catalyse

Son activité de recherche en catalyse est impressionante avec de fortes interactions avec l’industrie. Il a innové dans les carbonylations (Pd) et hydroformylations (Rh) catalytiques et ses catalyseurs au palladium à ligands Phosphines ou NHCarbenes sont utilisés dans l’industrie à l’échelle de 100 Kg à plusieurs tonnes chez Umicore, Evonik, Solvias et pour ceux du rhodium chez Degussa-Oxeno. Il a créé des catalyseurs du fer capables d’hydrogéner ou d‘hydrosilyler des cétones ou des aldéhydes, et de deshydrater ou de réduire des amides. En relation avec la catalyse et l’énergie, il a découvert des catalyseurs pour la production d’hydrogène à partir des alcools et de la biomasse, ou par réduction photocatalytique de l’eau.

Sa production scientifique est absolument remarquable avec 630 publications dans les meilleurs journaux et ses 110 brevets, (Facteur h= 85) et plus de 400 invitations dans des congrès, des universités et dans l’industrie. Sa reconnaissance internationale est reflétée par des prix : 2006 : Prix Leibniz et Federal Cross of Merit of Germany ; 2009 : German National Academy of Science « Leopoldina » ; 2010 : Paul Rylander Award of the Organic Reaction Catalysis Society, USA ; 2010 : European Sustainable Chemistry Award ; 2011 Prix Gay-Lussac-Humboldt.

Ses interactions avec la France sont exemplaires : M. Beller a des coopérations de recherche avec le LCC et INSA de Toulouse (ligands et catalyse asymétrique et les nanoparticules du fer). Il a été professeur invité à Strasbourg, Paris, et Rennes. Il a accueilli 7 post docteurs Français lauréats Humboldt et dans le cadre d’un Réseau européen d’excellence IDECAT il a accueilli 6 doctorants de Rennes conduisant à 6 publications. M. Beller fait tous les deux ans des cours de Catalyse et Chimie verte à Rennes. Depuis 2013 il coordonne avec Rennes un laboratoire international associé du CNRS.

La SCF lui décerne le Prix Franco-Allemand pour ses découvertes remarquables dans le domaine de la Catalyse et leur retombées pour le développement durable, pour ses valorisations industrielles et les collaborations fructueuses qu’il a initiées avec la France.

Klaus Mullen

Présenté par la section régionale Alsace
65 ans. Professeur. Directeur du Max Planck Institut für Polymerforschung de Mayence

Après des études de chimie de 1966 à 1969, il part à Bâle où il soutient un doctorat en 1972. Il est ensuite chercheur à l’ETH de Zurich où il passe son habilitation et est nommé Privat-Dozent en 1977. En 1979, il est nommé professeur à l’université de Cologne qu’il quitte en 1984 pour l’Université de Mayence où, en 1989, il est nommé directeur du Max-Planck-Institut für Polymerforschung.
Ses thématiques sont très vastes puisqu’elles englobent les réactions de polymérisation, la chimie des organométalliques, les polymères multifonctionnels, la chimie physique des matériaux moléculaires, jusqu’aux dispositifs électroniques par cristaux liquides. Enfin, ses derniers travaux sont consacrés au graphène poreux et aux dendrimères.
Sa production scientifique est tout à fait étonnante : 1 324 publications (43 570 citations) et de nombreuses conférences. Membre de nombreux comités d’évaluation en Allemagne, aux Pays-Bas et en France, il est membre du Sénat de la Deutsche Forschungsgemeinschaft. Il fut président de la Gesellschaft Deutscher Chemiker de 2008 à 2009. De nombreux prix ont reconnu sa dimension nationale et internationale : prix Max-Planck (1993), prix Philips Morris (1997), membre de l’Academia Leopoldina (1999), Professeur honoris causa de 5 universités, Polymer Award de l’ACS (2011). Il fait partie de dix comités éditoriaux et est éditeur associé du J. Am. Chem. Soc. depuis 2006. Il a par ailleurs mené des collaborations entre le MPI für Polymerforschung de Mayence avec des laboratoires de recherches de Bordeaux, Paris et Strasbourg.

