Franco-Italien

Présentation

Le prix Franco-Italien est un prix bisannuel, créé en partenariat avec la Società Chimica Italiana (SCI). Il est remis en France à un chimiste italien chaque année impaire, et en Italie à un chimiste français chaque année paire. L’octroi du prix, selon l’accord réciproque passé avec la SCI, est couplé avec la venue en France du lauréat italien pour trois conférences dont les titres et dates sont diffusés par les canaux habituels de la SCF.
Selon le souhait des lauréats, L’Actualité Chimique pourra publier une mise au point relative à leurs travaux récents.
Les candidatures doivent être présentées par une section régionale ou une division scientifique de la SCF.

Le jury est le même que pour les Grands Prix nationaux de la SCF. Il est constitué de sept personnalités internationalement reconnues, membres de la SCF, dont la liste est soumise à l’avis du conseil d’administration de la SCF. Le jury peut s’entourer d’avis extérieurs, essentiellement en provenance de l’étranger. Les critères habituels de sélection des dossiers et de classement des candidats par le jury sont communiqués au conseil d’administration.

Modalités d’attribution

Le jury a à sa disposition la liste des prix attribués ces dix dernières années, avec le profil scientifique des lauréats. Chaque candidat fait l’objet d’un rapport qui doit mettre en lumière ses qualités scientifiques et son aptitude à recevoir ce Prix, dont une collaboration avérée avec des chimistes français ou des échanges avec la France est un des critères.
Ces rapports (2 pages au maximum) seront transmis au bureau de la SCF pour communication aux membres du conseil d’administration.
Le coordonnateur du jury présente ensuite un rapport global et une proposition de classement des candidats devant le conseil d’administration.
Le choix définitif est, autant que faire se peut, entériné de manière consensuelle après discussion en présence du coordonnateur du jury.
Si besoin est, un vote à bulletin secret est effectué à la majorité absolue des suffrages exprimés pour les deux premiers tours du scrutin.
Le jury doit par la suite fournir un court texte de justification concernant les lauréats pour diffusion externe.

Communication des résultats

Peu après le conseil d’administration et que les lauréats aient été personnellement informés, les résultats sont annoncés sur le site Internet de la SCF et présentés dans L’Actualité Chimique accompagnés du texte de justification.

Remise des Prix

La remise des Prix binationaux a lieu dans le cadre de la cérémonie solennelle des Grands Prix de la SCF, généralement au 2e trimestre de l’année suivante. Une mise au point sur les travaux récompensés peut être publiée dans L’Actualité Chimique après accord entre chaque récipiendaire et la rédaction de L’Actualité Chimique.

Lauréat 2017

Silvia Bordiga

53 ans, professeure à l’Université de Turin

La SCF a décidé de décerner à Silvia Bordiga le prix Franco-Italien, pour ses travaux remarquables pour l’étude de matériaux nano-structurés à haute surface spécifique (zéolithe), pour sa renommée internationale dans le domaine des MOF, ainsi que pour les coopérations dynamiques établies avec la communauté des chimistes français de la catalyse.

Silvia Bordiga a débuté sa carrière à l’Université de Turin où elle a obtenu en 1993 son doctorat intitulé « New structures in zeolitic frameworks : synthesis, characterization and properties » sous la direction du professeur Adriano Zecchina. Promue en 2016 au grade de Professoressa ordinaria (le plus haut grade du professorat dans le système académique italien), elle est aussi depuis 2012 « Full Professor » à l’Université d’ Oslo.

Silvia Bordiga est une spécialiste reconnue internationalement des méthodes spectroscopiques de pointe qu’elle a développées et appliquées pour la compréhension fine des propriétés physicochimiques des matériaux nanostructurés à haute surface spécifique. Sa renommée internationale est fondée sur sa capacité exceptionnelle à développer et appliquer ces méthodes en vue d’étudier la performance de tels matériaux en catalyse hétérogène. Parmi ses contributions notables, on peut noter ses travaux sur la définition du site actif et du mécanisme catalytique de plusieurs systèmes à base de zéolithes d’intérêt industriel : la TS-1 (titane silicate), un catalyseur unique pour l’oxydation partielle avec H2O2, les Fe-zéolithes (pour l’oxydation partielle avec N2O), le H-zéolithes pour le procédé « methanol to olefins », sur les zéolithes échangées au cuivre pour la réduction sélective de NOx avec NH3. Plus récemment, elle est devenue une référence incontournable dans le domaine des « metal organic framework » (MOF).

