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Appelés également gaz nobles, car ils sont très peu réactifs, ce sont : par ordre de teneur décroissante dans l'atmosphère (voir la composition de l'air dans le chapitre consacré au dioxygène) : l'argon, le néon, l'hélium, le krypton, le xénon et le radon, ce dernier étant radioactif. Ils sont, sauf pour l'hélium et le radon, extraits de l'air.

 

N2

O2

H2

Ar

Ne

He

Kr

Xe

Rn

Teneur de la croûte terrestre en ppm en masse

19

46.104

9.103

4.10-2

7.10-5

3.10-3

   

1,7.10-10

Température d'ébullition sous 1,013 bar (°C)

-195,8

-183,0

-252,8

-185,9

-246,1

-268,9

-153,3

-108,1

- 62

Masse volumique des gaz en kg.m-3

1,251

1,429

0,090

1,784

0,888

0,178

3,736

5,887

9,73

 

Données atomiques
Données physiques
ARGON Données chimiques
Données thermodynamiques

 

Sa teneur dans l'atmosphère de 1,29 % en masse en fait un gaz relativement abondant.

Fabrication industrielle :

Une unité cryogénique de séparation des gaz de l'air produisant plus de 1 000 t/jour de O2, peut produire plus de 50 t/jour d'argon. Un mélange riche en argon (10 %), prélevé dans la colonne basse pression, est envoyé dans une colonne auxiliaire de 150 plateaux théoriques donnant de l'argon pur contenant 1 ppm de dioxygène (voir le chapitre dioxygène). Actuellement, près de 90 % de l'argon contenu dans l'air liquéfié est récupéré.

Production :

La production de l'Union européenne est, en 2015, de 876,4 millions de m3. Par pays, en millions de m3.

Allemagne 225 Pologne 52
Pays Bas 86 Italie 41
Belgique 72 République tchèque 30
Espagne 66 Finlande 23
Source : Eurostat

Les productions du Royaume-Uni et de la France (59 millions de m3 en 2012) sont confidentielles.

- Exportations françaises, en 2015 : 7,99 millions de m3 vers l'Allemagne à 38 %, l'Espagne à 27 %, le Royaume Uni à 13 %, la Tunisie à 8 %.

- Importations françaises, en 2015 : 34,64 millions de m3 à 52 % de Belgique, 21 % d'Allemagne, 21 % des Pays Bas.

En France, la première production industrielle d'argon date de 1914.

Utilisations : comme gaz inerte.

- Gaz de dilution dans l'élaboration de l'acier inoxydable selon le procédé AOD (Argon-Oxygène-Décarburation).

- Atmosphère protectrice lors des traitements thermiques de métallurgie, lors du soudage des aciers inoxydables, de l'aluminium, du magnésium, du titane

- Gaz de dégazage et de désulfuration des bains d'acier, en sidérurgie.

- Gaz vecteur en chromatographie et pour le silane lors de l'élaboration de dépôts de silicium par croissance épitaxique.

- Gaz de remplissage des lampes à incandescence, des tubes luminescents et fluorescents.

- Un agent extincteur (Inergen®) à base de 52 % de N2, 40 % de Ar et 8 % de CO2 est utilisé, en remplacement des halons (1301 (CF3Br) et 1211 (CF2BrCl)) dont la production est interdite depuis fin 1993 par le protocole de Montréal. Ces halons étaient utilisés contre les incendies dans l'aviation (moteurs, postes de pilotage), les salles de machines électriques ou électroniques (ordinateurs). En remplacement de ces halons, l'heptafluoropropane (CF3CHFCF3 ou HFC 227) est également utilisé. Par exemple, le porte-avions Charles de Gaulle est protégé par 4,5 t de ce dernier produit.

Fabrication industrielle : lors de la distillation des gaz de l'air, il n'est pas condensé et se retrouve (avec l'hélium) au sommet de la colonne moyenne pression, avec le diazote (voir le chapitre dioxygène). Par condensation fractionnée, sa concentration passe de 2 000 ppm à 65-70 %. Il est ensuite purifié.

Productions :

La production de gaz rares hors argon, en 2015 dans l'Union européenne, est de 400 millions de m3 dont 14,4 millions de m3 en France.

- Exportations françaises de néon, krypton et xénon, en 2015 : 229 904 m3 vers l'Allemagne à 69 %, la Chine à 13 %, l'Espagne à 7 %.

