Carbonate de calcium

 

Données atomiques
Données physiques
CARBONATE DE CALCIUM Données chimiques
Données thermodynamiques

 

ÉTAT NATUREL :

La teneur moyenne de l'écorce terrestre est de 4 % en carbonate de calcium.

- L'élément calcium est surtout présent dans la nature sous forme carbonatée, CaCO3, principalement sous forme de calcite ou d'aragonite, dans des roches calcaires (qui par définition contiennent plus de 50 % de CaCO3), des dolomies, qui contiennent de la dolomite, (Ca,Mg)CO3, des marnes, qui contiennent de la calcite et de l'argile.
Les principaux autres composés naturels du calcium : sulfate de calcium (gypse), principalement utilisé dans la fabrication du plâtre, phosphates de calcium, principalement utilisés par l'industrie des engrais et fluorure de calcium, sont traités dans les chapitres correspondants.

- Calcaires particuliers : craie (contenant de 90 à 98 % de CaCO3), castine (fondant utilisé en sidérurgie, métallurgie, verreries…), stalactites, stalagmites, marbre (formé par transformation métamorphique du calcaire)...

- Les dépôts de calcaire abondent presque partout dans le monde où ils représentent 20 % des roches sédimentaires. Le calcaire est extrait, généralement, à ciel ouvert.

 

PRODUCTIONS DE CALCAIRE :

C'est, dans le monde, la 2ème industrie extractive, en tonnages, après celle du sable et des graviers.

- Aux États-Unis, en 2014, la production de calcaire concassé a été de 829 millions de t, celle de dolomie concassée de 41,7 millions de t, celle de marbre concassé de 7,4 millions de t, celle de marnes de 2,3 millions de t, celle de pierre de taille calcaire de 1,04 million de t et celle de marbre de 45 700 t, dans environ 2 160 carrières.
La production de calcaire et de dolomie représente, en 2015, 70 % de la production de pierre concassée, à côté du granit, 13 %.

- En France, en 2012, la production est de plus de 140 millions de t.

On distingue les granulats utilisés après concassage dans les travaux publics, les bétons, du calcaire utilisé comme amendement et de celui de qualité chimique qui est produit selon deux voies, l'une chimique pour le carbonate de calcium précipité, l'autre, à partir de calcaire naturel de grande pureté, finement broyé.

Carbonate de calcium de qualité chimique :

Carbonate de calcium précipité (PCC) : CaCO3 est également produit synthétiquement, en quantités nettement moins importantes, par précipitation de lait de chaux purifié à l'aide de CO2 selon la réaction :

Ca(OH)2 + CO2 = CaCO3 + H2O

Le lait de chaux et le dioxyde de carbone sont obtenus à partir de carbonate de calcium naturel (calcaire) (voir ci-dessous le chapitre oxyde et hydroxyde de calcium).

Il peut être également produit à partir de lait de chaux et de carbonate de sodium naturel dans des pays, par exemple les États-Unis, qui possèdent de tels gisements. Dans ce dernier cas, de l'hydroxyde de sodium est également produit selon la réaction suivante :

Ca(OH)2 + Na2CO3 = CaCO3 + 2 Na+ + 2 OH-

Le produit obtenu, plus pur que le produit naturel, est principalement utilisé dans l'industrie papetière comme charge blanche des papiers et matériau de couchage.

Producteurs :

