Chimie de coordination

Lauréats

Lauréat 2016

Dominique LUNEAU

Le Prix 2016 de la Division de Chimie de Coordination, récompense cette année Dominique LUNEAU, Professeur à l’Université Claude Bernard de Lyon.

Après un DUT de chimie au Mans en 1981, puis un diplôme d’ingénieur chimiste à l’ENSC de Clermont-Ferrand en 1983, Dominique Luneau a soutenu une thèse de chimie de coordination de l’Université Paul Sabatier à Toulouse en 1987. Son travail de thèse, réalisé au Laboratoire de Chimie de Coordination du CNRS sous la direction de J.-P. Tuchagues, concernait la synthèse et l’étude des relations entre structure et propriétés magnétiques de complexes polynucléaires du manganèse(II). L’un des résultats majeur de son travail de thèse a été l’obtention d’un complexe dodécanucléaire du manganèse(II) (Inorg. Chem. 1988, 27, 3912-3918).
Il a ensuite passé deux années comme boursier JSPS au sein du Laboratoire de Chimie de Coordination de l’Institut for Molecular Science d’Okazaki au Japon, sous la direction des Professeurs S. Kida et H. Okawa. Pendant ces deux années, il s’y intéresse à l’utilisation des complexes de dioximes pour l’élaboration d’aimants à base moléculaire. Cela le conduit à synthétiser les premiers complexes polynucléaires à pont dioximate (Dalton Trans. 1990, 469-475).

En 1989 il passe avec succès le concours CR2 du CNRS pour un projet dans l’équipe de Paul Rey au Laboratoire de Chimie de Coordination du CEA-Grenoble dirigé par Jean-Claude Marchon. Il va y développer, jusqu’en 2002, la chimie de coordination des radicaux libres nitronyl nitroxyde pour l’ingénierie d’aimants à base moléculaire. Il s’agit sans doute là d’une de ses contributions majeures à la chimie de coordination. Il a en effet l’idée d’incorporer les radicaux nitronyl nitroxyde, qui sont des bases de Lewis faible, dans des chélates (J. Am. Chem. Soc. 1991, 113, 1245-1251). Cette recette simple va permettre d’étendre la chimie de coordination des radicaux nitroxydes à la plupart des ions métalliques d et f (Inorg. Chem. 1998, 37, 4518-4523 ; Inorg. Chem. 2014, 53, 9548−9560). Il s’en est suivi plusieurs résultats marquants. Il découvre ainsi la transition de spin moléculaire dans des complexes Cu(II)-nitroxyde qui résulte du basculement réversible thermo-induit d’une interaction antiferromagnétique qui devient ferromagnétique. Il a également synthétisé des polymères de coordination métal-radical qui sont des aimants à base moléculaire à hautes températures de Curie (Tc 50K) (Angew. Chem. Int. Ed. 2002, 41, 586-589 ; Coord. Chem. Rev. 2005, 249, 2591- 2611).

En 2002, il quitte le CNRS pour un poste de Professeur à l’Université Claude Bernard Lyon 1. Il intègre le Laboratoire des Multimatériaux et Interfaces (UMR 5615) où il crée une équipe centrée sur la chimie de coordination et les matériaux moléculaires magnétiques. Au nombre de ses résultats marquants depuis son arrivée à Lyon il faut noter : l’obtention de systèmes polymétalliques Cu(II)-Dy(III) à nucléarité contrôlée qui sont des molécules-aimants (SMMs) (Angew. Chem. Int. Ed. 2006, 45, 4659-4662) ; l’introduction de la chiralité dans les molécules-aimants et l’obtention du premier multiferroïque à base moléculaire (Chem. Sci., 2012, 3, 1169–1176) ; l’élaboration de systèmes magnétiques à base de complexes de calixarènes et thiacalixarènes avec un exemple rare de polyoxohexavanadate à valence mixte [VIIIVIV5] (Inorg. Chem. 2005, 44, 9112-9120 ; Dalton Trans., 2007, 4582-4588 ; J. Am. Chem. Soc. 2008, 128, 2365-2371) ou encore des complexes osmium-nitrosyl pour le relargage d’oxyde nitrique à usage anticancéreux (Inorg. Chem. 2013, 52, 6260−6272).

Outre ses activités de recherches, ses enseignements au niveau L3 et M1 concernent pour une bonne partie la chimie de coordination. Il s’est également investit dans la promotion de la chimie, et de la chimie de coordination en particulier, en tant que membre de longue date de la SCF et par sa participation dans l’organisation de conférences. De 2007 à 2013 il a fait partie du bureau de la section Rhône-Alpes d’abord comme secrétaire puis comme Vice-président. En 1994 avec Paul Rey il a organisé CONCOORD-GECOM et en 2006 il a présidé à l’organisation du deuxième symposium MOLMAT. En 2012 il a assuré la coordination et l’organisation logistique de la remise des Grands Prix de la SCF à Lyon et en 2013 il a présidé l’organisation des Journées de la Division Chimie de Coordination à Lyon.

Dominique Luneau a développé une grande maîtrise dans la chimie de coordination de systèmes sophistiqués à base d’éléments d et f avec des résultats marquant tout au long de sa carrière. Ses recherches ont conduits à 159 publications dans des journaux avec des facteurs d’impact élevés et ses travaux font référence comme l’indique le nombre élevé de citations de ses articles. Il a fait preuve d’une grande mobilité géographique et thématique. Il est impliqué dans de très nombreuses collaborations nationales et internationales. Enfin, Dominique Luneau s’impliqué fortement au service de la communauté scientifique nationale.

David Sémeril

Prix Junior

Le prix Junior 2015 de la Division de Chimie de Coordination de la Société Chimique de France récompense le Dr. David Sémeril, Chargé de Recherche CNRS à l’Institut de Chimie de Strasbourg (UMR CNRS-UDS 7177).

David Sémeril est un spécialiste des métaux de transition, de la conception de ligands multifonctionnels, et de la catalyse homogène. En 2001, il a obtenu le grade de Docteur de l’Université de Rennes pour une thèse préparée sous la co-direction du Prof. Pierre H. Dixneuf et du Dr. Christian Bruneau. Son mémoire de thèse, récompensé par le prix Pierre-Gineste de l’Université de Rennes 1, portait sur la synthèse de « Catalyseurs du ruthénium sélectifs pour la métathèse et la cycloisomérisation de diènes et d’énynes fonctionnalisés ».

A l’issue de son travail de doctorat, David Sémeril a effectué deux séjours scientifiques en Italie (Laboratoires de F. Ciardelli, Pise et C. Bianchini, Florence), au cours desquels il a contribué activement à la mise au point de catalyseurs d’oligomérisation et polymérisation d’oléfines très performants.

Son parcours l’a ensuite conduit à un recrutement CR2 au CNRS (2003). Il rejoint alors le « Laboratoire de Chimie Inorganique Moléculaire et Catalyse », dirigé par le Dr. Dominique Matt au sein l’Institut de Chimie de Strasbourg. Il y soutient son Habilitation à Diriger des Recherches en 2008.

A son arrivée à Strasbourg, David Sémeril entame des recherches centrées sur « l’exploitation des propriétés intrinsèques de plateformes calix[4]arène et résorcin[4]arène en catalyse homogène ». Parmi les concepts développés figure l’idée que le confinement d’un centre catalytique au sein d’une poche moléculaire peut engendrer des sélectivités de forme. Pour cela, il élabore des coordinats hémisphériques phosphorés capables d’envelopper un centre catalytique après complexation. Il montre qu’avec de tels ligands, l’étreinte stérique créée autour d’un atome de rhodium catalysant une réaction d’hydroformylation, impose à l’aldéhyde en formation d’adopter la forme la plus appropriée à « l’espace réactionnel », en l’occurrence la forme linéaire. Les coordinats étudiés, des diphosphites basés sur un macrocycle calix[4]arène, constituent les premiers coordinats calixaréniques capables d’orienter une réaction d’hydroformylation vers la formation sélective d’aldéhyde linéaire, et ceci, quelle que soit la nature du substrat oléfinique.