- Importations françaises de néon, krypton et xénon, en 2015 : 795 817 m3 à 42 % d'Allemagne, 42 % d'Autriche, 10 % de Belgique.

Utilisations : principalement pur ou mélangé avec de l'argon, dans des tubes luminescents d'enseignes lumineuses. Le néon est également utilisé dans des lampes témoin à décharge. Les tubes appelés improprement "au néon" sont des tubes fluorescents qui renferment en général de l'argon (mais pas de néon), avec de la vapeur de mercure.

- comme gaz porteur en chromatographie.

- avec l'hélium, dans les lasers à gaz.

- avec le dihydrogène dans des chambres à bulles.

 

Données atomiques
Données physiques

HÉLIUM

Données chimiques
Données thermodynamiques

 

C'est, après l'hydrogène (76 % en masse), le 2ème élément le plus répandu de l'univers (23 % en masse). Sur terre, il provient des particules alpha (He2+) produites par la désintégration d'éléments radioactifs ainsi que des rayons cosmiques. Sur terre, environ 3 000 t d’hélium sont ainsi produites annuellement.
La teneur de l’atmosphère terrestre est de 5 ppm.
Il est également présent dans des gisements de gaz naturel qui peuvent contenir jusqu'à 7 % d'hélium. Ces gisements sont situés aux États-Unis, au Canada, dans la province du Saskatchewan, en Algérie, en Russie, au Qatar, en Australie, en Azerbaïdjan, au Kazakhstan, en Pologne.

Sources industrielles d’hélium : l’hélium est récupéré à partir de gisements de gaz naturel pour lesquels trois situations peuvent se présenter :
- L’hélium est récupéré comme sous-produit lors de l’extraction du gaz naturel et du traitement de celui-ci. Pour être économiquement rentable, la teneur du gaz naturel doit être supérieure à 0,3 % d’hélium. C’est le cas du gisement de gaz naturel d’Hugoton Basin, entre les Etats du Texas, de l’Oklahoma et du Kansas, aux États-Unis, découvert en 1927, qui a une teneur comprise entre 0,3 et 2,7 % d’hélium.
- L’hélium est directement récupéré de gisement gazeux, par exemple de dioxyde de carbone, si sa teneur est également supérieure à 0,3 %. C’est, par exemple, le cas du gisement de Riley Ridge, à La Barge, dans le Wyoming, aux États-Unis, découvert en 1962 par Mobil et exploité depuis 1986 par ExxonMobil, qui contient 66,5 % de dioxyde de carbone, 20,5 % de méthane, 7,4 % de diazote, 5 % de sulfure d’hydrogène, 0,6 % d’hélium. Le dioxyde de carbone extrait est réinjecté dans le gisement afin d’accroître la production de pétrole et de gaz naturel.
- L’hélium est récupéré lors de la liquéfaction du gaz naturel. Dans ce cas, le teneur du gaz naturel en hélium peut être plus faible, par exemple 0,05 % au Qatar. Des unités de récupération de l’hélium sont ainsi associées à des usines de liquéfaction de gaz naturel, en Algérie, au Qatar, en Australie.

Fabrication industrielle :
Lorsque l’hélium est présent à des teneurs élevées, il est d’abord récupéré sous forme d’un gaz brut contenant de 50 à 70 % d’hélium qui est ensuite raffiné.

- Obtention du gaz brut : les impuretés, l'eau, le dioxyde de carbone, le mercure et le sulfure d’hydrogène sont extraits par absorption dans des solvants ou adsorption puis, les hydrocarbures à poids moléculaire élevé sont fixés sur un lit de charbon actif et enfin, le méthane est extrait par distillation cryogénique. Le gaz brut obtenu contient du diazote comme principale impureté ainsi que du méthane, de l’argon, du néon et du dihydrogène. La teneur de ce dernier doit, pour le système de stockage du gaz brut des États-Unis, être inférieure à 20 ppm.

- Raffinage : le gaz brut est refroidi à une température inférieure à -196°C, afin de condenser le diazote et le méthane restant. Le gaz obtenu contenant environ 90 % d’hélium est brûlé, en présence d’air enrichi en dioxygène, sur catalyseur, pour éliminer le dihydrogène, en formant de l’eau. Enfin, une purification par le procédé PSA (Pressure Swing Adsorption, voir le chapitre azote) d’adsorption sur charbon actif donne de l’hélium à 99,99 %, la principale impureté résiduelle étant le néon, qui après une distillation cryogénique peut atteindre une teneur de 99,9999 %.
Lorsque l’hélium est récupéré lors de la liquéfaction du gaz naturel, seules les dernières étapes, après la distillation cryogénique du méthane, sont mises en œuvre.