- La société nord américaine Minerals Technologies, avec une production annuelle de 4 millions de t, est leader mondial avec 59 usines implantées dans le monde sur les sites des industries papetières dont 3 en France à Alizay (27) dans l'usine Double A Paper Company, Docelles (88) dans l'usine UPM et Saillat sur Vienne (87) dans l'usine d'International Paper Company. Par ailleurs, 2 usines sont situées hors sites papetiers, aux Etats-Unis, à Adams, dans le Massachusetts et au Royaume Uni à Lifford.
- La société Omya (Suisse) est n°2.
- Le groupe français Imerys est n°3 en exploitant 17 usines de fabrication de carbonate de calcium précipité (5 en Europe, 9 en Amérique - Argentine, Brésil, États-Unis, 3 en Asie - Chine, Inde, Indonésie. A acquis, en 2015, les activités de Solvay dans le carbonate de calcium précipité avec ses 4 usines en Europe, Egensee (Autriche), Lostock (Royaume Uni), Rheinberg (Allemagne) et, en France, Salin-de-Giraud (13) avec 50 000 t/an.
- La société allemande Schaeffer Kalk produit 400 000 t/an avec en particulier une usine en France, à Publier (74).

Carbonate de calcium naturel finement broyé (GCC) : le carbonate de calcium précipité est concurrencé par le calcaire pur finement broyé (GCC). Ses principales utilisations concernent, en Europe de l'Ouest, l'industrie papetière où les papiers contiennent jusqu'à 28 % de charge blanche. Au Japon, le principal marché est celui des matières plastiques. Le n°1 mondial est le groupe suisse Omya, le n°2, le groupe français Imerys avec une production de 2 millions de t/an dans 26 usines dont 6 en Europe, 6 en Amérique et 13 en Asie.

 

SITUATION FRANÇAISE :

Granulats de calcaire concassé :

- Production de 95,7 millions de t, en 2014.

Calcaire pour la fabrication de liants hydrauliques : hors granulats pour bétons.

- Production de 15,8 millions de t, en 2014.

Calcaire pour la fabrication de la chaux :

- Production estimée à 11 millions de t, en 2013.

Calcaires industriels : productions, en 2014.

- Castines pour la sidérurgie et diverses industries : 3 381 000 t.
- Amendements agricoles : 1 128 000 t.
- Chimie et pharmacie : 1 007 000 t.
- Industries agroalimentaires : 446 000 t.
- Autres usages : 1 810 000 t.

Pierres calcaires et marbres : en 2014.

- Extraction : 418 300 m3.
- Producteurs : Rocamat, n°1 mondial, qui exploite, en France, 30 carrières

Commerce extérieur : en 2015.

Castines et pierres à chaux :
- Exportations : 559 213 t à 67 % vers le Luxembourg, 29 % l'Allemagne.
- Importations : 119 288 t à 95 % de Belgique
.

Dolomie crue :
- Exportations : 13 501 t à 37 % vers la Côte d'Ivoire, 9 % le Cameroun, 9 % la Belgique.
- Importations : 165 976 t à 44 % de Belgique, 35 % d'Allemagne, 10 % d'Espagne, 9 % d'Italie.

Dolomie calcinée ou frittée :
- Exportations : 3 818 t à 92 % vers la Belgique.
- Importations : 161 948 t à 81 % de Belgique, 12 % d'Italie.

Craie :
- Exportations : 513 415 t à 47 % vers la Belgique, 30 % l'Allemagne, 14 % les Pays Bas.
- Importations : 74 908 t à 59 % de Belgique, 23 % de Norvège, 8 % l'Espagne.

Marbre :
- Exportations : 6 149 t à 43 % vers l'Italie, 42 % la Chine.
- Importations : 2 402 t à 30 % d'Italie, 30 % du Portugal, 16 % d’Égypte, 15 % l'Espagne.

Producteurs :

CMF Products a été créé, en 2015, après l'achat par Omya des activités de Carmeuse France dans le carbonate de calcium. Les usines issues de Omya sont situées à Saint-Béat (31), Salses le Château (66), Orgon (13), Etival Clairefontaine (88), Omey (51), Sainte Croix de Mareuil (24) et Entrain-sur-Nohain (58), celles issues de Carmeuse France, à Orthez (64), Saint Porchaire (17), Carlencas (34), Verfeuil (30), Montoir (44), Lanester (56), Audierne (29), Châteaupanne (49), Les Aucrais (14), Ecuelles (77), Bois Bernard (62), Void (55).