Dans ses domaines d’expertise, Silvia Bordiga s’est affirmée comme une référence mondiale, ce qui lui a permis d’établir des collaborations fécondes avec les laboratoires académiques les plus prestigieux, mais aussi avec de grands groupes industriels (BASF, Topsoe, SAES Getters, ENI, Evonik...). Elle s’est aussi distinguée à travers des travaux collaboratifs nombreux et fructueux avec des laboratoires français comme en attestent les 46 publications, 4 revues et 8 actes de congrès co-signés avec un membre de la communauté scientifique française. Il est à noter, par exemple un JACS 2008 cité 1 174 fois en partenariat avec l’Institut Lavoisier de l’Université Versailles St-Quentin en Yvelines et un Nature 2015 déjà cité 180 fois avec l’ESRF. Silvia Bordiga a tissé des liens particulièrement forts avec l’ESRF de Grenoble (et bien avant aussi avec le LURE) en participant au bureau pendant cinq ans et en assurant la présidence du comité scientifique de sélection de l’ESRF pendant deux ans et demi.
Elle s’est investie dans la construction de cadres formels de collaborations en obtenant deux bourses doctorales « VINCI » de l’Université Franco-Italienne, trois thèses en co-tutelle (deux avec CPE Lyon et une avec l’IFPEN), en participant à l’échange d’étudiants Master Erasmus Mundus (Université de Turin Université de Lyon 1), en participant à quatre contrats de recherche européens impliquant son équipe et au moins un partenaire français (Network of Excellence « IDECAT », STREP « MOFCAT », NMP « NANOMOF » et, en tant que sub-contractor, H2020 « PRODIA » avec notamment l’IRCELYON. Elle s’est aussi particulièrement investie dans la formation au niveau master et doctoral en France (École de catalyse « NANOCAT »), et en devenant professeure référent du Master Erasmus Mundus MaMaSELF (« Master in material science exploring large scale facilities ») qui rassemble un consortium de cinq universités, parmi lesquelles Rennes 1 et Montpellier.

Ses contributions exceptionnelles se traduisent par un bilan impressionnant au regard de la durée de sa carrière : 372 publications, 19 000 citations (index h = 83).

Maurizio Prato

61 ans, Professeur à l’Université de Trieste

La SCF lui attribue le prix Franco-Italien, pour ses découvertes remarquables et sa renommée internationale dans le domaine des nanomatériaux à base de carbone et les coopérations actives qu’il a établies avec des chimistes français.

Après une formation et un début de carrière en chimie organique à l’université de Padoue, Maurizio Prato a effectué des séjours aux USA (Yale University puis Santa Barbara) avant sa nomination à l’Université de Trieste en 1992.
Maurizio Prato est un chimiste de très haut niveau, international reconnu pour ses travaux sur les nanomatériaux à base de carbone : fullérenes, nanotubes de carbones, graphène. Il a été un pionnier dans de nombreux domaines dans lesquels les matériaux carbonés originaux qu’il a préparés par fonctionnalisation chimique contrôlée ont eu des applications (chimie des matériaux, vectorisation, conversion de l’énergie solaire,…). Il n’est pas fréquent de voir des chimistes de synthèse contemporains ayant donné leur nom à une réaction et c’est le cas ici avec la réaction dite de « Prato » qui permet la fonctionnalisation de nanostructures carbonées par cyclo-addition d’ylure d’azométhane.

Maurizio Prato a été honoré par de nombreux prix et récompenses en Italie, Espagne, Corée, au niveau européen (membre d’Académies, EuCheMS lecture, Prix Blaise Pascal), il a obtenu un ERC Grant.

Maurizio Prato a eu de nombreuses collaborations avec des laboratoires français qui se sont traduites par des séjours notamment à l’ENS Paris et à l’ISIS à Strasbourg, ayant donné lieu à publications communes. Il a une production exceptionnelle et il est internationalement reconnu : avec 550 articles, 35000 citations et un facteur h de 92 Maurizio Prato fait partie des chimistes les plus cités dans le monde.