Historique de la production industrielle d’hélium aux États-Unis :
La première mise en évidence d’hélium dans le gaz naturel a été, en 1903, dans un forage pétrolier à Dexter, dans le Kansas. L'exploitation de l'hélium de l’important gisement de gaz naturel d’Hugoton a permis aux États-Unis de détenir pendant longtemps un quasi monopole de production.


Source : Selling the Nation’s Helium Reserve.


Après une faible utilisation dans des ballons captifs, lors de la première guerre mondiale, puis dans un dirigeable, le C-7 de la marine américaine, en 1921, la production s’est surtout développée pendant la 2ème guerre mondiale pour gonfler les aérostats utilisés par la marine américaine dans la détection de sous-marins pour protéger les convois de navires.
Du fait des besoins militaires, l’Etat américain a contrôlé depuis 1925 sa production d’hélium, ce contrôle se poursuivant pendant la guerre froide afin d’alimenter les besoins américains pour les fusées de la conquête spatiale et les recherches scientifiques. A cette fin, les producteurs américains de gaz naturel ont été incités, en 1960, à en extraire l’hélium et à le vendre à l’Etat qui a ainsi constitué une réserve stratégique dans le gisement de Cliffside, situé près d'Amarillo, au Texas. Cette réserve, dénommée Bush Dome Reservoir est alimentée par l’Helium pipeline, long de 425 miles, qui collecte le gaz brut, contenant de 50 à 70 % d’hélium, produit par les 9 usines privées raccordées. Le système mis en place par l’Etat américain est géré par une agence du département de l’intérieur : le BLM (Bureau of Land Management). La demande ne suivant pas la production, le stockage est interrompu en 1973 puis, à compter de 1996, un processus de privatisation et de vente du gaz accumulé a été enclenché. Le gaz stocké a la composition suivante : hydrocarbures : 46 %, hélium : 28 %, diazote : 25 %, dioxyde de carbone : 1 %. Une usine située à Cliffside effectue une première séparation en extrayant les hydrocarbures et en alimentant le pipeline avec de l'hélium brut. Actuellement, l’Helium pipeline alimente 6 usines privées de purification et commercialisation de l’hélium produit, exploitées par Air Products, Linde, Praxair et DCP Midstream.

Production : en 2015, en millions de m3. Monde : 168.

États-Unis 100 Australie 5
Qatar 40 Russie 4
Algérie 16 Pologne 3
Source : USGS

En 2015, la production américaine provient pour 76 millions de m3 de l’extraction directe et pour 24 millions de m3 de déstockage du réservoir de Cliffside. Fin 2014, le total stocké dans le réservoir de Cliffside est de 266 millions de m3.

Les capacités mondiales de production sont, en 2014, de 229 millions de m3 dont 132 millions de m3 aux Etats-Unis.

Au Qatar, l’hélium est extrait, depuis 2005, du gaz provenant du gisement de North Field contenant 0,05 % de He. Cette première usine d’extraction, d'une capacité de 18,7 millions de m3/an, est située sur le site de Ras Laffan exploité par RasGas, joint venture entre Qatar Petroleum (70 %) et ExxonMobil (30 %). En 2013, a démarré une nouvelle unité de 38 millions de m3/an, construite par Air Liquide et exploitée par RasGas, l’hélium produit étant destiné pour 50 % de la production à Air Liquide, 30 % à Linde et 20 % à Iwatani Corporation.

L’Algérie récupère l’hélium lors de la liquéfaction du gaz naturel dans les usines d’Arzew et Skikda. La société Hélios, commune à la Sonatrach (51 %) et à Helaps (49 %, joint venture 50/50 entre Air Liquide et Air Products) possède, depuis 1995, une capacité de production de 16 millions de m3/an dans l'usine d'Arzew, à Béthioua, près d'Oran. Helison Production, société commune entre Linde (51 %) et la Sonatrach (49 %) extrait, depuis 2007, l’hélium du gaz naturel de Hassi R’Mel, liquéfié à Skikda, qui contient 5,5 % de diazote et 0,18 % d’hélium. La capacité de production de 16 millions de m3 est actuellement limitée à 8 millions de m3 après les problèmes survenus à l’usine de liquéfaction.