Markus Antonietti

Le Prix Franco-Allemand 2010 a été attribué à :
Markus Antonietti, directeur de l’Institut Max Planck de chimie colloïdale de Postdam (Allemagne)
pour ses travaux remarquables et variés dans le domaine de la chimie douce et de la chimie des matériaux ainsi que pour ses collaborations suivies avec la communauté française.
Candidature présentée par la division de chimie du solide et la section régionale Auvergne.

Markus Antonietti a fait ses études à Mayence où il obtient son Diplom Chemiker en 1983, puis son doctorat en 1985. Il est alors assistant dans cette université, il passera son habilitation en 1990. Il est Hochsuldozent en 1991 et nommé, la même année, professeur à l’université de Marburg, mais, en 92, il quitte l’ouest pour l’est afin de réorganiser le Max Planck Institute de Postdam. Il y réussit très bien puisque, depuis 1993, il en est le directeur et l’a développé. Il est aussi professeur à l’université.

Ses thématiques scientifiques ont varié, puisque d’abord polymériste à ses débuts et spécialiste de l’assemblage des co -polymères, il s’est orienté vers la chimie des sols gels et la modélisation de la formation des nano et meso critallites. Depuis quelques années, il a migré vers la chimie des colloïdes et la conversion de la bio masse, le carbone colloïdal, la photosynthèse artificielle.

Auteur ou co-auteur de 480 publications et de 22 brevets il a donné près de 300 conférences dont plus de 100 dans des meeting internationaux.

Directeur du Max Planck de Postdam, secrétaire adjoint de la section Sciences naturelles de l’Académie de Berlin - Brandebourg, il est professeur à l’université de Postdam.
Il a déjà obtenu de nombreuses distinctions, dont le prix de l’union des industries chimiques d’Allemagne en 1992, le prix de la société chimique espagnole en 2003, Fellow de la Royal society of Chemistry en 2006 et une Grant Senior de l’ERC en 2008, sans oublier la médaille d’or du groupe Macromolécules de la RSC.

Il est membre du comité éditorial de 9 journaux dont le New Journal of Chemistry, Chemistry of Materials et Macromolecular Journal. Il a collaboré avec plusieurs équipes françaises dont celles de Bordeaux et de Paris ; l’attestent près de 30 publications communes franco-allemandes. Il est très actif dans le réseau européen matériaux dirigé par J. Etourneau et est le coordonnateur de l’axe fort CNRS - Max Planck sur les nanocristaux.

Martin Jansen

Martin Jansen, pour sa contribution remarquable à la chimie du solide et notamment en synthèse et élaboration de nouveaux composés

Carsten Bolm

Carsten Bolm, développement en méthodologie de synthèse notamment asymétrique en s’appuyant sur la catalyse utilisant les métaux de transition et des groupes principaux avec des préoccupations autant mécanistiques qu’applicatives.

Herbert W. Roesky

Herbert W. Roesky, chimiste inorganicien particulièrement créatif dont la longue carrière, au plus haut niveau et au bénéfice de l’enseignement, de la recherche et du rayonnement de la chimie, a été reconnu au plan international par de hautes distinctions dont le grand prix de la Maison de la Chimie (1998), et au plan français par son élection comme Membre Associé de l’Académie des Sciences (2002) et sa nomination comme Docteur Honoris Causa de l’Université Paul Sabatier de Toulouse (2000). Ses livres « Chemische Kabinettstücke » (Curiosités chimiques) et « Chemie en miniature » ainsi que les conférences remarquables de chimie expérimentale qu’il présente dans diverses écoles et universités en ont fait un véritable héraut de notre discipline.

Lutz Tietze

Lutz Tietze (Institut de chimie organique de Göttingen), spécialiste de la chimie organique

Alois Fürstner

Gerard Wegner

Karl Heinz Dötz

Michael Veith

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