Franco-Britannique

Présentation

Le prix Franco-Britannique est un prix bisannuel, créé en partenariat avec la Royal Society of Chemistry (RSC). Il est remis en France à un chimiste britannique chaque année impaire, et en Grande-Bretagne à un chimiste français chaque année paire. L’octroi du prix, selon l’accord réciproque passé avec la RSC, est couplé avec la venue en France du lauréat britannique pour trois conférences dont les titres et dates sont diffusés par les canaux habituels de la SCF.
Selon le souhait des lauréats, L’Actualité Chimique pourra publier une mise au point relative à leurs travaux récents.
Les candidatures doivent être présentées par une section régionale ou une division scientifique de la SCF.

Le jury est le même que pour les Grands Prix nationaux de la SCF. Il est constitué de sept personnalités internationalement reconnues, membres de la SCF, dont la liste est soumise à l’avis du conseil d’administration de la SCF. Le jury peut s’entourer d’avis extérieurs, essentiellement en provenance de l’étranger. Les critères habituels de sélection des dossiers et de classement des candidats par le jury sont communiqués au conseil d’administration.

Modalités d’attribution

Le jury a à sa disposition la liste des prix attribués ces dix dernières années, avec le profil scientifique des lauréats. Chaque candidat fait l’objet d’un rapport qui doit mettre en lumière ses qualités scientifiques et son aptitude à recevoir ce Prix, dont une collaboration avérée avec des chimistes français ou des échanges avec la France est un des critères.
Ces rapports (2 pages au maximum) seront transmis au bureau de la SCF pour communication aux membres du conseil d’administration.
Le coordonnateur du jury présente ensuite un rapport global et une proposition de classement des candidats devant le conseil d’administration.
Le choix définitif est, autant que faire se peut, entériné de manière consensuelle après discussion en présence du coordonnateur du jury.
Si besoin est, un vote à bulletin secret est effectué à la majorité absolue des suffrages exprimés pour les deux premiers tours du scrutin.
Le jury doit par la suite fournir un court texte de justification concernant les lauréats pour diffusion externe.

Communication des résultats

Peu après le conseil d’administration et que les lauréats aient été personnellement informés, les résultats sont annoncés sur le site Internet de la SCF et présentés dans L’Actualité Chimique accompagnés du texte de justification.

Remise des Prix

La remise des Prix binationaux a lieu dans le cadre de la cérémonie solennelle des Grands Prix de la SCF, généralement au 2e trimestre de l’année suivante. Une mise au point sur les travaux récompensés peut être publiée dans L’Actualité Chimique après accord entre chaque récipiendaire et la rédaction de L’Actualité Chimique.

Lauréat 2017

Clare Grey

50 ans, Professeure à l’Université de Cambridge

La SCF lui décerne le prix Franco-Britannique pour ses travaux majeurs dans l’étude structurale de matériaux pour l’énergie et particulièrement pour ses apports en RMN solide qu’elle a valorisé auprès des laboratoires français du réseau RS2E.

Professeure de chimie à l’Université de Cambridge (Geoffrey Moorhouse-Gibson Professor), Clare Grey est membre distinguée de la Royal Society et membre du Pembroke College de Cambridge.

Après des études de chimie à l’Université d’Oxford (PhD en 1991), Clare Grey a effectué des stages postdoctoraux aux Pays-Bas à l’Université de Nijmegen puis au centre R & D de DuPont (Wilmington, États-Unis). Elle a obtenu un poste à l’Université de Stony Brook (SBU) à New York où elle est restée de 1994 à 2015 en gravissant tous les échelons académiques dont celui de « Full Professor » (2001-2015). Elle rejoint en 2009 l’Université de Cambridge tout en conservant une position auprès de SBU. Directrice du « Northeastern Chemical Energy Storage Center » (2009-2014), elle est actuellement directrice du Centre de Matériaux Avancés pour des Systèmes Intégrés pour l’Energie (EPSRC Centre for Advanced Materials for Integrated Energy Systems ; CAM- IES).

Ses travaux portent essentiellement sur les études structurales de matériaux pour l’énergie (batteries, piles à combustible, supercondensateurs) au moyen de techniques physiques (RMN du solide multi-nucléaire, diffraction des rayons X et des neutrons), ainsi que par la modélisation ab initio. Ses principaux centres d’activité sont :
- la synthèse, la caractérisation et l’évaluation électrochimique de matériaux pour électrodes de batteries lithium-ion ;
- le développement de nouvelles méthodes RMN in situ ;
- l’application de nouveaux indicateurs locaux de structure (RMN, fonction de distribution de paires) pour suivre les changements structuraux dans les matériaux d’électrodes au cours des cycles ;
- la conductivité protonique et par ion-oxygène dans les membranes pour les cellules à oxyde solide ;
- la structure des interfaces eau-solide ;
- la catalyse et la sorption.

