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MATIÈRES PREMIÈRES :

La teneur moyenne de l'écorce terrestre est de 0,005 ppm (5 ppb). L'eau de mer contient de 1 à 10 mg d'or/m3.

Minerais : les teneurs sont, en moyenne, de 1 à 20 ppm (ou g/t) et elles peuvent être plus importantes, par exemple, 120 ppm dans la partie souterraine de la mine de Porgera en Papouasie-Nouvelle Guinée lors du début de son exploitation. Lorsque l'or est récupéré comme sous-produit d'autres métaux, les teneurs peuvent être nettement plus faibles : l'or à la teneur de 0,5 ppm, associé à du cuivre, est récupéré dans la mine de Bingham Canyon (Utah, États-Unis). En un siècle, la production de cette mine a été de plus de 500 t d'or.

Dans les minerais, l'or est très souvent présent sous forme métallique (état natif), fréquemment allié à l'argent, souvent au cuivre, parfois au bismuth et à l'uranium. Les minerais sont classés en fonction des autres composés associés à l'or, la présence de ces composés pouvant entraîner des difficultés de traitement. On distingue l'or libre, inclus ou non dans d'autres minéraux, de l'or associé à des sulfures de fer (pyrite : FeS2, pyrrhotite : Fe1-xS), de l'or associé à des sulfures d'arsenic (arsénopyrite ou mispickel : FeAsS) ou d'antimoine (stibine : Sb2S3). L'or associé à des sulfures de cuivre, nickel, zinc ou plomb est récupéré comme coproduit des métallurgies correspondantes.

L'or libre se trouve dans des filons (en général riches en quartz), des chapeaux oxydés de minerais sulfurés ou des alluvions, sous forme de placers (dans ce cas, l'or est sous forme de paillettes ou de pépites) : le Witwatersrand d'Afrique du Sud est un placer fossile. Le plus gros amas d'or trouvé (mêlé à du quartz), la "plaque de Holterman", a été trouvé en 1872 à Hill End (Australie) : 1,42 m de long, 235 kg. La plus grosse pépite, "Welcome Stranger", a été trouvée à Black Lead (Australie), en 1869 : 71 kg d'or. En France, la plus grosse pépite conservée pèse 543 g. Elle a été trouvée aux Avols (07) et a été vendue, en 1911 au musée de l'Université Harvard (Massachusetts, États-Unis). En France, l'orpaillage artisanal produit, officiellement, de 2 à 3 t/an, principalement en Guyane.

Les découvertes de gisements d'or ont donné lieu à de nombreuses ruées vers l'or :

- 1721 dans le Mato Grosso puis en 1735 dans le Goias (Brésil).

- 1838 dans les alluvions de la Tchara, en Transbaïkalie (sud de la Sibérie).

- 1848 à Colonna en Californie : les 2 premières années, l'or trouvé a rapporté 3 fois le prix payé par les États-Unis au Mexique pour la cession de la Californie. La production totale a été de 1 500 t. La ruée s'est poursuivie ensuite au Nevada, puis au Colorado.

- 1851 en Nouvelle Galle du Sud (Australie).

- 1884, découverte du plus important gisement de tous les temps : le Witwatersrand, près de Johannesburg (Afrique du Sud). La ruée a eu lieu en septembre 1888. A fourni depuis sa découverte et jusqu'en 2006 : 50 627 t d'or.

- 1886 dans la rivière Klondike (Yukon, Canada), célébrée par J. London puis C. Chaplin. La production a été de 280 t.

- 1898 près du détroit de Behring en Alaska, production de 230 t.

- 1980 à Morro da Babilonia, Serra Pelada, dans l'état de Para (Brésil). En 1982, 30 000 orpailleurs et porteurs étaient entassés sur 1 km2.

Exploitations minières : environ 400 mines d'or sont en cours d'exploitation dans le monde. Quelques exemples :

- Mine de Grasberg : située dans la partie indonésienne de l’île de Nouvelle Guinée et exploitée par la société PT Freeport Indonesia détenue à 90,64 % par Freeport McMoRan Copper & Gold et à 9,36 % par le gouvernement indonésien. La production a été, en 2017, de 48,3 t d'or et 447 000 t de cuivre. Située entre 2 500 et 4 200 m d'altitude, il est prévu qu'elle soit exploitée souterrainement jusqu'en 2027, l'exploitation à ciel ouvert se terminant. Les réserves prouvées et probables sont, fin 2017, de 437 millions de t de minerai contenant 0,91 % de cuivre, 0,76 g/t d'or et 4,39 g/t d'argent, de 963 millions de t de minerai contenant 1,01 % de cuivre, 0,72 g/t d'or et 3,52 g/t d'argent, 360 millions de t de minerai contenant 1,25 % de cuivre, 1,07 g/t d'or et 6,48 g/t d'argent et 171 millions de t renfermant 1,25 % de Cu, 0,95 g/t d'or et 6,13 g/t d'argent. En 2017, 51 millions de t de minerai contenant en moyenne 1,01 % de cuivre, 1,15 g/t d'or et de l'argent ont été extraits. Les rendements de récupération sont de 91,6 % pour le cuivre, 85,0 % pour l'or. Les concentrés sont exportés par le port d'Amanapare.

- Mine de Yanacocha : située dans les Andes péruviennes, entre 3 500 et 4 100 m d'altitude, la société Minera Yanacocha est détenue à 54 05% par Newmont et 45,95% par la Compania de Minas Buenaventura. L'exploitation qui a débuté en 1993, comporte 7 mines à ciel ouvert, 4 aires de lixiviation et 3 usines de traitement des minerais. Les réserves prouvées et probables sont, fin 2017, de 104,4 millions de t de minerai contenant 0,62 g/t d'or. La production est, en 2017, de 16,6 t d'or.