Un autre volet des recherches de David Sémeril concerne l’étude de phosphines tertiaires dont l’atome de phosphore est greffé sur une cavité moléculaire capable de se comporter en récepteur. Il démontre que certaines d’entre elles, associées à du nickel ou du palladium, produisent d’excellents catalyseurs de formation de liaison carbone-carbone fonctionnant en mode supramoléculaire. Aucun catalyseur supramoléculaire de couplage CC n’avait été écrit avant ces travaux.
Plus récemment, David Sémeril a montré comment des phosphines et carbènes N-hétérocycliques à encombrement stérique variable – tous bâtis sur des cavitands
résorcinaréniques fonctionnalisés sur leur deux bords – pouvaient efficacement influencer le déroulement de réactions de type Suzuki-Miyaura.

David Sémeril est co-auteur de 67 publications parues dans des revues internationales de premier rang (Coord. Chem. Rev. 2014, Angew. Chem. 2014 / 2006, Chem. Eur. J., 2015 / 2010 / 2008 / 2004 / 2003, Chem. Commun. 2011 / 2002...). Pour un aperçu de ses travaux sur les métallo-cavitands, on pourra se reporter à une mise au point récente parue dans Coord. Chem. Rev. en 2015 (CCR, 2014, 279, 58-95), où il montre toute la puissance des ligands phosphorés dérivés de cavités de type calix[4]arène et résorcin[4]arène en catalyse homogène et chimie verte. L’originalité de ses travaux sur des molécules combinant métal de transition et cavité moléculaire ainsi que sa contribution à la catalyse supramoléculaire lui ont valu d’être invité dans de nombreux congrès et universités, tant en France qu’à l’étranger

Sébastien Floquet

Prix Junior

Le prix Junior 2015 de la Division de Chimie de Coordination de la Société Chimique de France, récompense le Dr. Sébastien Floquet, maître de conférences à l’Institut Lavoisier de Versailles, UMR 8180, Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines / Université Paris-Saclay.

Sébastien Floquet fait ses études en premier et second cycles à l’Université de Reims Champagne Ardenne (URCA), puis un DEA de Chimie Inorganique à l’Université de Paris Sud 11. Après une année comme scientifique du contingent au CEA de Marcoule pour concevoir un montage pilote afin d’étudier la dissolution oxydante d’oxydes de Ruthénium(IV) par l’ozone en milieu alcalin, Sébastien retrouve le Laboratoire de Chimie Inorganique pour y effectuer sa thèse sous la direction du Dr Marie-Laure Boillot. Il étudiera plusieurs familles de complexes ferriques à conversion de spin thermo- ou photo-induites et il s’intéressera en particulier à une famille de complexes ferriques anioniques à base de ligands salicylaldehyde thiosemicarbazones. A l’issue de sa thèse obtenue en 2001, Sébastien rejoint le groupe du Prof. Claude Piguet à l’Université de Genève pour 2 années de stage post-doctoral. Le sujet de recherche porte sur la synthèse d’hélicates de lanthanides. Une première année sera principalement consacrée à l’obtention et à l’étude d’hélicates homotrimétalliques [Ln3L3]9+ ; la seconde année sera dédiée à l’étude de la formation sélective d’hélicates hétéro-trimétalliques comprenant deux ions Ln3+ différents, ce qui constitue un véritable défi compte-tenu de la faible différence de taille entre les ions Ln3+. Hormis la synthèse organique multi-étapes de ligands, cette expérience à Genève permettra à Sébastien d’acquérir une solide expérience en thermodynamique et dans la caractérisation des complexes en solution par RMN, compétences qui lui seront extrêmement précieuses pour la suite de sa carrière. Son stage post-doctoral conduira à la publication de 6 articles (voir par exemple Chem. Eur. J., 2003, 9, 1860 et Chem. Eur. J., 2004, 10, 1091).

Sébastien est recruté maître de conférences à l’Université de Versailles en 2003 pour travailler avec le Prof. Emmanuel Cadot dans le groupe animé alors par le Prof. Francis Sécheresse au sein de l’Institut Lavoisier de Versailles. A partir de là, il s’intéresse aux composés supramoléculaires obtenus à partir du complexe cationique [Mo2O2S2]2+. En milieu aqueux, ces complexes s’auto-assemblent autour de ligands organiques pour donner des composés cycliques variés (Isr. J. Chem., 2011, 51, 290). Sébastien s’attachera à apporter des éléments permettant de comprendre la formation de ces cycles et les paramètres qui permettent à la fois de stabiliser thermodynamiquement ces cycles et d’encapsuler sélectivement un ligand plutôt qu’un autre (Dalton Trans., 2008, 4565). Il cherchera par ailleurs à développer de nouvelles méthodologies RMN pour caractériser ces objets en solution et en particulier la RMN DOSY, peu employée à l’époque (J. Am. Chem. Soc., 2009, 131, 17254). C’est à cette période que ces composés se révèleront électro-actifs vis-à-vis de la réduction des protons en hydrogène en milieu organique ou dans l’eau (J. Phys. Chem. C, 2008, 112, 1109). Sébastien obtiendra un projet ANR JCJC (2009-2012) pour développer ce sujet qui l’intéresse encore actuellement. En dehors des systèmes cycliques, le synthon [Mo2O2S2]2+ peut également être associé à des ligands classiques de la chimie de coordination. Les complexes dinucléaires ainsi obtenus sont étudiés en collaboration avec des équipes de chercheurs Moldaves depuis quelques années et des propriétés biologiques remarquables sur la croissance de biomasse ou la résistance des abeilles apis mellifera ont été mises en évidence et brevetées récemment. Ces études se poursuivent actuellement avec un potentiel de valorisation important. Enfin, [Mo2O2S2]2+ peut réagir avec des polyoxotungstates vacants ou des molybdates de type [MoxOy]n- pour donner des composés moléculaires spectaculaires (Chem. Soc. Rev., 2012, 7335) qui peuvent présenter un intérêt pour du piégeage de cations ou de la catalyse compartimentée. Ces systèmes géants sont au coeur d’une nouvelle thématique initiée au laboratoire par Sébastien depuis 2010 et qui vise à préparer des matériaux amorphes ou organisés de type cristaux liquides basés sur les interactions ioniques de ces
systèmes anioniques avec des cations organiques plus ou moins sophistiqués (New J. Chem., 2012, 36, 865), une étape clé pour envisager des propriétés intéressantes et des applications futures pour ces molécules.

Sébastien Floquet est co-auteur de 60 publications L’ensemble de ses travaux et de ses projets de recherche lui ont valu d’être nommé membre junior de l’Institut Universitaire de France en 2014. Les travaux menés en collaboration avec des laboratoires de l’académie des Sciences de Moldavie lui ont permis d’être co-inventeur de 2 brevets et de recevoir plusieurs récompenses dans des salons internationaux pour l’innovation à Bruxelles (2014) et à Genève (2015). Il est par ailleurs officier de réserve spécialiste à la DGA depuis 2011 et Directeur Adjoint de l’Ecole Doctorale Sciences Chimiques 2MIB de l’Université Paris-Saclay depuis 2014.

Sylviane Sabo-Etienne

Le prix Sénior 2014 de la Division de chimie de coordination de la Société Chimique de France, récompense le Dr. Sylviane Sabo- Etienne, Directeur de Recherche CNRS au Laboratoire de Chimie de Coordination, UPR-CNRS 8241 à Toulouse (LCC).

Entrée au CNRS au LCC dans l’équipe de Danièle Gervais, Sylviane Sabo-Etienne est ensuite partie à Brest dans l’équipe d’Hervé des Abbayes. Après un séjour d’un an à Chapel Hill dans l’équipe de Maurice Brookhart, elle est revenue au LCC dans l’équipe de Bruno Chaudret, puis a fondé une équipe indépendante en 2006.
Le domaine de prédilection de Sylviane Sabo-Etienne se situe à l’interface de la chimie organométallique, de la chimie de coordination et de la catalyse, avec une synergie importante entre expérience et théorie et en combinant recherche fondamentale et valorisation.