En Australie (Territoire du Nord), Linde, exploite, depuis 2010, avec une capacité de production de 4,2 millions de m3/an, l’usine de Wickham Point, approvisionnée par le gaz brut (contenant 3 % d'hélium) provenant de l'usine de liquéfaction de gaz naturel exploitée par ConocoPhillips, à Darwin. Le gaz naturel est extrait du gisement de Bayu-Undan situé en mer, entre l'Australie et le Timor Oriental, et acheminé à l'usine de Darwin par un pipeline de 502 km.

La production russe, réalisée à partir du gaz naturel d’Orenbourg, depuis 1977, est contrôlée par Gazprom. Les capacités de production sont de 6,5 millions de m3/an.

En Pologne, l’usine d’Odolanow, est exploitée, depuis 1977, par Polish Oil and Gas Company (PGNiG) qui produit l’hélium à partir d’un gaz naturel contenant de 0,08 à 0,45 % de He, avec une capacité de production de 2,8 millions de m3/an.

Commerce extérieur :
En 2015, les exportations des États-Unis ont été de 67 millions de m3.

- Exportations françaises, en 2015 : 10,3 millions de m3 vers l'Allemagne à 36 %, la Belgique à 16 %, le Royaume Uni à 12 %, l'Espagne à 12 %.
- Importations françaises, en 2015 : 14,2 millions de m3 à 48 % d'Algérie, 29 % du Qatar, 11 % d'Allemagne, 8 % des États-Unis.

Réserves : en 2015, en millions de m3.

États-Unis 3 900 Russie 1 700
Algérie 1 800 Pologne 25
Source : USGS

Des réserves, non estimées, sont également présentes au Qatar, au Canada et en Chine.

Les réserves des États-Unis se répartissent de la façon suivante : en millions de m3.

Riley Ridge (Wyoming) 1 391 Rands Butte (Wyoming) 482
Hugoton stockage 750 St John’s (Arizona) 394
Hugoton hors stockage 581 Autres 737
Source : Selling the Nation’s Helium Reserve.

Producteurs :
Le principal producteur mondial est ExxonMobil avec son gisement de Riley Ridge qui alimente avec un pipeline de 40 miles, l’usine d’extraction et purification de Shute Creek, près de La Barge, dans le Wyoming, qui a produit, en 2006, 9,5 millions de m3 de He. Le gaz produit est vendu à Airgas, Air Liquide, Matheson, Air Products et Praxair. ExxonMobil est également associé dans l’extraction de l’hélium au Qatar.

Les principaux distributeurs mondiaux d’hélium :
- Air Liquide, s’approvisionne auprès d’ExxonMobil aux États-Unis et RasGaz au Qatar. Par ailleurs, Air Liquide est partenaire de la société Hélios récupérant l’hélium du gaz naturel liquéfié à Arzew, en Algérie.
- Air Products, à Hansford County (Texas) et Liberal (Kansas), aux États-Unis et Arzew, en Algérie.
- Linde, à Otis (Kansas), aux États-Unis, Skikda, en Algérie et Darwin, en Australie.
- Praxair, à Bushton et Ulysses (Kansas), aux États-Unis. S’approvisionne également, aux États-Unis, auprès d’ExxonMobil.
- Taiyo Nippon Sanso, avec, aux États-Unis, sa filiale Matheson.

Transport :
Le gaz est transporté liquéfié à 4 K.

Utilisations :

Consommations : en 2011, dans le monde : 174 millions de m3. Répartition, en 2013 :

Amériques 42 % Europe 22 %
Asie 30 %    
Source : RasGas

La consommation des États-Unis, en 2015, est de 43 millions de m3.

Secteurs d’utilisation : aux États-Unis, en 2015.

Cryogénie 32 % Soudage 13 %
Pressurisation et purge 18 % Détection de fuites 4 %
Atmosphères contrôlées 18 % Mélanges respiratoires 2 %
Source : USGS

- Sa faible température d'ébullition (4,21 K et jusqu'à 0,7 K en réduisant la pression), le fait utiliser en cryogénie lorsque de très basses températures sont désirées : aimants supraconducteurs, utilisés en imagerie médicale (scanner IRM), ou dans les accélérateurs de particules. Le LHC (Grand Collisionneur de Hadrons) du CERN, près de Genève, anneau de 26,659 km, comporte 9 300 aimants pré refroidis à -193,2°C à l'aide de 10 080 t d'azote liquide puis à -271,3°C avec 120 t d'hélium liquide.