Roberta Sessoli

Roberta Sessoli

Professeur à la faculté de pharmacie de Florence, « LAboratorio di Magnetismo Molecolare » LAMM. 

Roberta Sessoli a obtenu son doctorat à l’Université de Florence en 1992 sur les matériaux magnétiques de basse dimensionnalité puis elle a effectué 2 stages post-doctoraux au cours desquels elle travaille sur la caractérisation magnétique des supraconducteurs à haute température critique.

Ses thèmes de recherche recouvrent un vaste domaine, de la synthèse moléculaire inorganique aux études spectroscopiques et magnétiques de systèmes en massif mais également de molécules spécialement synthétisées pour être déposées sur des surfaces. Ses centres d’intérêt sont focalisés sur les propriétés magnétiques des clusters et des chaînes. Roberta Sessoli est une pionnière dans le domaine de la bi-stabilité magnétique moléculaire, et des effets tunnels quantiques dans les SMM (single molecule magnets) et SIM (Single-Ion magnets), ainsi que leur greffage sur des surfaces, en conservant leurs propriétés.

À ce jour, elle est co-auteur de 260 publications avec plus de 22 000 citations et 5 brevets, ce qui témoigne de la reconnaissance de ses pairs. Elle est membre de nombreux comités de lecture de grands périodiques, de comités scientifiques italiens et européens (Science and Technology Advisory Council of the President of the European Commission depuis 2013) et a reçu plusieurs prix, dont le Prix Agilent des Technologies Europhysics.

Au cours de sa carrière, Roberta Sessoli a établi de nombreuses et fructueuses collaborations avec les groupes français de chimie (radicalaire et dérivés), magnétisme (IEF Orsay, Institut Néel Grenoble), et des grands instruments (High fields, Grenoble ; Synchrotron, Paris ; Neutrons, Grenoble, Saclay).

Sur proposition du jury, le conseil d’administration de la SCF lui décerne le Prix Franco-Italien, pour ses contributions majeures dans le domaine du magnétisme moléculaire tant sur le plan expérimental que théorique ainsi que pour les liens étroits qu’elle a établis avec les chimistes français.

Maurizio Peruzzini

Présenté par la division de chimie de coordination
56 ans. Directeur de recherche au centre CNR de Florence

Maurizio Peruzzini a fait ses études à Florence. Après l’obtention de son doctorat en 1979, il entre au département de chimie de l’université comme assistant, puis, en 1981, comme chercheur, avant de rejoindre, en 1985, l’Institut de chimie des composés organométalliques (ICCOM) du CNR. Chercheur, senior chercheur puis directeur de recherche en 2001, il dirige l’ICCOM depuis février 2011.
Ses thématiques scientifiques vont de l’activation des petites molécules organiques et inorganiques à la fonctionnalisation des composés phosphorés. Il étudie aussi les hybrides des métaux de transition, les complexes moléculaires, les matériaux pour le stockage de l’hydrogène. Les alkynes, les vinylidines ont été étudiées ainsi que les complexes organo - métalliques pour la catalyse homogène, et les techniques d’hydrodésulfuration et la RMN sous pression.
Auteur de 276 publications qui ont recueilli 6 556 citations et de 4 brevets, il a également donné au moins 350 présentations de ses travaux.
Co directeur du Firenze Hydrolab, il est responsable pour l’Italie du Marie Curie Research Program et il assure ou a assuré la coordination de près de 20 programmes COST et d’échanges européens.
Éditeur de 2 livres, guest editor de Coordination Chemistry Review, European J. Inorg Chem, membre de l’editorial board de Eur. J. Inorg Chem, Organometallic, Green and Sustainable Chem, Open Catalysis Journal, Open Inorg. Chem J., Research Letter in Inorg. Chem., Physical Chemistry News.
Il a participé à de nombreuses conventions franco-italiennes COST et INTAS, des collaborations suivies avec Rennes (P. Dixneuf et Bruneau, visiting professor en 1991, collaborations avec le LCC (Majoral et Chaminade), responsable d’un GDRI France-Italie-Russie.