Sylviane Sabo-Etienne s’est tout d’abord consacrée à la chimie des polyhydrures. Par l’isolementdu premier complexe dihydrogène du tantale, elle a pu apporter des éléments déterminants dans la compréhension des phénomènes de couplages d’échanges quantiques. Elle a également obtenu les premiers complexes silanes comportant 2 liaisons σ-Si-H coordonnées sur un centre métallique et mis en évidence le rôle crucial des interactions secondaires aussi bien pour la stabilisation des espèces que dans les processus d’échanges et les étapes catalytiques. Parmi tous les complexes originaux obtenus, l’on peut citer le complexe dinucléaire où un équivalent de SiH4 est piégé entre deux atomes de ruthénium (un mode inédit de coordination), des composés où l’activation C-H peut être initiée par activation Si-H et des ligands de type pince « H-Si-P-Si-H ».

Puis Sylviane Sabo-Etienne a initié une nouvelle thématique concernant le problème de l’activation de boranes et isolé des espèces telles qu’un composé comportant 2 modes de coordination différents de boranes sur un même centre métallique et un complexe possédant 2 ligands σ différents. Elle a également décrit un composé particulièrement original où le mésitylborane est coordonné sur le centre métallique via 2 liaisons σ-B-H mais ceci avec 1 seul atome de bore, et démontré la première étape de déshydrogénation de l’ammoniaborane en aminoborane. Au niveau catalytique, plusieurs résultats importants ont été obtenus, tels que la synthèse de vinylboranes, la production réversible de dihydrogène via la formation d’un complexe borylène du ruthénium et la cyclisation déshydrogénante de diamineboranes.

Parallèlement, Sylviane Sabo-Etienne s’est attaquée au problème de l’activation C-H et du dihydrogène et obtenu des résultats qui constituent un ensemble unique dans la communauté des chimistes travaillant dans ce domaine, avec, par exemple, un article publié à PNAS concernant les transferts d’hydrogène dans des complexes orthométallés, modèles pour la réaction de Murai et l’isolement d’un nouveau complexe bis(dihydrogène) incorporant la tricyclopentylphosphine qui conduit à des résultats remarquables dans le contexte du stockage de l’hydrogène.

L’ensemble de ses études sur la chimie des complexes σ a permis d’identifier le rôle majeur des interactions secondaires et à proposer pour les métaux de transition tardifs un mécanisme général (σ-CAM) qui complète les deux mécanismes généralement invoqués dans le domaine d’activation de liaisons E-H, à savoir addition oxydante/élimination réductrice versus métathèse de liaisons σ pour les métaux de transition précoces. Ce concept publié en 2007 a un impact important car il est généralisable à des réactions catalytiques variées et démontre l’importance des complexes σ en catalyse.

Durant sa carrière, Sylviane Sabo-Etienne a également toujours eu le souci de combiner recherche fondamentale et applications, dans le cadre ou non de collaborations industrielles. Ainsi, son intérêt pour les études mécanistiques en catalyse l’a conduit à s’intéresser à la réaction d’hydrocyanation du butadiène, et ses études ont démontré le rôle unique du nickel et apporté des éléments importants sur celui des acides de Lewis. Elle a aussi élaboré de nouveaux matériaux énergétiques, directement utilisables pour des applications dans les airbags.

Sylviane Sabo-Etienne est à ce jour co-auteur de 141 publications et 4 brevets. Elle publie dans les meilleurs journaux de notre discipline (depuis 2009 : 7 Angew. Chem., 4 JACS, 6 Inorg. Chem., 5 Dalton Trans., 2 Chem. Commun., 1 Acc. Chem. Res., ...) et est pleinement reconnue à l’étranger.
Elle a obtenu en 2010 le Prix Frankland de la RSC et a été nommée Seaborg lecturer à l’Université de Californie à Berkeley.
Elle est membre de l’Advisory Board de plusieurs journaux et a été pendant plusieurs années membre de l’Editorial Board de Dalton Trans

Christelle Hureau

Prix junior

Le prix Junior 2013 de la Division de chimie de coordination, récompense le Dr. Christelle Hureau, chargée de recherche CNRS au Laboratoire de chimie de coordination, UPR CNRS 8241 à Toulouse,

Christelle Hureau a soutenu en 2003 une thèse à l’Université de Paris-sud Orsay sous la co-direction du Prof. Jean-Jacques Girerd et des Dr. Geneviève Blondin et Elodie Anxolabéhère-Mallart.

Elle a ensuite effectué trois années de stages postdoctoraux à l’Université Joseph Fourier, Grenoble (Prof. L. Charlet), au CEA Saclay (Dr. S. Un) et Paris-Diderot (Drs. B. Limoges et V. Balland).

En 2007, elle a été recrutée chargée de recherche CNRS dans l’équipe « Chimie Biologique » du Prof. Peter Faller au LCC à Toulouse.

Depuis le début de son parcours scientifique, Christelle Hureau a démontré un grand intérêt pour la chimie de coordination appliquée aux systèmes biologiques et modèles. En ce début de brillante carrière, elle a développé des études centrées sur « l’étude de l’interaction entre le peptide amyloïde-β et les ions Cu(II/I), Fe(II), Zn(II) dans le cadre de la maladie d’Alzheimer » et l’implication de ces complexes sur la production d’espèces réactives de l’oxygène (ROS) et sur l’agrégation des peptides Aβ. Elle a apporté au groupe de Toulouse son expérience et ses compétences sur des techniques avancées appliquées aux systèmes biologiques, notamment RPE dont RPE pulsée et ENDOR, avec marquage isotopique, RMN paramagnétique, XANES,… qui ont donné lieu à des résultats remarquables concernant l’influence du mode de coordination du cuivre(II) en relation avec la cascade amyloïde responsable de la maladie d’Alzheimer.

Récemment, elle a initié un nouvel axe de recherche : le développement d’outils thérapeutiques dans le cadre de la maladie d’Alzheimer. L’approche originale, basée sur des concepts de chimie de coordination, s’appuie sur deux mécanismes qui permettraient de bloquer la cascade amyloïde

Christelle Hureau est co-auteur de 56 publications dont 18 en auteur-correspondant : nombre de ses publications dans des journaux de très haut prestige (Coord. Chem. Rev. 2012, Angew. Chem. 2011 / 2009 / 2009, PNAS 2010, Chem. Eur. J., 2012...).
Elle s’est vue décernée la médaille de bronze du CNRS en 2012 et le prix Jeune Chercheuse de l’Institut de Chimie de Toulouse en 2011.

Yves Journaux

Le Prix 2012 de la Division de Chimie de Coordination récompense cette année Yves Journaux, Directeur de recherche à l’Institut Parisien de Chimie Moléculaire de l’UPMC (UMR7201) à Paris.