L’intense activité de recherche de Clare Grey peut se mesurer au nombre de publications (près de 400, dont 7 dans Science, 2 dans Nature, 7 dans Nature Materials, 2 dans Nature Communications), de conférences invitées, ainsi que des distinctions reçues.

Depuis 2011, elle est Fellow de la Royal Society qui lui a attribué plusieurs prix. Elle est Docteur Honoris Causa de l’Université d’Orléans ainsi que de l’Université de Lancaster. Clare Grey a déjà effectué plusieurs séjours dans des universités françaises : à l’Université de Strasbourg (2000), puis à l’Université de Picardie (2006-2008) où elle a établi des collaborations solides avec Jean-Marie Tarascon et les laboratoires français du réseau national RS2E.

William Motherwell

68 ans, Professeur émérite à University College London.

La SCF lui décernee le Prix Franco-Britannique pour ses découvertes remarquables dans le domaine de la synthèse organique et leurs retombées dans le domaine pharmaceutique ainsi que pour son implication dans la vie de la communauté scientifique française.

Spécialiste en chimie organique, William Motherwell a entretenu tout au long de sa carrière d’étroites relations avec la France. Accompagnant Derek Barton lorsque ce dernier a rejoint l’ICSN, il y fut CR CNRS pendant 6 ans. Par la suite il a fait plusieurs visites en France, Paris, Orsay, Rouen et Bordeaux. Son expertise est fréquemment sollicitée par les institutions françaises (par exemple il a été membre du Conseil Scientifique de l’Institut de Chimie du CNRS).

William Motherwell a développé de nombreuses réactions originales en particulier en utilisant des réactifs radicalaires contrôlables ainsi que des composés organométalliques réactifs comme des complexes carbéniques. Il a également développé de nouveaux réactifs, les plus notables étant ceux permettant des réactions de fluoration sélectives. Un grand nombre de ses projets ont trouvé des applications dans le domaine de la synthèse et de la modification de composés naturels ou de composés biologiquement actifs, le conduisant à de fortes interactions avec le secteur industriel.

William Motherwell a une production scientifique remarquable avec plus de 200 publications montrant la grande diversité des questions abordées pour résoudre de façon originale des problèmes de synthèse organique. Il a donné près de 160 conférences et séminaires un peu partout dans le monde.

Steven V. Ley

Steven V. Ley

Professeur de Chimie à l’Université de Cambridge et Membre de Trinity College à Cambridge (R-U).

Steven V. Ley obtient son Doctorat à l’Université de Loughborough en 1972, et il réalise ensuite deux stages post-doctoraux, l’un chez L. A. Paquette (Université d’Ohio, USA) et l’autre chez D.H.R. Barton (Imperial College, R-U). Il est nommé professeur de chimie organique à l’Imperial College à Londres en 1983 dont il devient directeur du département de chimie en 1989. En 1992, il est nommé professeur de chimie à l’Université de Cambridge et directeur du département de chimie.

Steven V. Ley est un chimiste de très grand talent, internationalement reconnu dans le domaine de la synthèse totale de molécules complexes biologiquement actives. Il a réussi à synthétiser plus de 120 molécules extrêmement complexes telles que l’azadirachtine ou encore la spongistatine. Il est non seulement un fin stratège mais il est également capable de mettre au point des nouveaux réactifs et de nouvelles techniques dont il fait bénéficier toute la communauté des chimistes organiciens. Parmi les réactifs les plus connus, citons le tétra-n-propylammonium perruthenate ainsi que les réactifs supportés. Parmi les techniques innovantes, Steven V. Ley a contribué à la mise au point et au développement de la chimie en flux continu. Il est le créateur de l’« Innovative Technology Center » pour promouvoir cette technique.

À ce jour, il est co-auteur de plus de 760 publications, il a été conférencier invité dans plus de 400 colloques internationaux. Il est consultant pour plusieurs sociétés pharmaceutiques et membre actif de nombreux « Editorial boards » de revues scientifiques.

Son excellent travail a été récompensé par de nombreux prix internationaux, comme par exemple l’« Award for Creative Work in Synthetic Organic Chemistry » (2007, ACS), the « Tetrahedron Prize for Creativity in Organic Chemistry » (2009, Elsevier), « The Royal Medal » (2011, Royal Society, R-U). Steve Ley a contribué à la formation de nombreux chimistes français en les accueillant dans son laboratoire soit en tant qu’étudiants en thèse soit en tant que post-docteurs.

Sur proposition du jury,le Conseil d’Administration de la SCF lui décerne le Prix Franco-Britannique pour ses nombreuses contributions à la chimie organique dans la mise au point de méthodes et de stratégies de synthèse, de réactifs nouveaux et de techniques nouvelles ayant un impact considérable sur les recherches des communautés académiques et industrielles françaises et internationales.