- Meac (filiale de Omya), spécialisée dans les amendements calcaires, à Noguères (64), La Tour Blanche (24), Saint Césaire (17), Sillars (86), Erbray (44), Ecouché (61), Saint Maur (36), Villeau (28), Maxey sur Vaise (55) et Gy (70).
- Imerys à Villers sous Saint Leu (60), Axat (11).
- Samin, filiale de St Gobain, à Chatillon-en-Michaille (01), Chanac (48) et Les Pennes-Mirabeau (13).
- Provençale S.A à Brignoles (83), Espira de l'Agly (66) et Pouzihac (30).
- Timac, filiale du groupe Roullier spécialisé dans les amendements à Saint Malo (35) et Voisey (52).
- Groupe CB, avec les Carrières du Boulonnais, à Ferques (62) qui produisent 6 millions de t/an, les Carrières du Bassin de la Sambre à Limont-Fontaine (59), avec 900 000 t/an et les carrières Blanc à Izernore (01).

 

UTILISATIONS

La principale utilisation du calcaire est la construction.

Aux États-Unis, en 2014, le calcaire a été utilisé à 75 % en construction, 14 % pour la fabrication du ciment, 9 % dans celle de la chaux, 2 % comme amendement agricole, 2 % dans la désulfuration de fumées.

Utilisations particulières :

- Source de CO2 : par exemple dans la fabrication de Na2CO3 selon le procédé Solvay. Le carbonate de sodium est utilisé, en particulier, dans l'industrie verrière.

- Sidérurgie : CaCO3, appelé castine est ajouté, comme fondant, au minerai et au coke dans le gueulard du haut fourneau, afin de faciliter la fluidité du laitier, par formation de silicates ou silicoaluminates de calcium.

- Amendement agricole : sous forme de CaCO3 (apport compté en CaO). Permet d'apporter les ions Ca2+ consommés par les récoltes (50 kg de CaO par hectare de blé, 300 kg/ha de luzerne), de diminuer l'acidité des sols (pour augmenter le pH de 0,5 unité, il faut apporter, pour une terre sableuse de 800 à 2 000 kg de CaCO3/ha) et d'améliorer le travail du sol.

- Désulfuration : introduit, finement broyé, avec le charbon lors de sa combustion dans des centrales thermiques. Permet d'éliminer jusqu'à 95 % du soufre qui serait émis sous forme de SO2, voir les chapitres dioxyde de soufre et gypse.

- Charge et produit de couchage des papiers à l'aide de carbonate de calcium précipité (PCC) ou naturel, finement broyé (GCC). Dans cette application, le carbonate de calcium est en concurrence avec le kaolin, le talc, le dioxyde de titane.

- Pigment blanc pour peintures, matières plastiques, caoutchoucs, films, joints et adhésifs.

- Dans des fluides de forage.

- La dolomie est utilisé comme matériau réfractaire dans la construction de fours. Après chauffage vers 1400°C comme revêtement basique de poches d'affinage en sidérurgie et sous forme de briques réfractaires de dolomie frittée par chauffage à 1900-2000°C.

 

Données atomiques
Données physiques
OXYDE DE CALCIUM Données chimiques
Données thermodynamiques
Données atomiques
Données physiques
HYDROXYDE DE CALCIUM Données chimiques
Données thermodynamiques

 

FABRICATION INDUSTRIELLE :

L'oxyde de calcium (chaux vive) est obtenu par calcination du calcaire, entre 900 et 1400°C (une température basse donne une chaux plus réactive) dans différents types de fours :

- des fours verticaux (les plus employés en France, avec 90 % des utilisations, jusqu'à 30 m de haut, 7 m de diamètre), les fours étant souvent regroupés par batterie de 4 fours avec une capacité de production par four pouvant atteindre 150 t/jour. La consommation d'énergie est comprise entre 3,6 et 4,5 GJ/t de chaux. Ils présentent l'inconvénient de ne pas pouvoir traiter les pierres les plus fines, comprises entre 10 et 60 mm, qui boucheraient le four.