Yves Journaux a débuté sa carrière à une époque pionnière du magnétisme moléculaire au cours de laquelle ont été synthétisées de nombreuses molécules modèles comprenant seulement deux ions magnétiques. Cela a permis d’aller très loin dans l’interprétation théorique des propriétés magnétiques de ces molécules et de comprendre plus finement les facteurs conduisant aux différents types d’interaction. C’est ce socle de connaissances théoriques qui a permis les développements récents en magnétisme moléculaire (aimants moléculaires, molécules aimants, chaînes aimants). C’est dans ce contexte, qu’après des études de chimie-physique à l’Université Paris Sud Orsay, Yves Journaux intègre en 1975 le laboratoire de Spectrochimie des Éléments de Transition créé la même année par le Pr Olivier Kahn. Il y prépare un DEA, puis une thèse d’université sur les propriétés magnétiques de complexes dinucléaires du nickel soutenue en 1978. En 1979, il est embauché au CNRS comme Attaché de Recherche et affecté au même laboratoire où il prépare une thèse d’état intitulée « Symétrie Orbitalaire et Magnétisme Moléculaire » qu’il soutiendra en 1985. Les travaux de thèse d’Yves Journaux ont porté sur la relation entre la symétrie des orbitales contenant les électrons célibataires et les propriétés magnétiques des complexes polynucléaires. L’un des objectifs de ce travail était de synthétiser des composés modèles ayant des propriétés magnétiques prévisibles, démontrant ainsi la pertinence de l’approche théorique développée par O. Kahn pour décrire l’interaction d’échange. Pour illustrer ce modèle, Yves Journaux a synthétisé les composés hétérométalliques [CuVO], [CuCr] et [CuFe]. Les deux premiers composés présentent un couplage ferromagnétique par « design », car les orbitales décrivant les électrons célibataires des ions cuivre et vanadyle ou chrome possèdent des symétries incompatibles (composés à orbitales orthogonales), tandis que le dernier présente un couplage antiferromagnétique du fait du recouvrement entre les orbitales magnétiques des ions cuivre et fer (JACS 1982, 104, 2165 et 1983, 105, 7585). C’est à la même époque qu’il montre, avec J.J. Girerd et O. Kahn, l’équivalence des modèles théoriques d’Anderson et d’Hoffmann utilisant des orbitales orthogonales et celui de Kahn utilisant des orbitales qui se recouvrent (Chem. Phys. Lett. 1981, 82, 534). Peu après sa thèse, il montre avec Y. Pei l’importance de la topologie pour obtenir des molécules à haut-spin dans les complexes polynucléaires en élaborant des molécules possédant un état fondamental S=9/2, un record à l’époque (Chem. Commun. 1986, 1300 ; Inorg. Chem. 1989, 28, 100 et 1990, 29, 3967). Il participe également à cette période à la quête d’aimants à précurseurs moléculaires qui a été le sujet majeur en magnétisme moléculaire dans les années 87-95, en obtenant le premier « aimant moléculaire » présentant une température d’ordre supérieure à 10K (JACS 1989, 111, 5739).

En 1987, il part au Royaume-Uni pour effectuer un stage post-doctoral au Clarendon Laboratory à Oxford où il travaille sur l’Effet Hall Quantique Fractionnaire et s’initie à l’utilisation de très hauts champs magnétiques et de la cryogénie très basse température.

A son retour de post-doc, il reprend ses travaux sur le magnétisme moléculaire avec plusieurs axes de recherche impliquant : l’utilisation de ligands plus élaborés (Inorg. Chem. 1996, 35, 4170 ; EurJIC 2000, 951 et 2002, 323), la synthèse de polymères de coordination 2D et 3D (ICA 1998, 278, 159 ; C.R. Chimie 2001, 4, 207), et la stabilisation des hauts degrés d’oxydation des ions métalliques avec des ligands oxamates et oxamides (Dalton Trans. 1998, 781 ; Chem. Commun. 1998, 989).

Les années 2000 constituent un tournant dans la carrière d’Yves Journaux avec l’émergence de nouvelles thématiques et l’utilisation des concepts de la chimie métallosupramoléculaire pour élaborer des composés magnétiques. Tout d’abord, il commence à s’intéresser avec A. Aukauloo et X. Ottenwaelder à la non-innocence des ligands avec l’objectif de réaliser des interrupteurs magnétiques contrôlés par électrochimie (EurJIC 1999, 1067 ; Dalton Trans. 2005, 2516 et 2527). Cette voie de recherche se perpétue actuellement avec l’élaboration de composés hybrides formés à partir de complexes métalliques et d’oligomères conducteurs (Dalton Trans. 2010, 39, 4751). Par ailleurs, il s’investit de plus en plus dans la modélisation des propriétés magnétiques des systèmes complexes. En effet, les années 2000 voient l’apparition dans la littérature de nombreux complexes polynucléaires de haute nucléarité et de réseaux magnétiques aux topologies inédites où il est impossible, du fait de la taille des matrices à considérer, de modéliser les propriétés magnétiques y compris en utilisant les ordinateurs les plus puissants. Pour surmonter cette difficulté, Yves Journaux a développé avec J. Cano la simulation des propriétés magnétiques de ces systèmes complexes par calcul Monte-Carlo Classique (Inorg. Chem. 2001, 40, 188 et 3900). Mais la dernière période a surtout été marquée par l’utilisation par Yves Journaux de nouveaux ligands oxamides et en particulier, de ligands polytopiques avec des groupements oxamates en ortho ou en para de cycle benzénique qui lui ont permis d’obtenir un nombre considérable de composés originaux (Dalton Trans. 2008, 2780 ; Coord. Chem. Rev. 2010, 254, 2281). Il a bien montré que ce type de ligands s’approche de l’idéal pour le magnétochimiste car il s’auto-assemble avec les ions métalliques pour former des complexes polynucléaires métallacyclophanes ou des mésocates capables de jouer le rôle de ligand vis-à-vis d’autres ions métalliques. Mais également et c’est capital pour le magnétochimiste, il a montré que ce type de ligand est capable de transmettre l’interaction entre les ions métalliques et tout particulièrement une interaction ferromagnétique par mécanisme de polarisation de spin lorsque les groupements oxamates sont en position ortho du cycle benzénique (Angew. Chem. 2001, 40, 3039). Parmi tous les résultats obtenus avec cette nouvelle famille de ligands, il faut citer l’obtention de complexes hexa, octa et nonanucléaires aux propriétés magnétiques prévisibles (Inorg. Chem. 2004, 43, 2768 et 7594 ; Angew. Chem. 2004, 43, 850), mais également la formation de réseaux 2D et 3D présentant un ordre magnétique et comportant de larges canaux (Angew. Chem. 2008, 47, 4211 ; Chem. Commun. 2012, 48, 3539 ; Chem.-Eur. J. 2012, 18, 1608).

Avec d’autres ligands oxamates présentant un fort encombrement stérique, Yves Journaux a obtenu une des premières chaînes aimant (Adv. Mater. 2004, 16, 1597 ; Chem. Eur. J. 2007, 13, 2054), et plus récemment la première chaîne aimant chirale (Chem. Commun. 2010, 46, 2322 ; Chem. Eur. J. 2011, 17, 12482).

La plupart de la chimie développée par Yves Journaux est basé sur l’utilisation de ligands oxamides. Elle a été initiée à Orsay et elle a essaimé à l’université de Valence (Espagne) grâce à plusieurs post-docteurs qu’il a encadrés depuis 1986. Cette collaboration avec les Profs. F. Lloret et M. Julve, et les Drs. R. Ruiz et E. Pardo continue et se déroule maintenant dans le cadre d’un LEA de l’UPMC animé par Y. Journaux entre l’IPCM et l’ICMol de l’Université de Valence.

Les activités de recherche de Yves Journaux se sont traduites par 4 chapitres de livre et de 135 publications citées environ 5000 fois. En dehors de ses activités de recherche, Yves Journaux s’est investi dans la gestion de la recherche en étant chargé de mission auprès du département chimie du CNRS pour la section 14 entre 2000 et 2005, puis directeur du laboratoire CIM2 (UMR 7071) à l’UPMC entre 2005 et 2008. Il est actuellement responsable de l’équipe Matériaux Magnétiques Moléculaires et Absorption X (MMMAX) à l’IPCM.

J.- C. Hierso

Le Prix de la Division de Chimie de Coordination, dans la catégorie des « moins de 40 ans », récompense cette année Jean-Cyrille Hierso, Professeur à L’institut de chimie moléculaire de l’Université de Bourgogne (UMR CNRS 5260) à Dijon.

