Adrénaline

JokichiTakamine, biochimiste et industriel, découvrait en 1901 la première hormone pure jamais isolée d’une source naturelle, la glande médullo-surrénale. Il la dénomma naturellement « adrenalin » (près du rein), nom maintenant déposé (Adrenalin®) et donc remplacé par épinéphrine (au-dessus du rein)

L’adrénaline (nom commun couramment utilisé) est le (R)-4-(1-hydroxy-2-(méthylamino)éthyl) benzène-1,2-diol, de formule brute C9H11NO3. Elle peut être synthétisée à partir du catéchol et du chlorure de chloroacétyle, puis réaction avec la méthylamine et réduction pour obtenir la fonction OH désirée. Le mélange racémique obtenu peut être dédoublé en utilisant l’acide tartrique.

L’adrénaline fait partie, comme la noradrénaline et la dopamine de la famille des catécholamines, qui ont la particularité d’être à la fois des hormones secrétées par le rein, et des neurotransmetteurs synthétisés par les neurones du système nerveux central. Elles sont biosynthétisées à partir de la tyrosine, qui conduit successivement à la dopamine, puis à la noradrénaline et enfin à l’adrénaline.

L’adrénaline est secrétée en réponse à un état de stress, ou lors d’une activité physique importante, entraînant une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la vitesse des contractions du cœur, une hausse de la pression artérielle, une dilatation des bronches ainsi que des pupilles. Elle répond à un besoin d’énergie, par exemple pour faire face au danger, résister au froid ou à une douleur, à un manque d’oxygène, en cas d’hypotension ou d’hypoglycémie insulinique : en effet, dans un contexte de stress, elle régule la glycémie. En l’absence de stress, c’est un antagoniste de l’insuline (hormone hypoglycémiante), le glucagon (hormone hyperglycémiante), également secrété par le pancréas, qui intervient pour augmenter la glycémie en transformant dans le foie le glycogène en glucose.

La glycémie normale à jeun chez l’homme est comprise entre 0,80 et 1,10 g/L Sa régulation est un phénomène essentiel, puisque le glucose est nécessaire au fonctionnement des muscles et des organes, notamment du cerveau. Le rôle du foie dans cette régulation a été montré par Claude Bernard dès 1855. C’est par la veine porte hépatique que le foie reçoit le glucose issu de l’alimentation, qu’il stocke (glycogenèse), ou renvoie dans le sang (glycogénolyse) ; une troisième voie, la néoglucogénèse permet, en cas de besoin, la synthèse du glucose à partir d’éléments non glucosidiques.

L’adrénaline est dosée indirectement dans les urines par détermination de l’acide vanylmandélique (VMA), un de ses métabolites. L’intérêt de ce dosage réside surtout dans le diagnostic de maladies graves, le phéochromocytome et le neuroblastome.

L’injection intraveineuse d’adrénaline est utilisée essentiellement pour traiter un arrêt cardio-circulatoire ou, à petites doses, lors d’un choc anaphylactique caractérisé par une chute de la pression artérielle. Elle intervient particulièrement sur la fréquence cardiaque. En mélange avec la procaïne, elle fut utilisée en art dentaire pour réaliser des anesthésies locales. Mais à trop forte dose, elle agit sur le cœur jusqu’à provoquer la mort, comme dans le roman Un, deux, trois... d’Agatha Christie. !

Last but not least : l’adrénaline et la noradrénaline jouent un rôle important dans la production de chaleur par le tissu adipeux brun (« BAT ») chez le nouveau-né et les animaux hibernants et le contrôle de la lipolyse par le tissu adipeux blanc (« WAT »). En effet, toutes deux interagissent avec les adipocytes par le biais de récepteurs adrénergiques.

La pensée du jour
« Un peu plus de stress : espoir d’un peu moins de graisse ? »

Sources

Déjà membre de la SCF ?

J'adhère