- des fours rotatifs (proches de ceux utilisés en cimenteries) avec des capacités de production pouvant atteindre 1 800 t/j. Leur fonctionnement est entièrement continu, le temps de séjour de la charge étant de 6 à 8 heures. La consommation d'énergie est comprise entre 5,5 et 9 GJ/t. Ils peuvent traiter les pierres fines de 10 à 60 mm.

Le calcaire enfourné dans le four (en anglais, le calcaire est dénommé "limestone" : pierre à chaux) a une granulométrie comprise entre 60 et 150 mm pour les fours verticaux et 10 et 150 mm pour les fours rotatifs. Il faut, en moyenne, 3,5 t de calcaire extrait pour produire une tonne de chaux. Cette calcination est une source importante de CO2 (par exemple pour le procédé Solvay de fabrication de Na2CO3).

CaCO3 = CaO + CO2

La chaux vive obtenue est un solide poreux, avec une porosité qui peut varier de 25 à 55 %. Elle doit être stockée à l'abri de l'humidité (voir ci-dessous) et à l'abri de l'air car l'humidité atmosphérique donne de l'hydroxyde qui en présence du dioxyde de carbone atmosphérique donne du carbonate et libère de l'eau qui éteint d'autant plus la chaux vive.

Les fours sont toujours situés près des carrières d'extraction du calcaire. Une partie importante de la production est réalisée directement par les industries utilisatrices telles que les sucreries, les papeteries, quelques usines sidérurgiques. En France, ces productions intégrées ne sont pas prises en compte par les statistiques de la profession.

L'hydroxyde de calcium (chaux éteinte) est obtenu par addition d'eau à la chaux vive dans des hydrateurs de 8 à 20 t/h. La quantité d'eau ajoutée est ajustée de façon à obtenir la chaux éteinte sous forme d'une poudre sèche. Par tonne de CaO, il faut 0,3 m3 d'eau pour l'hydratation et par ailleurs, de 0,3 à 0,4 m3 est évacué en vapeur. La température atteinte est de 110°C.

CaO + H2O = Ca(OH)2 DH° = - 65,5 kJ/mole

La réaction est réversible et par chauffage au-dessus de 100°C, l'hydroxyde peut redonner de l'oxyde sauf s'il s'est formé du carbonate, dans ce cas une température plus élevée, vers 900°C, est nécessaire. L'extinction de la chaux vive se produit avec une forte expansion volumique d'environ un facteur 2,5.

Schéma du procédé de fabrication sur le site de Lhoist.

Différents types d'oxydes et hydroxydes de calcium :

- Chaux grasses (> 90 % de CaO) : elles sont obtenues à partir de calcaire pur (> 95 % de CaCO3). Elles donnent de l'onctuosité aux mortiers lorsqu'elles sont utilisées en construction.

- Chaux maigres : elles sont obtenues à partir de calcaire moins pur.

Utilisées en construction, ces chaux (appelées chaux aériennes) peuvent fixer le CO2 de l'air pour redonner du carbonate de calcium selon la réaction :

Ca(OH)2 + CO2 = CaCO3 + H2O

- Chaux hydrauliques naturelles : obtenues à partir de calcaire contenant jusqu'à 22 % d'argile qui lors de la calcination donne des silicates et aluminates de calcium faisant prise par hydratation, selon les mêmes réactions que la prise d'un ciment (voir le chapitre ciments).

- Chaux magnésiennes (5 % < MgO < 34 %) ou dolomitiques (34 % < MgO < 41,6 %) obtenues à partir de calcaire magnésien ou de dolomie. Elles contiennent MgO ou Mg(OH)2 après hydratation.