Jean-Cyrille Hierso, après une Maîtrise de Chimie-Physique à l’Université Paul Sabatier de Toulouse obtenue en 1993, intègre l’équipe du Dr. Bruno Chaudret au Laboratoire de Chimie de Coordination de Toulouse pour un DEA consacré à l’étude de nanoparticules du palladium et du platine, formées en solution à partir de complexes organométalliques. Il soutient sa thèse de Doctorat en novembre 1997 à l’Université Paul Sabatier, sur la synthèse de nanoparticules par dépôt chimique en phase vapeur (OMCVD) au départ de complexes de coordination du palladium et du platine sous la direction du Professeur Philippe Kalck, et en collaboration avec le laboratoire des matériaux de l’École Nationale Supérieur de Chimie de Toulouse. Il montre que l’introduction d’une faible quantité de gaz réactif en CVD permet d’abaisser à moins de 100 °C la température de dépôt métallique. Cette maîtrise inédite permet de former des agrégats ultra-dispersés de grande pureté sur des surfaces planes ou pulvérulentes. Il étudie à la fois la réactivité organométallique en phase gazeuse et les lois de germination et de croissance des agrégats (Chem. Mater. 1996, 8, 2481 et 2000 12, 390). Ce travail fondateur pour lui trouve encore des résonances dans les développements en catalyse hétérogène qu’il conduit actuellement (Adv. Funct. Mater. 2011, 21, 1064). Il s’en suit un stage post-doctoral au Laboratoire de Chimie de Coordination du CNRS, à Toulouse, sur la chimie des ligands pyrazolyl borate pour la synthèse de complexes organométalliques du tantale à liaisons agostiques, sous la direction du Professeur Michel Etienne. Jean-Cyrille poursuit sa formation par un second stage post-doctoral à vocation industrielle dans l’équipe du Professeur Jan Reedik à l’Université de Leiden, aux Pays Bas. Il travaille alors sur des complexes de coordination du cobalt, en vue d’applications comme initiateurs de polymérisation radicalaire pour des peintures non-toxiques.

Il est nommé en 2001 Maître de Conférences à l’Université de Bourgogne rejoignant l’équipe du Professeur Philippe MEUNIER, et initie alors une ligne de recherche totalement originale sur des ligands phosphine ferrocéniques polydentes, pour en étudier leurs propriétés, leur chimie de coordination et leurs applications en catalyse de couplage croisé. Une grande variété de ligands et de complexes aux multiples facettes est ainsi créée et valorisée (Chem. Soc. Rev. 2007, 36, 1754). Dans un premier temps, ces nouveaux ligands sont utilisés pour catalyser les couplages C–C ou C–N au palladium, et plus récemment, la démonstration est faite de la possibilité d’activation des liaisons C–H et C–Cl (Angew. Chem. 2010 49, 6650). Son travail en collaboration avec le Dr. Henri Doucet (Université de Rennes 1) contribue ainsi de manière très significative au développement d’une catalyse en présence d’une très faible quantité de catalyseur (inférieure à 0,01 %), en utilisant ses ligands ferrocéniques très robustes, initiant ainsi de nouvelles pistes pour la synthèse organique moderne. Il faut citer encore ses contributions méthodologiques et conceptuelles sur l’arylation d’alcynes (Org. Lett. 2004, 6, 3473 ou Organometallics 2008, 27, 1506, etc.), qui en font aujourd’hui l’un des experts du domaine, comme en témoigne la mise au point référence dans le domaine très abondamment citée (Angew. Chem. 2007, 46, 834). De manière plus fondamentale, il est le premier à pointer du doigt l’existence et l’importance de couplages spin-spin indirects entre atomes de phosphore à contrainte stérique significative (J. Am. Chem. Soc. 2004 126, 11077), ce qui a conduit dès lors la communauté internationale des chimistes à réaliser que ces couplages « à travers l’espace » sont plutôt communs, mais n’avaient jamais été mis en évidence et modélisés.

En 2006, il a soutenu avec succès son « Habilitation à Diriger des Recherches » à l’Université de Bourgogne, et a été nommé Professeur en 2009 au sein de cette même Université. La grande richesse et polyvalence scientifique qui le caractérise, avec comme axe central la chimie de coordination et tous les développements et applications qu’il sait en tirer, c’est traduite par la publication de 54 articles cités plus de 1000 fois à ce jour. Il a donné de nombreuses conférences invitées sur tous les continents et a déjà effectué de nombreux séjours dans plusieurs Universités étrangères (Münster, Hong-Kong, Kiev). Enfin, il faut noter qu’il a été invité très récemment à donner des conférences dans plusieurs congrès internationaux majeurs : dont La Gordon Conference « Physical Organic Chemistry » 2009, aux États-Unis, la Conférence ICOMC 2010 à Taipei (XXIVth International Conference On Organometallic Chemistry) et il sera l’un des quatre jeunes conférenciers pléniers européen à la XIXth European Conference on Organometallic Chemistry (EuCOMC) à Toulouse en 2011. Les projets développés par Jean-Cyrille sont inspirés des principes d’une chimie propre et durable en phase avec les aspirations de notre société. Des approches innovantes plus récentes concernent également des applications thérapeutiques et d’imagerie médicale. Sa créativité se traduit aussi par la prise de brevets (ligands polyphosphines hétérogénéisables PCT 2011). Finalement, lorsqu’il délaisse la science c’est au sport qu’il se consacre, soit comme « partenaire » de rugby de ses enfants, pratiquants bourguignons en moins de 9 ans (!), soit pour entretenir son 2e dan de ceinture noire de karaté Shotokan.

Rinaldo Poli

Le prix de la Division de Chimie de Coordination récompense cette année Rinaldo Poli, Professeur à l’ENSIACET, membre Senior de l’Institut Universitaire de France, et responsable de l’équipe « Ligands chiraux, complexes et catalyse » au Laboratoire de Chimie de Coordination du CNRS.

Le parcours scientifique de Rinaldo Poli commence en Italie, à Pise, dans les années 80, avec une solide formation en chimie organométallique sur la synthèse des composés métallo-carbonyles sous la direction de Fausto Calderazzo, l’un des pionniers de notre discipline.

Déjà, dans le cadre de sa thèse, il s’échappe un an à Londres pour travailler sur les métallo-alkyles, avec Geoffrey Wilkinson, puis rentre à Pise terminer son doctorat à l’école normale supérieure (1985). Il part alors effectuer un stage post-doctoral de deux années à l’Université de Texas A & M, à College Station, sous la direction de F. A. Cotton. Là, il utilise d’abord avec succès les composés carbonyles préparés dans sa thèse pour engendrer des composés bimétalliques du Mo(II) à liaison quadruple, mais ne va pas se limiter à ce métal et, avec Cotton, il va publier en deux ans 19 articles, dont 4 JACS sur les systèmes polymétalliques à liaison multiple.

Il prend alors son indépendance scientifique et commence sa carrière académique aux états unis en 1987 sur un poste d’assistant professeur à l’Université de Maryland, où il va gravir les échelons pour devenir professeur titulaire en 1995.

Au cours de la période américaine de sa carrière, il devient l’un des spécialistes mondiaux de l’étude des composés organométalliques à couche ouverte, et le « modèle de Poli » devient alors « la » référence pour l’étude de ces composés, comme en témoignent deux de ses revues sur ce thème (Chemical Reviews, 1996, 96, 6, 2135 ; Chemical Society Reviews, 2003, 32,1) citées chacune près de 140 fois.

Recruté en 1996 sur un poste de Professeur à l’Université de Bourgogne, où il restera 7 ans, il aborde un nouveau projet sur la catalyse de polymérisation. Il est détaché au LCC en tant que Directeur de Recherches en 2003 et nommé Professeur à l’Institut National Polytechnique de Toulouse en 2005. Au LCC, grâce à sa large culture scientifique et à son charisme, il parvient à fédérer plusieurs équipes et faire travailler ensemble avec succès des chercheurs venus d’horizons différents, intégrant en particulier un groupe d’enseignants chercheurs localisés sur l’IUT de Castres. Son équipe performante, et très soudée sur le plan humain, vient d’être évaluée par l’AERES qui l’a classée en catégorie A+.