- Mine de Porgera en Papouasie-Nouvelle Guinée : ouverte en 1990, la mine, située entre 2 200 et 2 700 m d'altitude, est exploitée par Barrick qui en détient 47,5 % à égalité avec le groupe chinois Zijin Metal. La production, en 2017, pour Barrick, est de 7,3 t d'or. Les réserves prouvées et probables sont estimées, pour la part de Barrick, à 13,3 millions de t de minerai renfermant 4,78 g/t d'or.

Principales mines exploitées : production de 2017, en t.

Muruntau (Ouzbekistan), en 2016 61 Olimpiada (Russie) 31,3
Grasberg (Indonésie) 48,3 Carlin (Etats-Unis) 30,2
Goldstrike (Etats-Unis), en 2016 34,0 Lihir (Papouasie Nll. Guinée) 29,2
Pueblo Viejo (République Dominicaine) 33,5 Boddington (Australie) 24,5
Cortez (Etats-Unis), en 2016 32,9 Batu Hijau (Indonésie) 20,0
Source : rapports des sociétés

Depuis 2017, les productions des mines de Goldstrike et Cortez, exploitées dans le Nevada par Barrick, sont regroupées avec une production de 71,9 t.

PRODUCTIONS MINIERES : en 2017, en t de métal. Monde : 3 246,5 t, Union européenne (Finlande, Suède, Bulgarie...) : 29,6 t.

Chine 426,1 Pérou 162,3
Australie 295,0 Indonésie 154,3
Russie 270,7 Afrique du Sud 139,9
États-Unis 230,0 Mexique 130,5
Canada 175,8 Ghana 101,7
Source : Thomson Reuters, GFMS Gold Survey

En 2007, la Chine est devenue premier producteur mondial, devançant l'Afrique du Sud qui a été n°1 mondial pendant 102 années consécutives. En Chine, en 2014, la production des mines d'or représente 81,5 % de la production, celle des coproductions d'autres métaux non ferreux, 18,5 %.
Depuis la préhistoire, la production mondiale totale d'or serait de l'ordre de 193 000 t, dont :

avant la fin de l'empire romain 10 000 t au XIXème siècle 12 000 t
au Moyen Age 2 500 t de 1900 à 1996 110 500 t
au XVII - XVIIIème siècle 4 000 t de 1997 à 2017 54 000 t

Les 2/3 de la production mondiale depuis la préhistoire ont été extraits ces 50 dernières années. 32 % de cette production (50 627 t entre 1884 et 2006) provient du Witwatersrand sud-africain. Le maximun de la production sud-africaine a été atteint en 1975 avec près de 1 000 t soit, à l'époque, 67 % de la production mondiale.

La productivité annuelle varie de 1,7 kg par employé en Afrique du Sud à 41,7 kg/employé en Australie. En Afrique du Sud, les exploitation sont essentiellement souterraines alors qu'elles sont principalement à ciel ouvert en Australie.

Production minière d'Afrique du Sud :

Les gisements sont situés dans le Witwatersrand, à 1 500 m d'altitude. Il y a 2,5 milliards d'années (archéen), l'or charrié par des rivières s'est déposé dans les 50 000 km2 d'une mer intérieure. Le gisement forme un arc de cercle de 480 km de long à cheval sur le Transvaal et l'État d'Orange. Les paillettes d'or sont présentes dans des bancs conglomératiques, appelés reefs. Les profondeurs atteintes sont, en moyenne, comprises entre 1 000 et 4 000 m sous la surface du sol avec des records à 4 121 m pour la mine de Driefontein et 4 020 m pour celle de Kloof. Les mines en activité ont employé, en 2006, 159 984 mineurs (le maximum a été de 537 000 en 1987).
La raffinerie Rand Refinery, détenue à 42,41 % par AngloGold Ashanti, 33,15 % par Sibanye Stillwater, 11,3 % par DRD Gold, 10,38 % par Harmony et 2,76 % par Gold Fields, à Germiston, transforme principalement le doré produit par les installations minières en produits raffinés. Elle traite l'ensemble de la production du pays et la plus grande partie de celle-ci est achetée par la banque centrale d'Afrique du Sud qui la vend ensuite sur le marché mondial.
La raffinerie affine également 75 % de la production africaine hors Afrique du Sud. Depuis 1920, elle a raffiné 50 000 t d'or soit environ le tiers de la production mondiale.

De 1868 à 1995, 80 000 mineurs ont péri dans les mines d'or (424 morts en 1994). En 1984, la production d'une once d'or, nécessitait l'extraction de 3,3 t de minerai, 39 heures de travail, 5,4 m3 d'eau, 572 kWh, 12 m3 d'air comprimé. Les mines d'or sud africaines consommaient 18 milliards de kWh soit 1/5 de la production d'Afrique du Sud et 1/10 de la production du continent africain.

Sibanye Stillwater, société issue, en février 2013, de Gold Fields, a produit, en 2017, 43,6 t d'or en exploitant en Afrique du Sud, les mines de Driefontein, avec une production de 15,0 t, Kloof, avec 16,4 t, Beatrix, avec 9,1 t et Cooke, avec 3,1 t. Co-produit de l'uranium avec 55,3 t d'oxyde d'uranium U3O8, en 2015. Les réserves prouvées et probables sont de 807 millions de t de minerai renfermant 1,0 g/t d'or et 671 millions de t de minerai renfermant 0,0065 % d'oxyde d'uranium U3O8.

La société AngloGold Ashanti a produit, en Afrique du Sud, en 2017, 28,1 t. Les opérations minières ont lieu dans 2 régions : Vaal River (mines de Kopanang avec 2,8 t, et Moab Khotsong avec 6,0 t) et West Wits (mines de Mponeng avec 7,0 t et Tau Tona avec 2,8 t qui a fermé fin 2017). Par ailleurs, l'exploitation en surface de terrils a donné 6,0 t. La mine de Kopanang, a également produit de l'oxyde d'uranium : 363 t d'oxyde U3O8 en 2017. Les réserves prouvées et probables d'or sont, en Afrique du Sud, de 795 millions de t de minerai à 0,92 g/t d'or. Voir plus loin pour les productions hors Afrique du Sud.