Eau et lait de chaux :

- L'eau de chaux est obtenue par dissolution, juste avant saturation, d'hydroxyde de calcium dans l'eau, la solubilité de l'hydroxyde étant, à 20°C, de 0,125 g pour 100 g de solution. Son pH est de 12,4, à 25°C. Une solution fraîchement préparée est limpide, elle se trouble au cours du temps par dissolution du dioxyde de carbone atmosphérique et précipitation de carbonate de calcium.

- Le lait de chaux est une solution saturée d'hydroxyde de calcium contenant, en suspension, un excès d'hydroxyde.

 

PRODUCTIONS : en 2015, en millions de t de CaO et Ca(OH)2. Monde : 350, Union européenne, 2014 : 28,5.

Chine 230 Allemagne 6,9
Etats Unis 19,0 Corée du Sud 5,0
Inde 16,0 Turquie 4,3
Russie 11,0 France 3,8
Japon 9,3 Ukraine 3,5
Brésil 8,3 Italie 3,5
Source : USGS et Statistics Japan

Aux États-Unis, le maximum de production a été atteint, en 2006, avec 21 millions de t. La production est assurée dans 77 usines par 31 sociétés dont 11 avec une production captive destinée à la purification du sucre ou à la sidérurgie. En 2014, la chaux vive a représenté 14,0 millions de t, la dolomie calcinée, 2,7 millions de t, la chaux éteinte, 2,2 millions de t, la dolomie éteinte, 0,3 million de t et la dolomie frittée, 0,2 million de t.

Dans l'Union européenne, il y a environ 200 sites de production.

Producteurs :

Carmeuse, groupe belge qui possède dans le monde 90 sites de production avec une production de 33 millions de t/an de calcaire et 13 millions de t/an de chaux. C'est le premier producteur américain, avec la société Carmeuse Lime & Stone, qui exploite 14 carrières de calcaire donnant 12 millions de t de carbonate de calcium de qualité chimique, 15 millions de t de granulats et 16 usines de chaux produisant 7 millions de t. Le groupe exploite 15 sites en France avec une production de 1,6 million de t.

Le groupe belge Lhoist exploite 90 usines en Europe et est le second producteur américain avec la société Lhoist North America. En France, le groupe exploite 17 sites.

Le groupe Graymont (Canada) est le 3ème producteur nord-américain avec 9 usines de production de chaux aux Etats-Unis, 9 au Canada, 17 au Mexique et 1 au Honduras en association avec le groupe Calindra.

 

SITUATION FRANÇAISE : en 2015

- Production : 3,8 millions de t.

Commerce extérieur :

Chaux vive :
- Exportations : 716 057 t à 45 % vers l'Allemagne, 32 % la Finlande, 9 % la Belgique.
- Importations : 414 173 t à 40 % d'Espagne, 40 % de Belgique, 12 % d'Allemagne.

Chaux éteinte :
- Exportations : 26 522 t à 25 % vers la Suisse, 16 % l'Italie, 15 % l'Espagne.
- Importations : 88 806 t à 36 % d'Espagne, 25 % de Belgique, 23 % d'Allemagne, 13 % du Royaume Uni.

Chaux hydraulique :
- Exportations : 23 684 t à 33 % vers le Royaume Uni, 18 % l'Italie, 14 % la Turquie, 10 % la Belgique.
- Importations : 5 020 t à 85 % d'Allemagne.

Les 3 usines les plus importantes situées près des centres sidérurgiques - Réty près de Dunkerque, Dugny en Lorraine, Châteauneuf les Martigues près de Fos-sur-Mer - écoulent sur ce marché 36 % de la production française.

- Une partie de la chaux, chaux captive, (environ 30 % de la production) peut être produite directement par les utilisateurs dans les industries sucrières, les papeteries, la sidérurgie, les industries chimiques.

Producteurs : appelés chaufourniers.

- Lhoist, à Dugny (55), Réty (62), Sorcy (08), Boran (60), Neau (53), Saint Gauthier (36), Gannat (03), Terrasson (24), Sauveterre-la-Lémance (47), Carmaux (81), Bertholène (12), Poliénas (38), Sassenage (38), La Buisse (38), Ensuès la Redonne (13), Châteauneuf les Martigues (13), Robion (84).