Stephen Mann et Graham J. Hutchings

Stephen Mann

Présenté par la division de chimie du solide
56 ans. Professeur à l’université de Bristol

Stephen Mann a fait ses études à Manchester. Il passe son PhD à Oxford en 1981 et suit une progression de carrière normale à l’université de Bath : Lecturer, Reader, puis, en 1990, Professeur de chimie inorganique. En 1998, il rejoint l’université de Bristol dont il dirige le Centre de chimie et de la matière organisée.
Spécialiste de la synthèse et de la caractérisation des solides complexes, il s’est progressivement tourné vers les structures biologiques auto assemblées, la biominéralisation dont il est devenu l’un des meilleurs experts. Les bactéries magnéto statiques et les microcristaux dans les algues et les microorganismes.
Auteur de 569 publications, récoltant 26 400 citations, auteur de 3 livres, il a donné plus de 120 conférences invités et 150 dans des colloques ou séminaires.
Il a reçu la médaille d’argent de l’UMIST, a été plusieurs fois visiting professor à Santa Barbara et en France, est follow de la Royal Society of Chemistry et a reçu plusieurs distinctions de la fondation Van Humbolt.
Il est membre du comité éditorial de plus de 10 journaux internationaux, dont Chem Solid State, J. of Material Chemistry, Angewante…
Il a séjourné au Collège de France en 2005 et a fait de nombreuses conférences en France.

Graham J. Hutchings

Présenté par la Division de Catalyse
60 ans. Professeur à l’université de Cardiff

Graham J. Hutchings a fait ses études supérieures à l’University College London. Il obtient en 1975 son PhD. Embauché par ICI comme ingénieur de recherche, il dirige d’abord un groupe au centre de Teeside de 1975 à 1978. Il part ensuite en Afrique du Sud, à Moderfountain, où, jusqu’en 1984, il sera manager et leader de la recherche ICI. En 1984, il rejoint l’université de Watersand avant de revenir, en 1987, au Royaume-Uni pour celle de Liverpool, où il est directeur adjoint du centre Leverhulme de catalyse. En 1997, il rejoint l’université de Cardiff, dont il dirige maintenant l’Institut de catalyse, qui est l’un des plus importants d‘Angleterre.
Ses thématiques sont bien sûr la catalyse, l’oxydation et l’hydrogénation par les métaux, les catalyses Fisher - Tropsh, l’oxydation du butane, la catalyse sélective pour les oléfines légères et les composés en C1.
Co auteur de 528 publications, ayant reçu 11 900 citations, auteur de 49 revues ou chapitres de livres, 14 monographies et 35 brevets, il a présenté environ 150 conférences.
Il a reçu plusieurs distinctions, notamment plusieurs prix ou médailles ICHEM, il est fellow de la RSC et a été visiting professor en France, en Afrique du Sud, à Tokyo et en Louisiane. Il a reçu le prix BASF pour la catalyse sur métaux précieux.
Il fait partie de plusieurs comités éditoriaux dont Catalysis Today, Applied Catalysis, New J. of Chemistry, Gold Bulletin… Editeur en chef de Catalytic Science.
Il a plusieurs fois été professeur invité à Paris, à l’UPMC (2003, 2004 2006, 2007) et y a résidé comme professeur en 2005. Il a aussi collaboré avec Strasbourg (Kienneman) et l’IRCE de Lyon (Volta).

Robin N. Perutz

Robin N. Perutz, était présenté par la division de Chimie de Coordination, il est âgé de 60 ans , professeur à l’Université de York.

Il a fait ses études à Cambridge et y a passé son PhD en 1974. Il fut ensuite « demonstrator »
successivement à Edinburg, de 1975 à 1977 puis à Oxford, de 1977 à 1983, avant d’être nommé Lecturer à York en 1983, puis Reader en 1989, enfin Professeur en 1991.
C’est un spécialiste de renommée mondiale de la chimie des organo ‐ métalliques, thèmes de
modélisation des mécanismes moléculaires mais aussi méthodologies de l’activation des liaisons Si‐H , B‐H, H‐H et plus récemment C‐F.

Auteur de près de180 publications référencées, il a donné plus de 30 conférences invitées dans des manifestations internationales et encadré 27 thèses et de nombreux post doc. Chef du département de chimieà York de 2000 à 2004, il a occupé plusieurs positions au sein du conseil de la Dalton division de la RSC qu’il préside actuellement. T Titulaire de plusieurs prix dont la Tilden Medal de la RSC en 1992, la Dow lecture à Ottawa en 1993, la Seaborg lecture à Berkeley en 1996 et le prix Sacconi de la Société Chimique Italienne.

Très francophile, il a de nombreuses relations en France dont une très fructueuse collaboration avec nos collègues de Toulouse.

Malcom Green

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