La société Harmony, a produit, en 2016-17, en Afrique du Sud, 30,8 t, dans les mines de Doornkop, avec 2,7 t, Kasasalethu, avec 4,4 t, Bambanani, avec 2,7 t, Joel, avec 2,2 t, Masimong, avec 2,5 t, Phakisa, avec 4,0 t, Target, avec 2,7 t, Tshepong, avec 4,8 t, Unisel, avec 1,6 t et les opérations de surface dont Kalgold, avec 3,2 t. Les réserves prouvées et probables, en Afrique du Sud, sont de 878 millions de t de minerai renfermant 0,58 g/t d'or. Produit également de l'or en Papouasie Nouvelle Guinée, à Hidden Valley, avec 2,6 t en 2016-17, et des réserves prouvées et probables de 49,6 millions de t de minerai renfermant 1,62 g/t d'or.

La société Gold Fields a produit, en Afrique du Sud, 8,7 t, en 2017. Elle exploite depuis 2007 la mine souterraine de South Deep. Les réserves sont de 217 millions de t à 5,36 g/t. Voir plus loin pour les productions hors Afrique du Sud.

DRD Gold, traite des terrils accumulés au cours des exploitations antérieures et a produit, en 2017, 4,3 t d'or.

Production minière des Etats-Unis : 26 mines donnent 99 % de la production. Celle-ci provient à 72 % du Nevada et 12 % d'Alaska. Au Nevada, les mines les plus importantes, Cortez et Goldstrike, située à 6 km de Cortez (71,9 t, en 2017) sont exploitée par Barrick. La mine Goldstrike située à 60 km au nord-ouest d'Elko est exploitée à ciel ouvert (mine Betze-Post) et souterrainement (mines de Meikle et Rodeo). Les réserves prouvées et probables de Goldstrike sont estimées à 74 millions de t de minerai à 3,59 g/t d'or. Aux Etats-Unis, en 2017, une coproduction, principalement à partir de minerais de cuivre, représente 6 % de la production totale.

En Europe de l'Ouest, l'or est principalement coproduit des métallurgies du cuivre, zinc, plomb et nickel.

Situation française : les exploitations métropolitaines ont été toutes fermées. La production d'or est limitée, en 2018, à la Guyane. Les dernières mines exploitées ont été les suivantes :

- La mine de Salsigne (11), fermée fin 2004, a été au cours du XXème siècle la plus importante mine européenne. Elle a été exploitée depuis 1892 pour l'arsenic et 1924 pour l'or. Elle était en partie à ciel ouvert, en partie souterraine, à 430 m de profondeur, avec 100 km de galeries. Le minerai est sulfuré à prédominance de pyrite, pyrrhotite et mispickel. Les teneurs moyennes sont les suivantes : Au : 8 à 10 g/t, Ag : 20 g/t, Cu : 1 kg/t. Au total, la production a été de 100 t d'or et 300 t d'argent. En 1996-97, la production de la mine à ciel ouvert a été d'environ 350 000 t de minerai pour 4,5 millions de t remuées, celle de la mine souterraine de 100 000 t de minerai. La production d'or a été de 2,64 t d'or et celle d'argent de 1,82 t.

Après extraction, le minerai, broyé à environ 75 micromètres, était concentré par flottation à une teneur de 20 à 25 ppm puis, après un nouveau broyage à 25 micromètres, traité par cyanuration dans une série de 9 cuves. Dans la première, la suspension de concentré était oxygénée, de la 2ème à la 4ème la cyanuration était effectuée. Dans les 5 dernières cuves, les complexes d'or et d'argent étaient adsorbés sur charbon actif. L'or et l'argent étaient récupérés en traitant le charbon actif par une solution alcaline d'ions cyanure, sous pression, à 120°C, puis en effectuant une électrolyse de la solution obtenue. L'or et l'argent se déposaient sur une cathode en laine d'acier. L'ensemble était ensuite fondu en présence de borax et de silice afin d'éliminer le fer par formation d'un laitier, vers 1200°C. Le charbon actif était régénéré par chauffage à 750°C.

Pendant longtemps, la mine de Salsigne a produit de l'arsenic à partir d'arsénopyrite et a été le plus important producteur mondial (10 000 t/an).

- Les mines du Bourneix et de Lauriéras, situées à la limite de la Haute Vienne et de la Dordogne, ont été exploitées de 1982 à 2001 par la Société des mines du Bourneix, filiale du groupe Cogema. Les gisements sont constitués de filons siliceux avec ou sans sulfures (mispickel, pyrite et galène). L'or est finement disséminé dans le mispickel ou libre. La teneur moyenne des mines souterraines était de 12 à 16 g/t, celle des mines à ciel ouvert de 6 à 9 g/t. L'exploitation comprenait 2 mines souterraines jusqu'à 300 m de profondeur et une mine à ciel ouvert. L'unité de concentration, située sur le site du Bourneix, se composait d'un atelier de broyage et d'un atelier de flottation, avec une durée de flottation 30 minutes.

La pulpe, contenant 40 % de matière solide, à un pH de 10,5 obtenu par ajout de chaux, était cyanurée dans 6 cuves agitées pendant 48 h. Le complexe aurocyanure était ensuite fixé sur du charbon actif dans 10 cuves. Chaque cuve contenait 150 kg de charbon qu'un tamis empêchait d'aller dans la cuve suivante. Le charbon de la cuve de tête recevant les jus aurifères après attaque au cyanure, contenait environ 55 kg d'or par tonne de charbon. Cette cuve était vidangée et tamisée après 12 ou 24 h de marche. Le charbon chargé en or et argent constituait le produit marchand qui était livré aux affineurs. En 1996, la production a été de 2 057 kg d'or, 118 kg d'argent, contenus dans 156 904 t de minerai, soit 14,15 g d'or/t. La production de concentrés a été de 4 665 t, soit 455 g d'or/t.