- C'est le seul gaz inerte et ininflammable qui reste gazeux à la température du dihydrogène liquide. Pour cette raison il est utilisé pour purger les réservoirs à hydrogène liquide ainsi que pour pressuriser l'oxygène liquide, employés comme propergols du moteur Vulcain de la fusée Ariane 5. En 1970, la moitié de la production des États-Unis (18,3 millions de m3) était utilisée par la NASA. En France, il est principalement utilisé pour les essais des moteurs d'Ariane par Airbus Safran Launchers.

- Sa faible densité par rapport à l'air (0,138) lui permet d'être utilisé dans les dirigeables (en remplacement de H2) et surtout dans les ballons météorologiques. Il a été employé dans le remplissage de pneus d'avions (Concorde). Diffusant très rapidement, il est utilisé pour détecter les fuites des installations sous vide, à l'aide d'un spectromètre de masse.

- Gaz inerte, il est utilisé comme atmosphère protectrice dans le soudage à l'arc des métaux, à la place de l'argon, meilleur marché, lorsque les métaux à souder sont bons conducteurs de la chaleur, comme l'aluminium et le cuivre. Il est employé également en métallurgie du tungstène et du zirconium, ainsi que lors de la croissance des monocristaux de silicium et de germanium.

- Du fait de sa faible solubilité (il est moins soluble que N2) dans les solutions aqueuses et en particulier le sang, il remplace N2 dans le gaz de respiration des plongeurs sous-marins et permet ainsi d'éviter les embolies gazeuses par dégagement de N2 dans les artères lors de la décompression des plongeurs. Par exemple, la composition : 50 % He, 49 % H2, 0,8 % O2, est utilisée. Par ailleurs, l'hélium n'est pas narcotique, contrairement au diazote, et permet d'éviter l'ivresse des profondeurs. En mélange avec 20 % de O2, il est utilisé comme atmosphère de respiration lors d'œdèmes du poumon. Le respiration de faibles quantités d'hélium durant des durées brèves entraîne une modification du timbre de la voix.

- Utilisations diverses : dans les lasers à gaz, chromatographie, en phase gazeuse, comme gaz de souffleries hypersoniques, dans des chambres à bulles, dans le cryopompage…

 

Données atomiques
Données physiques
KRIPTON Données chimiques
Données thermodynamiques
Données atomiques
Données physiques
XENON Données chimiques
Données thermodynamiques

 

Fabrication industrielle : peu volatils, ils se retrouvent dans le bas de la colonne basse pression, en solution dans le dioxygène liquide. Ils sont récupérés dans des installations auxiliaires par enrichissements successifs puis séparation. Le premier producteur mondial est la société Air Liquide.

Utilisations :

Le krypton est utilisé, associé à d'autres gaz rares, principalement dans le remplissage de lampes d'éclairage. Le xénon est réservé à des utilisations demandant une très grande luminosité : les lampes flash, les lampes à éclats pour l'éclairage antibrouillard des pistes d'aérodromes, les lampes d'éclairage de studios photo et de cinéma…

Le xénon est également utilisé dans les lampes pour phares maritimes. Par exemple, le phare de Créac'h, à la pointe de l'île d'Ouessant, utilise 4 lampes de plus de 61 km de portée, l'intensité lumineuse étant de 20 millions de candelas, dans l'axe optique.

Il est également utilisé dans des lasers (mélange xénon, dichlore) et l'isolation de doubles vitrages. Absorbant fortement les rayons X, il est utilisé par inhalation, en présence de dioxygène, en tomographie X afin de mesurer la répartition de la circulation sanguine dans le cerveau. La chambre proportionnelle multifils de Georges Charpak, remplie de xénon, peut être utilisée comme détecteur de rayonnement X et permettre d'effectuer des radiographies à l'aide de doses très faibles de rayonnement.

Le xénon est le gaz anesthésique le plus intéressant pour son absence d'effets secondaires. Malheureusement son coût reste trop élevé pour une utilisation courante. Toutefois, la récupération du gaz expiré par le patient qui atteint plus de 90 % pourrait permettre un développement des utilisations dans ce secteur.

