Amphétamines

Douées de propriétés psychotropes, mais aussi anorexigènes, les amphétamines constituent une classe de composés aromatiques, dérivés des phényléthylamines. D’abord isolée d’Ephedra vulgaris vers 1920, l’éphédrine (dite adrénaline végétale) est un analogue hydroxylé de l’amphétamine, laquelle sera synthétisée en 1927 par Gordon Alles, commercialisée en 1932 sous le nom de Benzedrine® et prescrite comme bronchodilatateur. La méthamphétamine (ou méthédrine) avait été synthétisée au Japon dès 1919

Très rapidement, d’autres propriétés des amphétamines prendront le pas sur leurs vertus bronchodilatatrices : action stimulante, diminution de la fatigue, voire suppression du besoin de sommeil, disparition de la faim, euphorie et confiance en soi exagérées, donnant le sentiment de supériorité intellectuelle : les utilisations de ces substances à des fins pseudo- ou non-thérapeutiques ont été nombreuses. Des générations d’étudiants ont consommé du Maxiton® en préparant leurs examens.
Des sportifs de toute discipline, comme Tom Simpson, mort sur le Tour de France, et même toute l’équipe de football allemande en 1954, les vainqueurs de la Coupe du Monde, n’ont pas été en reste !

L’utilisation quasi industrielle des amphétamines revient aux militaires durant la Seconde Guerre mondiale : la méthédrine aurait permis à l’armée allemande de se battre sans prendre de repos onze jours durant dans les Balkans en 1941 et la Pervitin® (chlorhydrate de méthédrine), appelée drogue de Goering (35 millions de pilules consommées), aurait largement contribué à la réussite de la Blitzkrieg ; c’est la Benzedrine® qui aurait permis aux aviateurs de la RAF de compenser leur infériorité numérique durant la bataille d’Angleterre ; les usines d’armement japonaises auraient pu tourner à plein rendement grâce aux amphétamines distribuées aux ouvriers, avec pour dommage collatéral, l’accoutumance de 5 % des jeunes japonais après la guerre…

La synthèse de la méthamphétamine et de ses dérivés comme l’ecstasy est relativement facile, de même que celle de très nombreuses autres amphétamines. Beaucoup de petits laboratoires peuvent ainsi les commercialiser, malgré une législation de plus en plus sévère, notamment dans les pays européens et en Amérique du Nord. Au Myanmar (ex Birmanie), 800 millions de pilules auraient été produites rien qu’en 2002, diffusées dans toute l’Asie et sur les côtes du continent américain. Le yaba (méthamphétamine racémique), également appelé crazy medecine, associé à la caféine, est particulièrement populaire en Orient.

Des effets comme la désinhibition, l’augmentation de la libido, ou le retard à l’éjaculation sont particulièrement recherchés, malgré les nombreux et dangereux effets secondaires, soit immédiats notamment à la « descente », crises de tétanie, états dépressifs voire suicidaires, soit à long terme comme, outre la dépendance, divers troubles psychiques, paranoïa, psychoses, etc. Les effets hallucinogènes, visuels et/ou auditifs, dépendent de la structure chimique des amphétamines, qu’elles soient ingérées, prisées, fumées ou injectées, et des doses utilisées.

La 2,5-diméthoxy-4-méthylamphétamine (DOM ou STP pour Sérénité-Tranquillité-Paix) est une drogue hallucinogène psychédélique dès l’ingestion de 3 à 10 mg et pour une durée de 8 à 24 heures, avec apparition d’une accoutumance en 3 jours ! La mescaline (3,4,5-triméthoxyphénéthylamine), extraite de différents cactus, est utilisée dans un contexte chamanique ou religieux ; elle semble posséder des propriétés anti-addiction utilisées pour combattre l’alcoolisme dans certaines tribus indiennes. En revanche comme toute substance hallucinogène, elle peut causer des accidents psychiatriques graves et durables, parfois dès la première prise. On parle alors de « syndrome post-hallucinatoire persistant », à savoir angoisses, phobies, état confusionnel, dépression voire bouffées délirantes aigues. La plupart de ces substances, dites enthéogènes (« qui permettent de trouver l’Esprit en soi »), sont d’origine naturelle.

L’effet anorexigène, c’est-à-dire coupe-faim, des amphétamines est connu de longue date. La connaissance de leurs effets secondaires graves a débuté en Suisse à la fin des années 1960, où la mise sur le marché d’un de ces médicaments, l’Aminorex®, a été suivie d’apparition rapide de cas d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), maladie habituellement rare.
D’autres effets très graves, comme les valvulopathies, sont liés à la prise de fluoroamphétamines comme l’Isoméride® ou le Médiator®, histoire à suivre …. le 4 mai 2012.

Pensée du jour
« Crack, speed, ecstasy, ice, glass et autres crystal meth : pas touche aux amphètes, mêmes bio, gare au bad trip !  »

Sources

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