On estime que, jusqu'en 1997, la production limousine a été d'une quarantaine de tonnes : quelques tonnes à l'époque gallo-romaine, 10 t de 1920 à 1944 et 22 t depuis 1982.

- Les mines du Rouez : situées dans la Sarthe (72) à 30 km au Nord-Ouest du Mans, elles ont été exploitées entre 1989 et 1995. Le gisement a été découvert en 1975 par exploration géophysique (électromagnétique) aéroportée et par mise en évidence d'une anomalie géochimique polymétallique qui ont montré la présence d'un amas sulfuré qui avait été, il y a plusieurs siècles, exploité pour le fer contenu.

L'amas sulfuré a la composition moyenne suivante : pyrite : 43 %, pyrrhotite : 22 %, sidérite : 19 %, blende : 2,5 %, chalcopyrite : 1,7 %, galène : 0,3 %, arsénopyrite : 0,2 %. La teneur en argent est de 21,4 ppm et celle en or de 1,49 ppm. Ces teneurs en métaux précieux sont trop faibles pour envisager, actuellement, une exploitation économiquement rentable de l'ensemble du minerai. Le gisement qui s'étend sur 800 à 900 m de long et 150 à 200 m de large renferme plus de 100 millions de t de minerai, sur une profondeur supérieure à 500 m.

Par contre, dans le sommet de l'amas sulfuré (zone dans laquelle les sulfures de fer sont oxydés en hématite, goethite, limonite), sur une profondeur de 20 à 30 m, la concentration en or est 10 fois supérieure. La quantité totale de minerai exploitable a été de 250 000 t à une teneur moyenne de 11 g d'or/t et 50 g d'Ag/t.

L'exploitation a été réalisée à ciel ouvert, dans deux mines. Le taux de découverture était d'environ 4 et l'extraction journalière de l'ordre de 1 000 m3. Le minerai normal titrant moins de 15 g d'or/t a été traité par lixiviation en tas, le minerai riche, à plus de 15 g/t, par lixiviation dynamique en cuves. La nature du minerai ne permettant pas une concentration préalable tout le minerai a été traité par lixiviation. Au total, de 1989 à 1995, la mine a fourni 2,8 t d'or et 15 t d'argent.

- La Guyane : les minéralisations aurifères se sont mises en place il y a 2 milliards d'années au moment où les continents américain et africain n'étaient pas séparés. Ainsi, les gisements de Guyane sont le prolongement de ceux de l'Ouest africain. La première pépite a été découverte, en 1854, dans le bassin de l'Approuague. La plus grande partie de la production est alluvionnaire et assurée par des orpailleurs ou des PME (Auplata a produit, en 2017, 111 kg d'or, la Compagnie Minière Espérance compte produire plus de 500 kg en 2016). La production déclarée est passée de 544 kg en 1989 à 2 693 kg en 2006 et 1 300 kg, en 2013. Les quantités extraites illégalement sont estimées à 10 à 12 t/an. Des groupes miniers internationaux commencent à s'intéresser à l'exploitation de gisements filoniens. Par exemple, la Compagnie Minière de la Montagne d'Or, détenue à 55,01 % par le groupe russe Nordgold et 44,99 % par le groupe canadien Columbus Gold a le projet d'exploiter, à ciel ouvert, un gisement primaire de 54 millions de t de minerai renfermant 1,58 g/t d'or avec un début de production prévu en 2022 et une production annuelle de 6,7 t pendant 12 ans.

L'or en France métropolitaine

(d'après C. Guillemin, Z. Johan et E. Marcoux, La vie des Sciences, Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, série générale, tome 6, 1989, n°5, p 337-367, que nous remercions). Les mines notées en activité ne le sont plus actuellement.

Producteurs : principaux, en 2017, en t.

Barrick Gold (Canada) 165,6 Navoi Mining (Ouzbékistan), estimation 77,0
Newmont Mining (Etats-Unis) 163,8 Newcrest Mining (Australie) 71,1
AngloGold Ashanti (Afrique du Sud) 116,8 Polyus (Russie) 67,2
Kinross (Canada) 81,0 Gold Fields (Afrique du Sud) 62,6
GoldCorp (Canada) 79,9 Agnico Eagle (Canada) 53,3
Sources : Thomson Reuters, GFMS Gold Survey et rapports des sociétés

Barrick exploite, en 2017 :
- aux Etats-Unis, dans le Nevada les mines de Cortez et de Goldstrike, avec 71,9 t et Turquoise Ridge, détenue à 75 %, avec 6,6 t.
- au Canada, dans l'Ontario, Hemlo Property, avec 6,1 t.
- en République Dominicaine, Pueblo Viejo, détenue à 60 %, avec 20,2 t.
- au Pérou, Lagunas Norte, avec 12,0 t.
- en Argentine, Veladero, détenue à parts égales avec le groupe chinois Shandong Gold, avec 13,4 t.
- en Australie, Kalgoorlie, à 50 %, avec 11,4 t.
- en Papouasie Nouvelle Guinée, Porgera détenue à 47,5 %, avec 7,3 t.
- en Tanzanie, avec 63,9 % des mines de Bulyanhulu, North Mara et Buzwagi, avec un total de 15,3 t.
Par ailleurs, Barrick produit du cuivre, au Chili, à Zaldivar, détenu à 50 %, avec 52 000 t, en Zambie, à Lumwana, avec 116 000 t et en Arabie Saoudite, à Jabal Sayid, détenu à 50 %, avec 19 500 t.
Les réserves totales, prouvées et probables, de Barrick sont de 1 295 millions de t de minerai renfermant 1,55 g/t d'or.