- Le groupe Pigeon à Vaiges (53), avec une capacité de production de 65 000 t/an.

- Les Établissements Bocahut à Avesnes (59), Les Chaux d'Augmontel (81), le Groupe Saint Hilaire à Trept (38), Les Établissements Jany-Auriol à Dénat (81), SEE Bruyères à Saint Front la Lémance (47).

- Carmeuse, à Bois Bernard (62) possède un site d'hydratation de la chaux.

Sites de production français de chaux, adhérents à l'Union des Producteurs de Chaux

 

UTILISATIONS :

Consommations : en 2015, la consommation des États-Unis est de 19 millions de t, dont, en 2014, 16,8 millions de t pour la chaux vive et 2,47 millions de t pour la chaux éteinte. Les usages captifs ont été de 1,34 million de t.

Par secteur d'utilisation : chaux vive et éteinte

 
France*
États-Unis
en 2014
 
France
États-Unis
en 2014
Sidérurgie
36,5 %
30,2 %
Traitement de l'eau
8,8 %
7,5 %
Travaux publics
18,1 %
7,3 %
Bâtiment
4,5 %
1,6 %
Agriculture
12,5 %
0,4 %
Traitement des fumées
3,3 %
20,6 %
Industries diverses
9,9 %
28,5 %
-
-
Source : Union des Producteurs de Chaux et USGS

*En année moyenne, hors productions intégrées (sucreries…).

La chaux éteinte est utilisée dans les travaux publics pour la stabilisation des sols et comme ajout au bitume, dans le traitement des eaux et des effluents gazeux, ainsi que dans le bâtiment pour la réalisation d'enduits. Aux États-Unis, en 2014, les travaux publics et la construction ont représenté 36,8 % de la consommation de chaux éteinte, la chimie et diverses industries, 27,8 %, l'environnement, 16,5 %, le traitement de l'eau, 14,9 %. L'hydroxyde de calcium est également employé pour produire le carbonate de calcium précipité (voir ci-dessus la partie concernant ce produit).

La chaux magnésienne est principalement utilisée dans l'amendement des sols.

Utilisations diverses :

- Sidérurgie : dans les convertisseurs forme avec les impuretés des scories liquides et ainsi diminue dans les aciers les teneurs en silicium et phosphore (en donnant des silicates et phosphates de calcium) ainsi que celles de soufre et manganèse. La consommation est de 40 à 100 kg de CaO par t d'acier.

- Métallurgie : utilisée dans le procédé Bayer de fabrication de l'alumine à partir de bauxite : elle permet de régénérer la soude et d'éliminer la silice, ainsi que pour extraire Mg2+ à partir de solutions de chlorure de magnésium (voir le chapitre magnésium). Utilisée (1 à 3 kg/t de minerais) au cours de la flottation des minerais sulfurés pour ajuster le pH, elle est aussi un agent dépresseur de la pyrite : elle permet de faire flotter sélectivement la chalcopyrite et la blende. Elle est également utilisée lors de la lixiviation cyanurée des minerais d'or afin de maintenir en permanence un pH basique et éviter ainsi les dégagements de HCN.

- Constructions routières : pour stabiliser et assécher les sols, particulièrement les sols argileux : 10 à 30 kg/m2. CaO fixe l'eau lors de son hydratation et en élimine une partie par évaporation suite à l'élévation de température liée à la réaction d'hydratation. Également comme ajout (filler) dans le bitume.

- Construction : sous forme de chaux hydraulique. Représente la principale utilisation de la chaux en Allemagne et en Italie. En France, les utilisations dans ce secteur, sont très réduites.

