Chaux

Liant des constructions anciennes depuis des millénaires, remplacée par le ciment, la chaux, qui revient à la mode pour les restaurations et décoration, existe sous deux formes : la chaux vive, anhydre et la chaux éteinte, hydratée.

La chaux ou encore oxyde de calcium, CaO, est obtenue par la pyrolyse du calcaire, pierre riche en carbonate de calcium CaCO3 . C’est un oxyde de structure cubique, de masse 56, il appartient à la classe des réfractaires puisque sa température de fusion est de 2 570 °C.

Les Égyptiens connaissaient le plâtre et la chaux 2600 ans avant J. C. Les Romains l’ont aussi utilisée pour la construction de temples et d’aqueducs : le ciment romain était un liant hydraulique composé de chaux et de briques ou tuiles pilées ou encore de pouzzolanes (Cf. Ciments, à venir).

Il existe deux sortes de chaux :

    • la chaux vive qui est obtenue à la sortie du four à chaux, après pyrolyse à 900°C selon la réaction :
      CaCO3 –––> CaO + CO2
      La chaux anhydre est dangereuse : hydrophile, elle assèche et détruit les matières organiques riches en eau,
    • la chaux éteinte, obtenue par hydratation de la chaux vive suivant la réaction exothermique :
      CaO + H2O –––> Ca(OH)2 + 1 155 kJ
      La réaction est effervescente et s’accompagne d’un changement de volume. Il vaut mieux verser doucement la chaux vive dans l’eau et se protéger avec de lunettes plutôt que verser l’eau sur la chaux.

La chaux éteinte ou encore chaux aérienne se trouve dans le commerce avec une dénomination plus ou moins grasse suivant la proportion de carbonate de calcium résiduel.

Les utilisations de la chaux sont nombreuses en :

    • sidérurgie (41 %), pour le procédé à l’oxygène pur, où l’on affine les fontes en brûlant les traces de carbone, silicium et phosphore au moyen d’une lance à oxygène, et ajout de chaux qui se combinera avec les oxydes engendrés pour former le laitier,
    • travaux publics (12 %), pour la préparation de liants, mais surtout en mélange avec l’argile pour assécher les sols,
    • agriculture (10%), avec des mélanges CaO-MgO issus de la dolomie comme amendement pour les sols trop acides,
    • traitement des eaux (10%), pour stabiliser les boues
    • absorption du dioxyde de carbone dans les appareils respiratoires ou les systèmes atmosphériques clos,
    • éco-construction pour la rénovation et la décoration des bâtiments anciens.

Le coin du bricolage

La prise de la chaux en tant que liant ou enduit ne se fait qu’en atmosphère humide, car la chaux réagit avec le gaz carbonique de l’air qui donne l’acide carbonique en présence d’humidité et réagit en formant le carbonate de calcium en plusieurs semaines. C’est un enduit ou un rejointoiement poreux qui laisse respirer la construction et qui, par son caractère basique, est antiseptique.
Pour faire un bel enduit à la chaux (très tendance !) :

1re couche : 1 mesure de chaux + 3 mesures de sable + eau, projetée à la tyrolienne,

2e couche : 1 mesure de chaux + 5 mesures de sable fin + eau, lissée à la spatule,

3e couche : 1 mesure de chaux + 6 mesures de sable fin + eau + pigment coloré, lissée au torchon.

Pour ses propriétés bactéricides, on revêtait les murs des étables et des porcheries avec un badigeon de lait de chaux, renouvelé chaque année : il désinfectait et désodorisait (?) les bâtiments de ferme. Dans les campagnes, le chaulage du tronc des arbres fruitiers revient également à la mode : encore un effet bio ?

Pensée du jour :
« Vivez éco avec le lait de chaux : c’est pas cher, ça fortifie les os et c’est bio. »

Sources :

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