Newmont Mining Corporation exploite, en 2017 :
- aux Etats-Unis, dans le Nevada, les mines de Carlin (4 à ciel ouvert et 4 souterraines), près d'Elko, avec une production de 30,2 t d'or, de Phoenix près de Battle Mountain, avec 7,4 t d'or et 15 000 t de cuivre, de Twin Creeks, près de Golconda, avec 11,7 t d'or, la mine de Long Canyon, avec 5,4 t (arrêtée fin 2016) et dans le Colorado, la mine de Cripple Creek & Victor (CC&V) avec 14,0 t d'or.
- au Pérou, Newmont détient 54,05 % de la mine de Yanacocha, avec 8,5 t.
- Au Surinam, Newmont exploite la mine de Merian détenue à 75 % avec 4,0 t d'or.
- en Australie, Newmont exploite des mines en Australie Occidentale, à Boddington, avec 24,5 t d'or et 36 000 t de cuivre, Kalgoorlie, à 50 %, avec 11,4 t et dans les Territoires du Nord, à Tanami, avec 13,0 t.
- au Ghana, la mine d'Ahafo a produit 10,9 t d'or et celle d'Akyem, 14,7 t.
La production totale de cuivre a été de 51 302 t.
Les réserves totales, prouvées et probables, de Newmont sont de 2 050 millions de t de minerai renfermant 1,03 g/t d'or.

AngloGold Ashanti exploite, en 2017, en dehors de l'Afrique du Sud, voir ci-dessus :
- au Ghana, les mines d'Iduapriem, avec une production de 7,1 t et d'Obuasi.
- en Guinée, 85 % de la mine de Siguiri, avec 10,1 t.
- au Mali, 40 % de la mine de Morila, avec 0,9 t, 41 % de celle de Sadiola, avec 2,0 t.
- en Tanzanie, la mine de Geita, avec 16,8 t.
- en République Démocratique du Congo, 45 % de la mine de Kibali, avec 8,3 t.
- en Australie, la mine de Sunrise Dam, avec 7,4 t et 70 % de celle de Tropicana, avec 10,0 t.
- au Brésil, la mine de Serra Grande, avec 4,1 t et celle d'AGA Mineraçao, avec 13,1 t.
- en Argentine, 92,5 % de la mine de Cerro Vanguarda, avec 8,8 t.
Outre la production d'uranium en Afrique du Sud, la production d'or a co-produit, en 2017, de l'acide sulfurique au Brésil (203 000 t/an) et de l'argent en Argentine (193 t).

Les réserves totales prouvées et probables sont de 1 170 millions de t de minerai renfermant 1,32 g/ d'or.

Kinross (les données publiées sont données en équivalent or, en comptant 73,72 parts d'argent pour une part d'or) exploite, en 2017 :
- aux Etats-Unis, la mine de Fort Knox, en Alaska, avec une production de 11,9 t d'équivalent or, celle de Round Mountain, dans le Nevada, avec 13,6 t d'équivalent or, celle de Bald Mountain, dans le Nevada, avec 8,8 t d'équivalent or, celle de Kettle River, dans l'état de Washington, avec 2,4 t d'équivalent or.
- au Brésil, la mine de Paracatu, avec 11,2 t d'équivalent or.
- au Chili, la mine de Maricunga, avec 2,8 t d'équivalent or.
- en Mauritanie, la mine de Tasiat, avec 7,6 t d'équivalent or.
- au Ghana, 90 % de la mine de Chirano, avec 14,5 t d'équivalent or.
- en Russie, les mines de Kupol et Dvoinoye, avec 18,0 t d'or et 146 t d'argent.
Les réserves prouvées et probables sont de 1 108 millions de t de minerai renfermant 0,7 g/t d'or et 31 millions de t renfermant 52,6 g/t d'argent.

Navoi Mining exploite, en Ouzbékistan, dans le désert de Kyzyl Kum, la mine à ciel ouvert de Muruntau qui est la plus importante mine d'or dans le monde, avec, en 2016, une production de 61 t.

GoldCorp exploite, en 2017 :
- au Canada, dans l'Ontario, les mines de Red Lake, avec une production de 6,5 t, Porcupine avec 8,5 t, Musselwhite, avec 7,3 t et au Québec, Eléonore, avec 9,5 t.
- au Mexique, dans l'état de Zacatecas, la mine d'or, argent, plomb et zinc de Peñasquito, avec 14,8 t d'or, 669 t d'argent, 60 520 t de plomb, 163 300 t de zinc.
- en République Dominicaine, la mine d'or et d'argent de Pueblo Viejo, à 40 %, avec 13,5 t d'or.
- en Argentine, la mine d'or et d'argent de Cerro Negro, avec 14,1 t d'or et 109,0 t d'argent et celle d'or et de cuivre d'Alumbrera, à 37,5 %, avec 0,6 t d'or et 4 268 t de cuivre.
Par ailleurs, les co-productions sont, en 2017, de 890 t d'argent, 12 890 t de cuivre, 60 520 t de plomb, 163 300 t de zinc.
Les réserves prouvées et probables sont, fin 2017, de 1 837 millions de t de minerai renfermant 0,90 g/t d'or, 1 195 millions de t de minerai renfermant 16,68 g/t d'argent, 1 603 millions de t de minerai renfermant 0,33 % de cuivre, 515 millions de t de minerai renfermant 0,31 % de plomb et 0,68 % de zinc et 620 million de t de minerai renfermant 0,017 % de molybdène.

Newcrest Mining exploite, en 2016-17 :
- en Australie, la mine de Cadia Valley, en Nouvelle Galle du Sud, avec une production de 19,3 t d'or et 63 805 t de cuivre et la mine de Telfer, dans la région de Pilbara, en Australie Occidentale, avec 12,0 t d'or et 20 136 t de cuivre.
- en Papouasie Nouvelle Guinée, la mine de Lihir, dans l'île de Niolam, avec 29,2 t.
- en Indonésie, 75 % de la mine de Gosowong, dans l'île de Halmahera, avec 9,2 t d'or et 11,2 t d'argent.
- en Côte d'Ivoire, 89,89 % de la mine de Bonikro, avec 4,0 t.
Par ailleurs, l'exploitation de l'or donne une co-production de 83 941 t de cuivre.
Les réserves prouvées et probables sont, fin 2016, de 2 022 t d'or, 1 182 t d'argent et 11 millions de t de cuivre.