 

Données atomiques
Données physiques
RADON Données chimiques
Données thermodynamiques

 

Gaz radioactif formé de deux principaux isotopes : 222Rn et 220Rn, dans les proportions respectives d'environ 4/5 et 1/5. 222Rn provient de la désintégration radioactive de 238U en passant par 226Ra (226Ra ––> 222Rn + alpha). Sa période est de 3,82 jours. Il donne par désintégration : 218Po + alpha. 220Rn est formé dans la chaîne de désintégration de 232Th. Le radon est d'autant plus dangereux qu'il est inhalé facilement puisqu'il est gazeux et qu'il se désintègre rapidement, dans les poumons, en substances solides également radioactives. La radioactivité est ainsi piégée dans les poumons.

Le radon est souvent présent dans des mines (surtout d'uranium) et donne des cancers du poumon (maladie de Schneeberg, du nom d'une mine de l'Ersgebirge, chaîne montagneuse qui sépare la Bohème de la Saxe).

Il se dégage également du sol et peut se concentrer dans des habitations peu ventilées et au sol non étanche. En moyenne, sur la terre, les doses effectives dues au radon émis par le sol sont de 0,2-0,3 mSv/an. Des doses peuvent atteindre exceptionnellement jusqu'à 10 mSv/an. En France, les plus basses valeurs moyennes de doses effectives se rencontrent pour des terrains sédimentaires : 0,2-0,3 mSv/an et les plus élevées en zone granitique : 1,2 mSv/an. Les recommandations de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) sont, en moyenne, pour le public, de 1 mSv/an et de 20 mSv/an sur 5 ans pour les travailleurs du nucléaire. Le radon est responsable au 1/3 de l'exposition de la population française aux rayonnements ionisants, alors que 41 % de l'exposition est due aux radiographies médicales. Aux États-Unis, la dose moyenne annuelle naturelle due au radon est estimée à 2 mSv soit 55 % de l'exposition totale de la population aux rayonnements ionisants. Dans ce pays, le nombre de décès par cancer du poumon résultant d'une exposition au radon est compris entre 8 000 à 45 000 personnes.

Utilisations :

On utilise le radon pour initier et influencer des réactions chimiques. Il est utilisé aussi dans les appareils servant à prévenir les tremblements de terre. En médecine, on l'utilise en radiothérapie.

- Traçage radioactif : puisque le radon disparaît rapidement dans l'air par décroissance radioactive, il est utilisé dans des recherches hydrologiques qui étudient les interactions entre les eaux souterraines et celles des ruisseaux et rivières. Tout changement significatif dans la concentration en radon dans un ruisseau ou une rivière est un bon indicateur d'une entrée locale d'eau souterraine.

Précautions à prendre :

Le code de la santé publique et son arrêté d'application du 22 juillet 2004 imposent aux propriétaires de certains établissements recevant du public (ERP) situés dans les zones prioritaires de faire procéder à des mesures de radon. Les catégories d'établissement contrôlées par l'Agence Régionale de Santé (ARS) sont les suivantes :

- les établissements d'enseignement y compris les bâtiments d'internat,
- les établissements sanitaires et sociaux disposant d'une capacité d'hébergement,
- les établissements thermaux,
- les établissements pénitentiaires.

Il a été défini deux niveaux volumiques du radon, exprimés en béquerels (Bq) par mètre cube, au-dessus desquels des actions doivent être mises en œuvre pour réduire l'exposition des personnes, à savoir :
- un seuil de précaution (400 Bq/m3), exigeant la mise en œuvre d'actions correctives simples en cas de dépassement : aérer le logement, vérifier l'état de la ventilation, ouvrir les fenêtres...,
- un seuil d'alerte (1000 Bq/m3) amenant à entreprendre des actions plus importantes comme augmenter le renouvellement d'air, assurer l'étanchéité du bâtiment...

 

Bibliographie :

- Encyclopédie des gaz, Elsevier, L'Air Liquide, 1976.

- Documents et informations des producteurs de gaz de l'air (voir le chapitre dioxygène).

- Selling the Nation’s Helium Reserve, The National Academies Press, Washington, 2010.

- Weil Group.

- Techniques de l'ingénieur, 1987 et 1991.

- L'Actualité Chimique, novembre-décembre 1989.

© Société Chimique de France