L’Équipement

Adidas, qui n’est pas grec, n’était pas fournisseur des athlètes des Jeux Antiques. A voir leurs tenues spartiates, il n’aurait de toute façon pas fait fortune puisqu’ils concouraient nus !

Pour les Jeux Modernes, les athlètes portent des tenues règlementées, avec les couleurs nationales, le dossard comportant le numéro de participation et le nom du compétiteur, mais maintenant le logo d’une grande marque d’équipements pour athlètes : maillots, jupettes, shorts, bermudas et pantalons pour les athlètes terrestres, maillots et bonnets pour les athlètes nautiques et élégantes tenues pour les cavalières et cavaliers. Mis à part les nageurs et plongeurs, tous sont chaussés, de chaussons pour la gymnastique aux bottes pour les sports équestres, en passant par une extraordinaire variété de chaussures adaptées à la discipline, mais encore plus à la morphologie de l’individu, grâce aux avancées de la biomécanique.

Comme la Formule 1, les équipements employés par les athlètes de haut niveau ont des retombées très immédiates dans la pratique sportive mais aussi du grand public, avec la vogue du sneaker désignant une chaussure de sport détournée à un usage citadin. En effet, la plupart des chaussures de sport, les baskets et tennis d’antan, ne fouleront jamais un terrain. Les adolescents sont les principaux porteurs de sneakers comme chaussure de tous les jours, avec les encouragements des campagnes publicitaires de grandes marques spécialisées…

Dès 1868, la Candde Manufacturing Co de New Haven (États-Unis) fabriquait des chaussures de sport en toile avec des semelles en caoutchouc. Les premières grandes marques, l’anglais Reebok commença dès 1890 avec les chaussures de golf et l’américain New Balance est fondée en 1906. La marque française Spring Court est créée en 1936, mais il faut attendre la seconde moitié du XXe siècle pour voir apparaître les grandes marques : Puma (Allemagne, 1948), Asics (Japon, 1949), Adidas (Allemagne, 1949), Nike (Etats-Unis, 1972), etc.

La plus ancienne chaussure connue date du quatrième millénaire avant Jésus-Christ et a été découverte en Arménie. Il s’agit d’une pièce de cuir cousue pour recouvrir un avant pied comme un mocassin. Ötzi, un ou deux siècles plus tard, était équipé de mocassins. Une chaussure se compose principalement du semelage, partie inférieure qui protège la plante du pied, plus ou moins relevée à l’arrière par le talon et de la tige, partie supérieure qui enveloppe le pied et qui comprend essentiellement l’empeigne (partie avant de la tige d’une chaussure, du cou-de-pied à la pointe), les quartiers (deux pièces latérales à l’avant de la tige) et la languette.

Comme les chaussures de la vie quotidienne, les chaussures de sport modernes font appel, en plus des matériaux traditionnels que sont le cuir (issu du tannage qui requiert de nombreux traitements chimiques : cf. Chrome), le caoutchouc (cf. Caoutchouc)) et les fibres naturelles (cf. Cellulose), à de nombreux matériaux synthétiques comme des élastomères (cf. Polyuréthanes), des fibres artificielles (cf. Nylon, Acides phtaliques), tissus « respirants » (cf. Téflon & Cie) et différentes colles à notamment base de néoprène (cf. Butadiène). A cela s’ajoute la sculpture même de la semelle, plus facile à réaliser avec des matériaux thermoformés, oublier clous des souliers de golf et crampons des chaussures de football.

La chaussure de course à pied est étudiée pour prévenir les blessures chez le coureur en diminuant les chocs sur le squelette. Il existe deux phases différentes dans la foulée du coureur :

  • la propulsion : le pied arrière est en appui au sol, les articulations cheville, genou, hanche sont sollicitées, le bras opposé est en avant. Cette phase est puissante, les muscles sont en tension, la cuisse propulse vigoureusement, le dos reste gainé. Le pied avant est en l’air.
  • la suspension : la jambe avant est en l’air, le genou va loin, puis le pied se prépare au contact au sol, le bras opposé est en arrière en équerre.

Le geste du coureur est différent selon l’allure. En sprint, le contact au sol est rapide, impulsif, l’avant-pied à plat, en mouvement de griffé. Les coureurs de sprint prennent essentiellement leurs impulsions sur l’avant du pied au niveau du métatarse et des cinq orteils sollicitant ainsi davantage les pointes avants de leurs chaussures. De ce fait, les chaussures comportent des pointes, inventées à la fin du XIXe siècle par l’anglais Joseph William Foster qui n’est autre que le fondateur de Reebok.

En fond, le contact au sol est long, souple, déroulé du talon à la pointe. L’effort est porté en premier sur le talon, l’impact avec le sol se transmet du talon vers le genou. Le coureur encaisse du même coup deux à trois fois son poids à chaque foulée. Répétée 600 fois par kilomètre, cette action, finit par provoquer des lésions et conduit à l’arthrose du genou.

Depuis peu, les chaussures minimalistes, à semelage mince, remettent en question la technique de course : attaque de la pointe du pied d’abord et pose talon ensuite, et ce pour une question d’amortis et de dynamique. En effet, en attaquant avec le talon, l’impact avec le sol se transmet du talon vers le genou, tandis qu’en profitant de l’amortis naturel de l’arc plantaire du pied, le stress sur le squelette est réduit, l’impact étant transmis du pied vers le mollet, puis le quadriceps.

Des études de biomécanique ont montré qu’après avoir fait courir sur un tapis d’entraînement 68 volontaires -hommes et femmes pratiquant régulièrement ce sport- soit avec des chaussures de courses, soit pieds nus, les forces de tensions exercées sur les hanches, les genoux et les chevilles sont augmentées par l’emploi de chaussures.

Avec des chaussures de sport aux pieds, les forces sont particulièrement accrues lors des flexions des genoux et des rotations internes de la hanche, respectivement de 36% et de 54% par rapport à une course pieds nus. Pour les genoux, cette augmentation des forces qui s’exercent sur les articulations est de 36 à 38% avec les chaussures par rapport aux pieds nus.

Pour la petite histoire, ne trouvant pas de chaussures qui lui convenaient, l’Ethiopien Abebe Bikila avait remporté pieds nus le marathon des Jeux Olympiques de Rome, en 1960… d’où la

Pensée du jour
« Si l’habit ne fait pas le moine, la chaussure ne fait pas l’athlète. »

Sources

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