Gold Fields exploite, en 2017, outre la mine de South Deep, en Afrique du Sud, voir plus haut :
- en Australie, les mines de St Ives, avec une production de 11,3 t d'or, Agnew, avec 7,5 t, Granny Smith, avec 9,0 t, Darlot, vendue fin 2017, avec 1,2 t.
- au Ghana, les mines de Tarkwa, avec 17,6 t et Damang, avec 4,5 t.
- au Pérou, la mine de Cerro Corona, avec 4,9 t d'or et 30 000 t de cuivre.
Les réserves prouvées et probables d'or sont de 613 millions de t de minerai renfermant 2,70 g/t, et celles de cuivre, à Cerro Corona, sont de 86 millions de t de minerai renfermant 0,4 % de cuivre.

Polyus exploite, en 2017, en Russie, en Sibérie, dans la région de Krasnoyarsk, les mines d'Olimpiada, avec une production de 31,3 t, de Blagodatnoye, avec 14,2 t, dans la région d'Irkutsk, la mine de Verninskoye, avec 6,4 t, des alluvions dans cette même région, avec 4,5 t et la mine de Kuranakh, dans le Nord-Est de la Sibérie, avec 5,3 t.
Les réserves prouvées et probables sont de 1 199 millions de t renfermant 1,8 g/t.

Agnico Eagle exploite, en 2017, des mines au Canada, province du Québec, à LaRonde, avec 10,9 t d'or, 39,0 t d'argent, 4 501 t de cuivre, 6 510 t de zinc, Goltex, avec 3,5 t d'or, Lapa, avec 1,5 t d'or, Malartic, avec 19,7 t d'or et 21,2 t d'argent, dans le Nord-Canada à Meadowbank, avec 11,0 t d'or, au Mexique, à Pinos Altos dans l'État de Chihuahua, avec 5,4 t d'or et 77,8 t d'argent et La India dans l'État de Sonora, avec 3,1 t d'or et en Finlande à Kittila avec 6,1 t d'or. Les réserves prouvées et probables sont de 257 millions de t de minerai renfermant 2,49 g/t d'or, 65 millions de t de minerai renfermant 22,72 g/t d'argent, 24 millions de t de minerai renfermant 0,29 % de cuivre, 15 millions de t de minerai renfermant 0,88 % de zinc.

Réserves minières : en 2017, en t d'or contenu. Monde : 54 000 t.

Australie 9 800 Brésil 2 400
Afrique du Sud 6 000 Pérou 2 300
Russie 5 500 Canada 2 200
États-Unis 3 000 Chine 2 000
Indonésie 2 500 Ouzbékistan 1 800
Source : USGS

 

TRAITEMENT DES MINERAIS : les procédés dépendent de la nature des minerais. Voir également ci-dessus quelques exemples concernant les gisements français.

- La gravimétrie : concerne l'or libre alluvial dont les particules ont une dimension supérieure à 75 micromètres. Les installations industrielles récupèrent d'abord une partie de l'or libre par gravimétrie à l'aide de tables à secousses ou de concentrateurs centrifuges. La gravimétrie est aussi utilisée dans les installations artisanales des orpailleurs : batée ou laveries formées de canaux de bois munis de baguettes (sluice). Cette technique, peu coûteuse, permet d'exploiter des gisements de très faible teneur (de l'ordre 1 g/m3), mais la récupération des fines particules est faible malgré l'utilisation de canaux tapissés de velours ou de concentrateurs centrifuges.

- La flottation, après broyage, est systématiquement utilisée lorsque l'or est associé à des sulfures métalliques. Elle précède le traitement ultérieur de cyanuration.

- Le grillage est utilisé lorsque l'or est associé à des sulfures de Fe, Ni, Sb, car il facilite les traitements ultérieurs en rendant le minerai poreux. Le grillage est de plus en plus remplacé soit par une lixiviation sous pression d'oxygène, en autoclave, soit par une biolixiviation.

- L'amalgamation consiste à allier l'or (et l'argent) avec du mercure et à décomposer l'alliage (25 à 50 % d'or) par distillation du mercure, vers 400-500°C. Actuellement cette technique, très polluante, est utilisée seulement dans des installations artisanales souvent illégales.

L'extraction hydrométallurgique par cyanuration : inventée en 1888, c'est le procédé le plus utilisé (environ 80 % de la production mondiale).

- Le minerai broyé (< 0,1 mm) est traité par une solution diluée (0,5 g/L) de cyanure de sodium en milieu basique (pH > 10 pour éviter la libération de cyanure d'hydrogène (HCN) très toxique) et en présence de dioxygène :

4 Au + 8 CN- + O2 + 2 H2O –––> 4 Au(CN)2- + 4 OH-

- Après traitement de 12 à 48 h, la solution contient quelques g d'or par m3. La consommation de NaCN est de 0,2 à 1 kg/t de minerai. L'extraction de l'or consomme environ 13 % de la production mondiale de cyanure de sodium.