Au LCC, Rinaldo développe actuellement cinq projets bien ciblés :

  1. L’étude des complexes hydrures et des réactions de transfert de proton, en collaboration avec l’équipe d’Elena Shubina à l’INEOS de Moscou (exemples : J. Am. Chem. Soc, 2003, 125, 11106 ; Chem. Eur. J., 2010, 16, 189) ;
  2. une chimie « verte » des complexes du molybdène dans l’eau, en relation avec la catalyse d’oxydation, en partie en collaboration avec Carlos Romao (Portugal) (Organometallics, 2005, 24, 2582) et avec Maurizio Peruzzini (Florence) (Organometallics 2008, 27, 2281) ;
  3. La chimie de coordination de ligands hybrides bi-fonctionnels appliquée à la catalyse asymétrique (avec le concours d’Eric Manoury et Agnès Labande, son équipe vient de publier le premier exemple de catalyse asymétrique du couplage de Suzuki-Miyaura avec des ligands NHC : Organometallics, 2010, 29, 1879) ;
  4. La catalyse d’hydroamination des oléfines non activées, activité démarrée préalablement dans l’équipe par Jean-Jacques Brunet (Organometallics 2009, 28, 4764) ;
  5. La compréhension du rôle des complexes de coordination en polymérisation radicalaire contrôlée, son activité personnelle favorite dans laquelle on trouve ses articles récents les plus cités (Prog. Polym. Sci. 2009, 34, 211 ; Chemistry, Eur. J. 2008, 14, 4046 ; Chemistry, Eur. J. 2007, 13, 2480 ; Angew. Chem., Int. Ed. 2006, 45, 5058)…

Rappelons que Rinaldo Poli enseigne à l’ENSIACET, où il s’est lourdement investi dans l’enseignement des divers aspects de la Science des polymères, et dans la mise en place de cours spécialisés de catalyse option chimie verte et de polymères fonctionnels option matériaux qu’il donne en anglais, à l’attention des élèves de troisième année.

Une analyse bibliométrique révèle qu’il est auteur d’environ 270 publications, citées à ce jour 4843 fois, avec une courbe ascendante qui dépasse les 350 citations par an en 2009, et que son indice h est de 32. Rinaldo a récemment organisé deux conférences et travaille de manière intensive à l’organisation de deux nouvelles conférences internationales, dont il est co-chairman avec Philippe Kalck : la conférence EuCheMS « 19th EuCOMC » (Toulouse 2011) et la 18th ISHC (Toulouse, 2012).

Doué d’une énorme capacité de travail, mais très organisé, il a été coordonnateur principal de cinq réseaux de recherche et a participé à trois autres réseaux européens. Il a présenté 186 conférences dans le monde, a été Professeur invité dans de nombreux pays et en particulier il a récemment été lauréat de la fondation Humboldt, ce qui lui a permis d’effectuer deux séjours en Allemagne ces deux dernières années. Rappelons qu’il s’investit beaucoup dans les sociétés savantes (ACS, SCI, SCF), et qu’il est actuellement chairman de l’Editorial Board du European Journal of Inorganic Chemistry. Rinaldo est également membre nommé du Comité National en Section 14.

Sachant que Rinaldo a eu de nombreux Prix au cours de la période américaine de sa carrière et plus récemment des communautés allemande (prix Humboldt déjà cité) et italienne (prix senior du groupe interdivisionnel de chimie organométallique de la SCI 2010), il était temps que notre division récompense aujourd’hui cet excellent collègue qui, guidé par sa passion du métier de chercheur et d’enseignant, œuvre avec motivation, dynamisme et efficacité pour la chimie durable en veillant toujours à la reconnaissance de notre discipline dans le monde.

Stéphane Bellemin-Laponnaz

Le Prix de la Division de Chimie de Coordination 2009 est attribué à Stéphane Bellemin-Laponnaz, chargé de recherche de 1re classe au sein de l’UMR CNRS 7177 à l’Université de Strasbourg.

Stéphane a été l’un des derniers étudiants du regretté John Osborn, avec qui il a publié ses premiers travaux sur l’isomérisation des alcools allyliques catalysée par des complexes oxo du rhénium. Ces catalyseurs homogènes sont maintenant régulièrement appliqués dans des synthèses totales de produits naturels (Amphidinolide B1, Apratoxin A, Leucascandrolide A…).

Sa thèse, soutenue en 1998, a été récompensée par le Prix Adrerus 1999. Il a ensuite effectué un stage post-doctoral au MIT sous la direction du Professeur Gregory C. Fu, avec qui il a travaillé sur le dédoublement cinétique d’amines et d’alcools par réactions d’acylation. Entré au CNRS en 2000, il est devenu le premier collaborateur de Lutz Gade, qui venait d’intégrer l’Université Louis Pasteur.

Promu CR1 en 2004, il a soutenu brillamment son habilitation à diriger des recherches, et a rapidement obtenu la médaille de Bronze du CNRS (2005). Au moment de la nomination de Lutz Gade à l’Université de Heidelberg, il est resté seul à la tête de l’équipe et a co-encadré le travail des doctorants encore localisés à Strasbourg.

Plus récemment, il a rejoint l’équipe du Professeur Richard Welter tout en conservant son indépendance scientifique. Sa collaboration scientifique avec Lutz Gade s’est prolongée par plusieurs thèses dirigées en co-tutelle, tandis que l’obtention d’une ACI jeune chercheur (2004-2007) lui a permis de diriger seul une nouvelle thèse, et de publier 15 articles en totale indépendance scientifique depuis 2004.

Il est à ce jour co-auteur de 56 publications.
Les recherches de Stéphane Bellemin-Laponnaz ont pour thème central la catalyse asymétrique, avec trois orientations principales :

  • Ayant découvert une stratégie de synthèse de ligands chiraux polydentes de haute symétrie, les tris-oxazolines (abrégées trisox, symétrie C3), il a développé la chimie de coordination de ces ligands avec les métaux les plus divers : Sc(III), Fe(II), Co(II), Ni(II), Cu(I)-Cu(II), Zn(II), Mo(0), Rh(I)-Rh(III), Pd(II), et mis à jour des applications catalytiques originales de ces complexes. On retiendra par exemple l’utilisation de complexes de Cu(II) à ligands hémi-labiles trisox en catalyse de type acide de Lewis, l’étude de complexes biomimétiques du Zn(II) comme catalyseurs du dédoublement cinétique d’aminoacides activés, ou encore, la démonstration de l’activité de complexes (alkyl)Sc(trisox) dicationiques comme catalyseurs remarquablement actifs en polymérisation des oléfines.
  • Il a décrit une synthèse modulaire de carbènes N-hétérocycliques fonctionnalisés par une oxazoline chirale, et étudié l’application des complexes de ces ligands pour l’hydrosilylation catalytique des cétones, réaction pour laquelle il a proposé un nouveau mécanisme faisant intervenir un intermédiaire silylène. Sa revue avec Vincent César et Lutz Gade sur les carbènes N-hétérocycliques chiraux (Chem. Soc. Rev. 2004, 33, 619) est son article le plus cité.
  • Il a imaginé une nouvelle méthodologie permettant le dédoublement cinétique d’un mélange racémique par utilisation d’un polymère comme support privilégié de l’un des énantiomères. Cette approche permet une séparation aisée en fin de réaction.

En résumé, le travail accompli à ce jour par Stéphane Bellemin-Laponnaz est parmi les plus élégants réalisés en France dans le domaine des applications des composés de coordination en catalyse asymétrique, tandis que l’originalité et la rigueur de son approche scientifique sont déjà au meilleur niveau mondial, justifiant pleinement le Prix qui lui est attribué aujourd’hui.

Stéphane Bellemin-Laponnaz recevra son Prix dans le cadre des journées de la Division de Chimie de Coordination 2010 (28-29 Janvier 2010, Ecole Polytechnique, Palaiseau) où il présentera l’une des conférences invitées.

Christian Bruneau

Le Prix de la Division de Chimie de coordination récompense cette année Christian Bruneau, responsable du groupe « Catalyse et Organométalliques » au sein de l’UMR 6226 : CNRS - Université de Rennes I – Sciences chimiques de Rennes.

Christian Bruneau a fait des études d’ingénieur à l’Institut National Supérieur de Chimie Industrielle de Rouen. Il a obtenu sa thèse en 1979 à l’école de chimie de Rennes (ENSCR) sur une thématique Chimie organique et environnement. Entré au CNRS en 1980, il a d’abord poursuivi ses travaux à l’ENSCR, puis a effectué une mobilité thématique vers les organométalliques et la catalyse homogène en 1986 dans le laboratoire de Pierre Dixneuf. Il a innové à la fois par la création de nouveaux catalyseurs pour des réactions d’intérêt industriel, et par le développement de nouvelles réactions catalytiques, deux orientations de recherche qui ont fait la notoriété internationale de l’équipe dont il a pris la Direction en 2000.

