Histoire de la SCF

Création et évolution de la Société Chimique de France (SCF)

[1] L’histoire de la SCF a commencé en 1857. Trois jeunes chimistes, Jacques Arnaudon, Ernest Collinet et Giuseppe Ubaldini avaient pris l’habitude de se réunir chaque semaine dans un café parisien pour discuter de leurs travaux et des travaux de chimie parus en France et à l’étranger. Rejoints par d’autres jeunes chimistes, ils ont fondé en juin la Société chimique de Paris et élu le 30 juin 1857 leur premier président : Jacques Arnaudon.

En juin 1858, sous la présidence d’Aimé Girard, la Société chimique de Paris entreprit son institutionnalisation en s’appuyant sur trois projets :
- La création d’une revue chimique
- La recherche de nouveaux locaux plus spacieux
- L’établissement de cartes de membres

Dans le but d’agrandir le cercle de son activité scientifique, la Société admit en son sein plusieurs chimistes de renom, tel Louis Pasteur, Auguste Cahours et Charles-Adolphe Wurtz, et écarta rapidement les véritables fondateurs de la Société. Le 28 décembre 1858, Jean-Baptiste Dumas, qui n’était pas membre la veille, fut élu membre et président par acclamation, alors que les statuts prévoyaient une élection par bulletin secret. Louis Pasteur et Auguste Cahours furent élus vice-présidents par la même occasion. Dans son périodique, le Docteur Gustave Augustin Quesneville qualifiera cette prise de pouvoir de « 18 brumaire chimique », en référence au coup d’État du 18 brumaire de Napoléon Bonaparte. La jeune Société qui se voulait informelle et non académique a donc brusquement mué.

La Société Chimique de Paris prend le nom de Société chimique de France en 1906, après la création des premières sections. En 1984, la Société chimique de France fusionne avec la Société de chimie physique et prend le nom de Société Française de Chimie. En 2008, la Société Française de Chimie reprend son nom de Société Chimique de France. Ce dernier changement a été mis en vigueur depuis le 1er janvier 2009.

Les anciens bureaux de la SCF

[2] Vous pouvez consulter l’ensemble des bureaux de la SCF (pdf - 859.7 ko) de 1858 avec à la présidence Jean-Baptiste Dumas jusqu’à Charles Dufraisse son lointain successeur en 1949.

Histoire du 250 rue Saint-Jacques

[2] Cet immeuble a été construit à la demande de Joseph-Achille Le Bel, illustre chimiste français et précurseur de la stéréochimie moderne avec Jacobus Henricus van’t Hoff. Lors de sa construction, Le Bel fit bâtir un petit appartement personnel et des laboratoires pour y travailler librement. Il y vécut de 1903 jusqu’à sa mort en 1930. Le Bel lègue cet hôtel particulier, en plus de la Grotte des Eyzies et sa fortune, à la Société Chimique de France, à charge d’entretenir les laboratoires qui y étaient installés. Célibataire et sans héritier, Le Bel avait été grandement et longuement impliqué au sein de la Société : président en 1892, membre du conseil de 1899 à 1901 puis de 1907 à 1909, membre de la Commission d’impression du Bulletin en janvier 1894, membre des Commissions des finances et de rédaction en novembre 1894, rapporteur du budget. Les laboratoires fermèrent après la guerre. L’immeuble fut réaménagé à partir de 1965, la Société Chimique de France y installait ses services administratifs en 1966. En 1952, la Société Chimique de France créait un prix en hommage à l’illustre chimiste, le Grand Prix : Joseph-Achille Le Bel pour récompenser des travaux reconnus au niveau international et qui s’inscrivent dans le cadre des activités de la SCF, notamment sur les thèmes abordés par Le Bel, comme dans son mémoire, "Sur les relations qui existent entre les formules atomiques des corps organiques et le pouvoir rotatoire de leurs dissolutions" paru dans le Bulletin de la Société chimique en 1874.

Histoire de la peinture du 250 rue Saint-Jacques

Cette peinture exposée au Siège Social de la Société Chimique de France, 250 rue Saint-Jacques dans le 5ème arrondissement de Paris, est un tableau mémorial. Cette œuvre représente Henri Sainte Claire Deville, lors d’une leçon de chimie sur les composés de l’aluminium qu’il donna en 1878 à la Sorbonne.
Parmi les personnages derrières la paillasse, vous pouvez distinguer, de gauche à droite, les chimistes suivants : Alfred Ditte, Paul Hautefeuille, Henri Sainte Claire Deville, Henri Debray, Louis Joseph Troost et Alexandre Joly. A l’exception de ce dernier, ils ont tous été nommés des membres de l’Académie des sciences.

Les lauréats des prix SCF

[2] Vous pouvez consulter les lauréats des multiples prix de la SCF entre 1890 et 1946 (pdf - 398 ko). Cela correspond aux prix : Nicolas Leblanc, Le Bel, Louis Pillet, Adrian, Schutzenberger, Louis Ancel et de Chimie Organique.


Sources :

[1] L’oeuvre historique publiée à l’occasion des 150 ans de la SCF : Laurence Lestel et Danielle Fauque, Itinéraires de chimistes : 1857-2007 : 150 ans de chimie en France avec les présidents de la SFC, EDP Sciences,‎ 2008 (ISBN 978-2-86883-915-2).

[2] Charles Paquot, Bulletin de la Société chimique de France - Mémorial de la Société chimique de France 1857-1949. N° spécial.- Paris, Société chimique de France ; (Clichy, impr. de P. Dupont), 1950.

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