- La solution contenant le complexe aurocyanure peut être traitée par cémentation (procédé Merrill-Crowe) à l'aide de zinc. L'or et l'argent se déposent sur les particules de Zn, qui attaquées par H2SO4 libèrent l'or et l'argent. Le métal obtenu (doré) contient jusqu'à 5 % d'impuretés métalliques. Les minerais riches en argent sont traités, de préférence, par ce procédé. De plus en plus, la fixation de l'or sur charbon actif est utilisée. 1 t de charbon statique peut adsorber 70 kg d'or. La solution d'ions aurocyanures et la pulpe ne sont pas séparés et passent dans des cuves contenant le charbon actif. Le temps de contact charbon-pulpe est de l'ordre de 1 h, le temps de séjour du charbon de plusieurs jours. L'or est récupéré en traitant le charbon par une solution chaude (70°C) à 1 % de NaOH et 0,1 % de NaCN. La solution obtenue contient quelques g d'or par litre. Le charbon est recyclé après chauffage à 600-750°C, à l'abri de l'air. L'or est récupéré par électrolyse. Il se dépose sur une cathode en laine de fer, puis est fondu. L'or obtenu est de haute pureté.

- La biolixiviation, par exemple avec thiobacillus ferro-oxydans, permet de transformer les sulfures en sulfates en libérant l'or ce qui rend la cyanuration plus efficace.

- La lixiviation en tas de minerais de faible teneur (moins de 1 g/t) utilise le même principe de formation d'un complexe cyanuré. Le traitement qui dure de quelques semaines à plusieurs mois pour des rendements de 40 à 85 % a été utilisé, par exemple à Rouez, en France.

- L'hydrométallurgie est également utilisée pour traiter les rejets d'anciennes laveries ou les stériles d'anciennes mines (par exemple à Salsigne, en France ou à grande échelle, en Afrique du Sud).

Extraction hydrométallurgique à l'aide de thiosulfate : le traitement par cyanuration présentant des risques lors de son utilisation ainsi que pour l'environnement, un traitement alternatif commence à être employé. Il consiste à complexer l'or par des ions thiosulfate, en présence de dioxygène, à pH compris entre 8 et 10, selon la réaction suivante :

4 Au + 8 S2O32- + O2 + 2 H2O = 4 [Au(S2O3)2]3- + 4 OH-

La présence d'ammoniac est favorable et la réaction est catalysée par des ions Cu(II). La concentration en ions thiosulfate doit être nettement plus importante que celle des ions cyanure : de 5 à 20 g/L au lieu de 0,25 à 1 g/L. Le thiosulfate d'or s'adsorbant faiblement sur le charbon actif il est nécessaire d'employer d'autres techniques de récupération, cémentation ou résines échangeuses d'ions.

La première exploitation industrielle a eu lieu, en 2014, à la mine de Goldstrike, aux Etats-Unis, dans le Nevada, exploitée par Barrick. Le traitement est réalisé à l'aide de thiosulfate de calcium. La récupération de l'or est effectué sur des résines échangeuses d'ions et les ions thiosulfate sont recyclés à l'aide d'une osmose inverse. La production prévue est de 11 à 14 t/an d'or.

Affinage :

- Le métal obtenu par cémentation est fondu et traité par Cl2 à 1150°C (procédé Miller). Les impuretés métalliques donnent des chlorures volatils ou liquides qui sont éliminés. L'or obtenu a un titre en général supérieur à 995/1000 et contient jusqu'à 0,35 % d'Ag. Il est coulé en barres de 12,5 kg.

- De l'or à 999,9/1000 peut être obtenu par affinage électrolytique à anode soluble (procédé Wohlwill). La cathode est en or pur, l'or à affiner constituant l'anode, l'électrolyte est une solution d'acide aurichlorhydrique (HAuCl4), les cellules sont en céramique.

 

RECYCLAGE :

Il est estimé mondialement à 1 209,6 t, en 2017, soit 27 % de la consommation. Il avait atteint un record, en 2009, de 1 728 t soit 42 % de la consommation. Il est alimenté, à 90 %, par les bijoux, les lingots et les monnaies et à 10 % par les déchets industriels, principalement ceux des équipements électriques et électroniques qui, actuellement, ne sont recyclés qu'à environ 20 %. Par exemple, les circuits imprimés de tablettes et de téléphones mobiles contiennent, en 2010, de 200 à 350 g d'or/t. Le contenu en or, platine et argent, en fin de vie d'un téléphone mobile, constituait, en 2010, 93 % de sa valeur.

Production d'or recyclé : en 2017, en tonnes. Monde : 1 209,6 t.

Chine 222,8 États-Unis 58,7
Inde 87,7 Egypte 55,4
Japon 70,4 Royaume Uni 41,9
Italie 69,2 Indonésie 38,6
Turquie 61,7 Russie 35,7
Source : Thomson Reuters, GFMS Gold Survey

Parmi les sociétés intervenant dans cette activité :
- Umicore, à Hoboken, en Belgique.
- Aurubis, en Allemagne, à Lünen et Hambourg, avec, en 2016/17, le traitement de 96 000 t de déchets d'équipements électriques et électroniques et une production de 42 t d'or et 1 071 t d'argent.
- Boliden, en Suède, à Rönnskär, avec une capacité de traitement de 120 000 t/an de déchets et en Finlande à Harjavalta. En 2017, la production est de 18 t d'or provenant aux 2/3 du recyclage et 551 t d'argent provenant pour 1/4 du recyclage.

Outre le recyclage, pour obtenir l'offre totale en or, il faut ajouter à la production minière éventuellement les ventes des réserves d'or des états et institutions internationales ainsi que celles des fonds de placement. En 2017, les exploitations minières ont fourni 72,9 % de l'approvisionnement en or, le recyclage 27,1 %, les ventes des fonds de placement ont été équilibrées par des achats.

 

SITUATION FRANÇAISE : en 2017.

- Production minière : 3,5 t dont 2,0 t en Guyane.
- Recyclage : 22,8 t.

Production totale des mines d'or françaises au XXème siècle : en kg.