Ayant d’abord largement développé l’étude des réactions d’addition de nucléophiles aux alcynes terminaux mettant en jeu des intermédiaires vinylidènes organométalliques (Acc. Chem. Res. 1999, 32, 311), il a ensuite trouvé de nouvelles applications pour ces composés en orientant logiquement ses recherches vers la métathèse des oléfines et des énynes. Parmi ses travaux les plus cités, on trouve en effet la découverte d’une nouvelle famille de catalyseurs de métathèse bien définis de type ruthénium-allénylidène (Chem. Eur. J., 2000, 6, 1847).

Plus récemment, ses efforts se sont portés sur la catalyse asymétrique, avec deux directions privilégiées : l’hydrogénation des énamides et l’allylation. Parmi ses résultats les plus originaux, citons l’hydrogénation énantiosélective d’énamides tétrasubstitués en utilisant un catalyseur engendré par combinaison d’un pré-catalyseur du ruthénium et d’un ligand optiquement pur en conditions acides. Les travaux les plus récents de ce projet ont été valorisés par une collaboration avec une firme pharmaceutique pour la production d’intermédiaires de synthèse optiquement purs. Citons également ses travaux remarquables sur l’isolement d’intermédiaires allyl-Ru(IV) impliqués dans l’allylation énantiosélective et les réactions catalytiques en cascade. Enfin, l’un de ses nouveaux projets (J. Am. Chem. Soc. 2008, 130, 1156) concerne l’activation catalytique de liaisons C-H non réactives par le développement de nouveaux complexes du Ru(II) à ligands carbène et carbonate. Christian Bruneau est co-auteur de 170 publications et 4 brevets. Il a co-édité deux livres, dont « Ruthenium catalysts and fine chemistry » (Springer, 2004), et le tout récent « Metal vinylidenes and allenylidenes in catalysis » (Wiley, Mai 2008).

Soulignons également la forte implication de Christian Bruneau dans des tâches d’intérêt général pour la communauté des chimistes Rennais comme directeur de l’UMR6509 puis au sein de l’UMR6226, et dans des réseaux de recherche européens dont IDECAT. Ces activités au niveau national et international sont remarquablement mises en lumière cette année par son travail à la tête du comité d’organisation du congrès ICOMC 2008.

Narcis Avarvari

Le Prix de la Division de Chimie de Coordination 2007 dans la catégorie des « moins de 40 ans » a été attribué à Narcis Avarvari, chargé de recherches au CNRS au Laboratoire de chimie, ingéniérie moléculaire et matériaux d’Angers (UMR 6200 CNRS Université d’Angers).

D’origine Roumaine, Narcis Avarvari a commencé ses études de chimie à l’Université « Alexandru Ioan Cusa » en Roumanie. A 18 ans, il a obtenu la médaille d’argent aux olympiades internationales de chimie à Halle, en Allemagne.

En 1993, il est entré à l’École Polytechnique dans le cadre du Programme Européen de l’École. Son travail de thèse sous la direction de François Mathey et Pascal Le Floch a été distingué en 1999 par le Prix de thèse de l’École Polytechnique. Ce travail a fait en particulier l’objet d’une publication à Science sur les premiers ligands macrocycliques du phosphore sp2. Il a effectué un stage post-doctoral à Zurich à l’ETH avec Hansjoërg Grützmacher, et est entré au CNRS en 1999 comme chargé de recherche dans le laboratoire dirigé par Patrick Batail, dans l’équipe de Marc Fourmigué .

Il a obtenu son habilitation à diriger des recherches en 2006. Ses domaines d’investigation sont centrés sur la chimie de coordination et organométallique et orientés vers des applications dans le domaine des matériaux moléculaires. Une grande part de son activité concerne en particulier l’étude de complexes électroactifs incorporant des tétrathiafulvalènes fonctionnalisés par des pyridines ou des phosphines. Ses succès les plus récents concernent les matériaux moléculaires chiraux à base de groupements TTF-oxazoline, et les premiers conducteurs moléculaires chiraux à base de EDT-TTF-Me-Ox (JACS, 2005, 127, 5748).

La très grande culture scientifique de Narcis Avarvari lui permet d’exploiter ses découvertes dans de multiples directions. Ainsi, les dérivés TTF-phosphinooxazolines qu’il a synthétisés sont également étudiés en catalyse énantiosélective, comme catalyseurs modulables.

Agé de 36 ans, auteur de 56 publications, Narcis est d’une stature scientifique exceptionnelle, et son dynamisme se mesure également dans le nombre des programmes internationaux qu’il a initiés. On perçoit déjà qu’il sera une des figures marquantes de sa génération en chimie.

Narcis Avarvari présentera une conférence invitée et recevra son Prix lors des prochaines journées de la Division de Chimie de Coordination qui auront lieu en Janvier 2008 à Dijon.

Dominique Matt

Le Prix 2006 de la Division Chimie de Coordination de la SFC a été attribué à Dominique Matt, 54 ans, Directeur de recherche au CNRS à l’Institut de Chimie de Strasbourg.

Titulaire d’une thèse d’Etat obtenue en 1980 sous la direction de Pierre Braunstein, il effectué deux stages post doctoraux, l’un de 14 mois comme assistant à l’ETH –Zurich sous la direction du Professeur Venanzi, et le second au Hauptlaboratorium de la BASF-Ludwigshafen.

Entré au CNRS en 1983 dans l’équipe de Pierre Braunstein, il a participé au programme de valorisation du dioxyde de carbone, et a contribué en particulier à la découverte d’un système très performant PdII/phosphine pour la co-oligomérisation catalytique butadiène-CO2.

En 1990, l’Ecole des Hautes Etudes de l’Industrie Chimique de Strasbourg, alors dirigée par Jean-Claude Bernier, lui a donné de nouvelles ouvertures, et il a pu créer sa propre équipe, le « Groupe de Chimie Inorganique Moléculaire », dont la thématique principale était la synthèse de ligands hybrides et de coordinats à mobilité réduite ainsi que leurs applications en chimie de coordination et catalyse.

Promu Directeur de Recherche en 1991, il s’est intéressé en particulier à l’élaboration d’extractants polyphosphorés pour la complexation sélective d’ions métalliques. Une des retombées importantes de ses travaux fut la découverte de complexants des lanthanides ayant une sélectivité remarquable pour le praséodyme. Cette période a marqué le point de départ de ses activités de recherche en catalyse supramoléculaire, qui constituent aujourd’hui son axe principal de recherche, centré sur la chimie des métallocavitands dérivés des calixarènes, résorcinarènes et cyclodextrines. Ses résultats récents les plus significatifs concernent la synthèse de complexes moléculaires associés à un centre catalytique confiné dans un espace cavital, ainsi que la découverte de catalyseurs très performants bâtis sur des plateformes calixarène et cyclodextrine.

Le nombre de brevets résultant de ses activités de recherche est de 7 (avec 5 extensions), déposés au nom des entreprises CEA, SNPE, BASF, ULP.

Notons qu’il collabore avec la société américaine GENZYME pour la mise au point d’un procédé industriel de production d’amino-acides utilisant des ligands synthétisés dans son laboratoire.
Dominique Matt est l’auteur de 157 publications et a fait récemment plusieurs très belles couvertures des périodiques européens Angewandte Chemie et Chemistry. Il a donné plus de 90 conférences dans le monde, et dispense depuis 1999 un cours de chimie organométallique à l’Université de Saarbrücken.

Un récent « feature article », Chem. Commun. 2005, 5603 constitue une entrée en matière significative sur ses travaux récents.

Dominique Matt présentera une conférence lors du prochain symposium scientifique annuel de la Division de Chimie de coordination qui aura lieu en janvier 2007 à Paris

Muriel Hissler

Le Prix 2005 de la Division Chimie de coordination, décerné pour cette année 2005 à un(e) junior né(e) après le 30 septembre 1966, a été attribué à Muriel Hissler qui a obtenu sa thèse en 1988 suite à des travaux sur la conception de molécules contenant des complexes luminescents de métaux de transitions où de lanthanides réalisés sous la direction du Dr R. Ziessel et du Pr A. Harriman (Université Louis Pasteur).