Gabriele Centi

Dante Gatteschi

Michel Aresta et Alberto Brandi

Michel Aresta, après une thèse en chimie industrielle soutenue en 1964 à l’université de Milan, effectue sa carrière d’enseignant chercheur à l’université de Bari où il est professeur de chimie et directeur du Metea Research Center.

Il est l’un des promoteurs de la chimie de coordination du dioxyde de carbone avec la préparation et la caractérisation du premier complexe de cette molécule : Ni(CO2)(PCy3)2 en 1975. Une grande parie de son activité scientifique a été ensuite centrée sur le développement d’une chimie moléculaire basée sur ce synthon : synthèses de lactones, carbonates, carbamates, urées basées sur l’emploi des complexes de coordination qui a donné lieu à plus d’une centaine de publications et de brevets. Elle a été complétée très tôt par des préoccupations environnementales associées à ce gaz à effet de serre, au point qu’il est devenu une autorité internationalement reconnue. Il a ainsi créé le centre de recherche METEA, et poursuivi des études sur la catalyse enzymatique, l’analyse du cycle de vie de grands produits industriels tels que le méthanol, le carbonate de diméthyl.

Auteur de plus de 200 publications, son activité a également porté sur la réactivité d’autres petites molécules et ligands : diazote, dioxygène, méthane, monoxyde de carbone, hydrure et leur réactivité, notamment vis-à-vis du dioxyde de carbone.
Il a toujours entretenu des relations très fortes avec la communauté scientifique française en effectuant de nombreux séjours dans les laboratoires de Bordeaux, Dijon, Rennes, Toulouse et Villeurbanne.

Alberto Brandi, 54 ans, est professeur de chimie organique à l’université de Florence. Après un doctorat en 1975 dans cette même université sur la polymérisation de l’oxyde d’azote avec une base, il effectue un postdoc de 1982 à 1984 à l’université du Wisconsin chez le professeur Barry Trost en étudiant plus particulièrement la synthèse organique catalysée par des métaux de transition. Après avoir été professeur associé à l’université Basilicata-Potenza il est revenu à l’université de Florence en 1990 pour y effectuer toute sa carrière. Il a été invité pour des séjours plus ou moins longs dans un grand nombre d’universités ou de centres de recherche en France, au Japon et en Pologne et ses collaborations américano-florentines aboutirent à des recherches surs les composés biologiquement actifs.

Alberto Brandi est actuellement le coordonnateur de deux programmes nationaux de recherche financés par le ministère de l’Éducation nationale et la recherche italien. Il collabore avec des entreprises pharmaceutiques italiennes et internationales comme Menarine, Italfarmaco, Bayer et NicOx et développe également un grand nombre de collaborations internationales en Europe, surtout avec la France, l’Allemagne, la Pologne et récemment avec l’Espagne.

Auteur de plus de 160 publications, il est également très investi dans le système de recherche italien, et fait parti du Bureau de la Société chimique italienne.

Vincenzo Balzani

Vincenzo Balzani (Université de Bologne), spécialiste de la photochimie et de la chimie de coordination

Vincenzo Balzani, 65 ans, est professeur de chimie à l’université de Bologne où il a effectué toute sa carrière. Il a été professeur invité des universités ou centres de recherches à Vancouver (Canada) en 1972, Jérusalem (Israël) en 1979, Strasbourg (France) en 1990, Louvain (Belgique) en 1991 et Bordeaux (France) en 1994.

Récemment entré dans le club des 100 chimistes mondiaux les plus cités, Vincenzo Balzani, photochimiste inorganicien, a, entre autres, été le premier à synthétiser et à étudier les dendrimères inorganiques comme-antennes moléculaires et les concepts de l’électronique moléculaires (machines et moteurs moléculaires). A son actif on dénombre plus de 400 publications et la création, à Bologne, de l’école de photochimie et photophysique inorganique. Il s’est également investi dans un grand nombre de collaborations internationales et appartient à de nombreux comités d’édition de publications scientifiques de tout premier plan.
Lauréat de nombreux prix internationaux, la communauté scientifique française reconnaît son immense activité scientifique, en particulier dans les collaborations bilatérales entre l’Italie et la France.

Alfredo Ricci

Giuliano Longoni

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