- Traitement des eaux :

- de consommation et de chauffage : pour décarbonater les eaux trop dures, par précipitation de CaCO3, et ajuster le pH.
- usées : le chaulage stabilise les boues résiduaires des stations d'épuration, détruit la plupart des germes pathogènes, diminue les odeurs, précipite, sous forme d'hydroxydes insolubles, les métaux lourds et sous forme de phosphate de calcium, peu soluble, les phosphates. Utilisation de 50 à 200 kg de CaO/t de boue déshydratée. La solidification de la boue dure de 2 à 5 jours. Les boues, à forte teneur en chaux, peuvent être utilisées comme amendement calcique en agriculture ou mises en décharge.

- Traitement des effluents gazeux : fixation du SO2, de HCl (emploi, en 2007-09, en France, de 60 000 à 85 000 t) et HF des gaz de combustion (voir également le chapitre dioxyde de soufre). Plus de 90 % des procédés actuels utilisent la chaux ou ses dérivés comme produit de traitement.

- Par injection de CaO ou CaCO3, dans les flammes ou dans le lit fluidisé de combustion.
- Par traitement des fumées après combustion, principalement à l'aide de Ca(OH)2, injecté à sec ou par lavage des gaz avec du lait de chaux.

Ca(OH)2 + SO2 = CaSO3 + H2O

CaSO3 + 1/2 O2 = CaSO4

Le sulfogypse ainsi obtenu peut être utilisé, à la place du gypse naturel, pour fabriquer du plâtre (au Japon, Allemagne, Pays-Bas, Belgique), voir le chapitre sulfate de calcium.

- CaO est également utilisé pour fixer le chlorure d'hydrogène des gaz d'incinération des ordures ménagères et des déchets industriels. Les ordures ménagères donnent de 700 à 2 000 mg de HCl/m3 de gaz de combustion. Les valeurs limites des teneurs en éléments polluants sont de 300 mg/m3 d'air pour SO2, 50 mg/m3 pour HCl et 2 mg/m3 pour HF. La fixation de HCl donne du chlorure de calcium selon la réaction :

Ca(OH)2 + 2 HCl = CaCl2 + 2 H2O

Dans le cas de l'incinération des ordures ménagères, la consommation de CaO est de 7 à 14 kg/t d'ordure.

- Amendement agricole : la chaux vive, éteinte ou magnésienne permet lors de son apport appelé chaulage :

- Chimie : utilisée en pétrochimie et pour fabriquer le carbure de calcium, le carbonate de calcium précipité, l'hypochlorite de calcium...

- Obtention de pH basiques pour la flottation des minerais, le traitement des eaux...

- Sucreries : permet par floculation de précipiter les impuretés en donnant des sels de Ca2+ insolubles. Utilisation de 32 kg de CaO/t de betterave.

- Pâte à papier (pâte au sulfate pour papier kraft) : pour régénérer la solution de soude et de sulfate de sodium qui se transforme en carbonate de sodium lors de la séparation de la cellulose. Utilisation de 270 kg de CaO/t de papier.

 

Bibliographie :

- The European Calcium Carbonate Association, IMA-Europe, Rue des deux églises, 26, Box 2, B-1000 Bruxelles, Belgique.

- G. Martinet et P. Souchu, "La chaux, définitions et histoire", Techniques de l'Ingénieur, 2009.

- G. Herrier, M. Pelletier, D. Puiatti, "Chaux aériennes", Techniques de l'Ingénieur, 2010.

- X. Guillot, E. Roque, "Chaux hydrauliques", Techniques de l'Ingénieur, 2010.

- La Chaux, ses utilisations, Techno-Nathan, 1990.

- Association Internationale de la Chaux (ILA), Annastrasse, 67-71, 50968 Cologne, Allemagne.

- National Lime Association, 200 north Glebe Road, Suite 800, Arlington, 22203 Virginie, États-Unis.

- Union des producteurs de chaux, 3 rue Alfred Roll, 75849 Paris Cedex 17.

- Unicem, 3 rue Alfred Roll, 75849 Paris Cedex.

 

© Société Chimique de France