Après un séjour post-doctoral chez le Pr. R. Eisenberg (Université de Rochester, USA), où elle a travaillé sur des chromophores à base de platine(II) pour l’obtention d’état à charges séparées à longues durées de vie, elle a intégré en 1999 « l’équipe Phosphore et Matériaux Moléculaires » dirigée par le Pr. Régis Réau (UMR 6509 CNRS-Université de Rennes 1). Son thème de recherche principal est le développement d’oligomères organophosphorés -conjugués pour l’opto-électronique. Parmi ses résultats les plus marquants, on peut citer la synthèse des premiers polymères conducteurs à motifs phospholes, la mise au point de matériaux organophosphorés pour des diodes électroluminescentes et la synthèse d’édifices à conjugaison .

L’ensemble de ces travaux à donner lieu à 44 publications et 1 brevet.

Muriel Hissler présentera une conférence lors du prochain symposium scientifique annuel de la Division de Chimie de coordination qui aura lieu en janvier 2006 à Toulouse

Hervé Des Abbayes

Le Prix de la Division « Chimie de coordination » de la SFC, décerné pour l’année 2004 à un chercheur sans limitation d’âge, a été attribué à Hervé Des Abbayes, professeur à Brest, pour ses travaux de pionnier dans le domaine de la catalyse par transfert de phase organometallique, pour la découverte de nouvelles réactions organometalliques fondamentales telles que la double insertion de carbonyle dans les complexes métaux-alkyle et pour son implication actuelle en chimie bioinorganique.

Azzedine Bousseksou

Le Prix de la Division « Chimie de coordination » de la SFC, décerné pour l’année 2003 à un junior de moins de 39 ans, a été attribué à Azzedine Bousseksou, chargé de recherche CNRS.

Azzedine Bousseksou a effectué sa thèse dans le laboratoire du professeur François Varret à Versailles, thèse présentée en 1992 devant l’université Paris VI.

En 1993, il est nommé chargé de recherche au CNRS au LCC où il est depuis dix ans. Depuis janvier 2003, il est responsable au LCC de l’équipe " Propriétés physiques moléclaires " comprenant huit membres dont deux chercheurs CNRS et un groupe d’ étudiants.
Azzedine Bousseksou est un spécialiste des transitions de spin, un phénomène de bistabilité moléculaire découvert par Cambi en 1931 avec un complexe cationique tris-dithiocarbamate de fer synthétisé par Delépine en 1907.

Ce domaine a été introduit en France par Jacqueline Zarembovitch puis Olivier Kahn à Orsay. Pendant sa thèse, Azzedine Bousseksou a participé à la collaboration entre Jacqueline Zarembovitch et François Varret. en étudiant les transitions de spin thermiques de composés inorganiques de Fe(III).par spectrométrie Mössbauer. Au laboratoire de chimie de coordination, il a cherché à comprendre le mécanisme de l’établissement de ce phénomène de transition de spin, en particulier par ses études sous champs intenses et pulsés.

Ses recherches ont porté non seulement sur ces aspects fondamentaux, mais également sur les applications du phénomène de transition de spin avec hystérésis à température ambiante à la mise en forme de dispositifs nanoscopiques à mémoire moléculaire qu’il a récemment brevetés.

Patrick Cassoux

Patrick Cassoux est directeur de recherche CNRS de 1re classe au Laboratoire de chimie de coordination du CNRS à Toulouse, laboratoire dont il a été directeur adjoint de 1988 à 1993 et dans lequel il dirige actuellement une très importante équipe de recherche. Il est l’une des figures emblématiques de la chimie française. Très connu de la communauté scientifique nationale et internationale depuis sa découverte des supraconducteurs inorganiques molé-culaires de type (TTF)[Ni(dmit)2]2 au début des années 1980, Patrick Cassoux a contribué de façon très dynamique au développement de la recherche française sur les matériaux inorganiques et leurs propriétés physiques. Son parcours scientifique, extrêmement varié, est allé de l’effet Faraday aux nanofils en passant par la spectroscopie de micro-ondes et les supraconducteurs. Ses principales contributions peuvent se regrouper schématiquement dans les axes suivants :

  • découverte d’un supraconducteur moléculaire dérivé d’un complexe de coordination, le (TTF)[Ni(dmit)2]2 et étude approfondie de toute une famille dérivée de cet archétype ;
  • l’interaction entre spins localisés et électrons de conduction dans un composé moléculaire, l-(BETS)FeCl4 ;
  • fabrication d’une céramique dure contenant du titane et du vanadium ;
  • synthèse d’un complexe hétérométallique du titane et du vanadium contenant des atomes de carbone plans tétracoordinés en collaboration notamment avec Robert Choukroun
  • fabrication de nanofils de (supra)-conducteurs moléculaires et de films d’aimants moléculaires originaux.

Diplômé de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Toulouse en 1965, Patrick Cassoux est rentré, en qualité d’attaché de recherche, au Département de chimie inorganique de l’université Paul Sabatier de Toulouse où il a préparé sa thèse de doctorat sous la direction de F. Gallais. Chargé de recherche au CNRS en 1971, il a effectué, en 1973, un séjour à l’université du Michigan. Il y a appris, sous la direction de R. Kuczkowski, la spectroscopie de micro-ondes, avant de revenir en 1974 au Laboratoire de chimie de coordination de Toulouse qui venait d’être créé. Après une réorientation thématique fondamentale vers la chimie des matériaux, il a effectué en 1979 un séjour au Centre de Recherche et Développement de la General Electric. Ce séjour lui a permis de se familiariser, grâce à l’expertise de L. Interrante, avec les conducteurs moléculaires et il a été promu directeur de recherche en 1981.

Outre ses fonctions directoriales au LCC, Patrick Cassoux a été notamment membre d’un groupe d’expert du ministère (GER 22, 1996-1997), membre de la section 42 du Comité national (1996-2000) et membre de comités de lecture de plusieurs journaux. Il est auteur ou co-auteur de plus de 230 publications, 3 brevets et 1 cession de licence, et 9 chapitres de livre et revues. Il est récipiendaire de plusieurs prix et distinctions : Médaille de bronze du CNRS (1970), prix Paul Pascal de l’Académie des sciences (1987), prix du Concours innovation ADERMIP de Toulouse (1988).

Patrick Cassoux s’est fait remarquer par la qualité et l’originalité de sa recherche, mais aussi comme leader qui a su largement rassembler autour de lui au LCC par son charisme scientifique, son humanisme, son altruisme et sa personnalité enjouée alliant rigueur et humour.

Le prix de la SFC lui a été remis le 5 décembre à l’université Bordeaux I où il donnera cette année le séminaire « Olivier Kahn », à l’occasion du 3e anniversaire de la disparition de ce dernier dont il était un ami proche.

Michèle Salmain

Michèle Salmain, chargée de recherche au CNRS dans la laboratoire de Gérard Jaouen à l’ENSCP.

Agée de 38 ans, elle a une très forte activité visible sur le plan international dans le domaine de la bio-organométallique (immunoanalyse, développements d’immunocapteurs). Son travail s’est traduit par plus de 47 articles et 4 conférences invitées.

Le prix a été remis lors du congrès SFC Eurochem Toulouse 2002

Jean-Jacques Girerd

Jean-Jacques GIRERD, professeur à l’Université de Paris XI.

Anna Proust

Lahcène Ouahab

Marc Fourmigué

Jean-Marc Latour

Jean-François Halet

Bernard Meunier

Véronique Guerchais

Jean-Pierre Launay

Angela Marinetti-Mignani et Mir Wais Hosseini

Jean-Pierre Majoral

Raymond Ziessel et M. Le Bozec

Edmond Samuel

Francis Secheresse

D. Lexa

H. Rudler

Alain Gleizes et Michel Verdaguer

Michel Ephritikhine

Bruno Chaudret

Didier Astruc

Charles Kappenstein

H. Mimoun et Jean-Pierre Sauvage

Roger Guilard

Mme Hubert-Pfalzgraf

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