Salsigne (11) de 1906 à 1991 90 000 Chéni (87) de 1921 à 1944 7 500
Châtelet (23) de 1905 à 1955 10 973 Rouez (72) de 1989 à 1995 2 800
La Bellière (49) de 1905 à 1952 10 400 Fau-Marié (87) de 1993 à 1996 1 116
Le Bourneix (87) de 1982 à 1995 10 120 La Fagassière (87) de 1928 à 1945 575
Lauriéras-Puits-Roux (87) 1988-96 9 380 La Petite-Fage (23) de 1957 à 1962 321
La Lucette (53) de 1905 à 1934 8 700 Beaune (87) de 1924 à 1931 288
Source : P.C. Guiollard, Les mines d'or et d'argent de Rouez, 1993

 

UTILISATIONS :

Consommations pour fabriquer des bijoux, monnaies et emplois industriels, en 2017, en tonnes, incluant de l'or recyclé. Monde : 2 841,3 t.

Inde 782,8 Italie 88,7
Chine 771,2 Corée du Sud 79,8
États Unis 145,0 Émirats Arabes Unis 55,7
Turquie 121,7 Afrique du Sud 51,7
Japon 99,6 Russie 46,4
Sources : Thomson Reuters, GFMS Gold Survey

- Sur la quantité totale d'or produite dans le monde, estimée à 190 000 t depuis la préhistoire, environ 186 200 t subsistent fin 2015. Les personnes privées en détiendraient 20,5 % sous forme de pièces et lingots, principalement en France (2 500 à 5 000 t), Inde, États-Unis, les banques centrales en détiendraient 16,6 %. 47,3 % de la production serait sous forme de bijoux et 15,7 % dans des applications industrielles.

Secteurs d'utilisation : en 2017, dans le monde, sur un total de 3 988 t :

Bijouterie 55,5 % Électronique 6,9 %
Investissements, lingots et monnaies 25,8 % Prothèses dentaires et médecine 0,7 %
Banques centrales 9,2 % Industries diverses 1,8 %
Sources : Thomson Reuters, GFMS Gold Survey

Propriétés : inaltérable à l'air et dans l'eau et le plus malléable et ductile de tous les métaux : 1 g peut s'étirer sur plus de 3 km ou donner une feuille de plus de 1 m2.

Alliages : la teneur en or est exprimée en millièmes (anciennement en carats) : 24 carats pour l'or pur, 18 carats (750/1000 en masse d'or), 14 carats (583/1000), 9 carats (375/1000), 8 carats (333/1000).

Les principaux alliages pour bijouterie commercialisés en France, contiennent 75 % en masse d'or, avec en plus :

Or jaune 12,5 % Ag, 12,5 % Cu Or gris 10 % Cu, 12,5 % Ni, 2,5% Zn
Or rose 9 % Ag, 16 % Cu Or rouge 4,5 % Ag , 20,5 % Cu

- Bijouterie : l'appellation plaqué or ne peut être légalement utilisée, en France, que si le titre est supérieur à 500 ‰ et l'épaisseur du revêtement supérieure à 5 micromètres pour l'horlogerie. Le plaquage est réalisé par électrolyse d'un bain Au-Cu-Cd en milieu cyanuré à pH 10-10,5 et à 60-65°C. La cathode est constituée par la pièce à plaquer et l'anode est en titane recouvert de platine.

Consommation de bijoux en or, incluant de l'or recyclé : en 2017, en tonnes. Monde : 2 214,4 t.

Inde 623,7 Corée du Sud 40,4
Chine 594,9 Hong Kong 40,1
États-Unis 144,7 Turquie 39,4
Émirats Arabes Unis 52,1 Indonésie 36,2
Iran 44,9 Russie 34,0
Sources : Thomson Reuters, GFMS Gold Survey

- Dorure : par exemple, la dorure du dôme de l'hôtel des Invalides à Paris a utilisé 550 000 feuilles d'or à 23,5 carats (98 % Au, 1 % Ag, 1 % Cu) de 0,2 micromètres d'épaisseur et de 60 cm2, soit 23 g d'or pour 1000 feuilles et, au total, 12,5 kg d'or.

- Réserves des banques centrales : en février 2018, en t, sur un total de 33 791 t.

États Unis 8 133 Russie 1 839
Allemagne 3 374 Suisse 1 040
Italie 2 452 Japon 765
France 2 436 Pays Bas 612
Chine 1 843 Inde 558
Sources : World Gold Council

Les réserves du FMI sont, en février 2018, de 2 814 t.

L'or a joué le rôle d'étalon monétaire de 1717 au 15 août 1971 avec la fin de la convertibilité du dollar en or. Son rôle s'explique moins par sa relative rareté, les gisements aurifères sont plus nombreux que ceux de nombreux autres éléments, que par son inaltérabilité aux agents atmosphériques. Entre 1959 et 1971, la couverture, par le stock d'or des Etats-Unis, des dollars émis est passée de 100 % à 13 %.

- Électronique : dans cette industrie, l'or est principalement déposé par électrolyse, afin d'assurer de bons contacts électriques.

- Dentisterie : l'or est employé pour son excellente résistance à la corrosion et sa biocompatibilité.

 

Bibliographie :

- C. Taubira-Delannon, L'or en Guyane, La Documentation Française, 2000.

- World Gold Council, 55 Old Broad Street, London EC2M 1RX, Royaume Uni.

- Thomson Reuters, 3 Times Square, New York, NY 10036, Etats-Unis.

- Chambre Syndicale de Fondeurs, Affineurs et Négociants en Métaux Précieux, 17 rue Hamelin, 75016 Paris.

- Gold in South Africa, février 2008.

- P. Blazy et A. Jdid, Techniques de l'Ingénieur, 2006.

- Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, La vie des sciences, 6 (1989) n°5.

- Interdisciplinary Science Reviews, n°3, volume 17, septembre 1992.

- P.C. Guiollard, Les mines d'or et d'argent de Rouez, 1993.

- La Recherche, n°265, mai 1994.

- Galvano-organo-traitement de surface, n°645, avril 1994.

- Gold Bulletin, 29 (1996) 137.

- Revue du Palais de la découverte, n°238, mai 1996.

 

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