La Natation

Un maillot, un bonnet, des lunettes, trois mille tonnes d’eau, et des milliers d’heures d’entraînement voilà tout pour se retrouver en compétition dans LA piscine olympique…

Si aucune épreuve de natation ne fut organisée durant les Jeux olympiques antiques, le sport aquatique est l’un des neuf sports qui figurent au programme des premiers Jeux olympiques de l’ère moderne. En 1896, quatre épreuves sont disputées, la première d’entre elles, le 100 m nage libre, sacrant le Hongrois Alfréd Hajós, le premier à regagner la côte… car l’épreuve était disputée en mer. Ces épreuves se disputent pour la première fois dans une piscine en 1908 à Londres, longue de 100 mètres et large de 17 mètres. Auparavant, la baie de Kéa en 1896, la Seine en 1900 et un lac en 1904 accueillirent les événements olympiques aquatiques.

À partir de 1908, une réunion entre pays aboutit à la création de la Fédération internationale de natation (FINA) dont le but était la réglementation et l’uniformisation des épreuves. Elle permit l’abandon de certaines épreuves, comme la nage sous l’eau, et la fixation des règles sur les styles de nage, les dimensions de la piscine olympique et le chronométrage. Celui-ci devint automatique en 1932 lors des Jeux olympiques de Los Angeles et mesurait les temps jusqu’au centième de seconde. Malgré l’opposition de certains responsables, Pierre de Coubertin en tête, des épreuves féminines sont organisées pour la première fois en 1912. L’Australienne Fanny Durack, victorieuse du 100 m nage libre, fut la première championne olympique de natation.

Aujourd’hui, chaque épreuve se déroule dans une piscine dite olympique, longue de 50 m et large de 25 m. Dix couloirs de 2,50 m, dont deux inactifs pour éviter les effets de bord, permettent aux nageurs d’évoluer dans un bassin de 3 000 m3 d’eau maintenue entre 24 et 28 °C : aucune une différence de température ne pouvant être tolérée durant la compétition.

Les premières piscines remontent à l’antiquité avec les bains grecs puis les bains romains. Du latin piscina vivier »), ces bassins, également employés pour conserver les poissons, étaient à l’origine principalement utilisés pour la natation (natatio), mais la notion de pratique sportive disparut progressivement et l’usage en fit des lieux de bien-être et d’hygiène, jusqu’en Angleterre dans une très bath ville d’eau, fondée par ces fous de Romains sur la rivière Avon.

En France, le terme « natation » apparait pour la première fois en 1785 quand Barthélemy Turquin ouvre la première école de nage sur un bassin flottant sur la Seine, près du pont de la Tournelle à Paris. La piscine redevient donc ainsi un lieu de la pratique du sport et du jeu. Au XIXe siècle, les premiers « bains publics » voit le jour notamment à Paris, mais aussi dans d’autres grandes villes de France. Ces bains rencontrent un véritable succès populaire et sont un lieu d’échange entre les différentes classes sociales qui les fréquentent. On y retrouve la notion de sport et d’amusement, mais surtout le développement de l’hygiène qui jusque là n’était pas au centre des priorités. Le terme piscine adopte ainsi, depuis 1865, le sens de bassin pour activités humaines ce qui fait que la Chimie s’en mêle.

D’abord dans la construction de ces nouveaux temples de l’activité sportive (et ludique). Différentes techniques sont utilisées pour la construction des piscines que l’on peut classer en trois catégories selon la technique d’étanchéité utilisée : technique traditionnelle, technique du préfabriqué et technique du voile de béton.

La construction traditionnelle est faite en maçonnerie ou en béton armé (cf. Ciments), le tout reposant sur une dalle (radier) de 30 cm d’épaisseur. La maçonnerie convient notamment pour les revêtements indépendants de la structure comme le sont les liner, enveloppes souples indépendantes du support, étanches à l’eau, amovibles grâce à leur positionnement dans un profilé d’accrochage sous margelles. Le liner est fabriqué industriellement aux côtés du bassin, à partir d’une membrane PVC (cf. PVC) spéciale piscine dont les lés sont soudés à haute fréquence. La qualité du PVC ainsi que ses additifs (plastifiants, biocides, stabilisants...) sont des caractéristiques indispensables au bon vieillissement de ce revêtement étanche.

Pour une construction en carrelage ou en peinture par exemple, la piscine sera de préférence réalisée en béton armé, ce qui nécessitera un revêtement hydrofuge à base de mortier gras. Si les piscines en carrelage sont moins rencontrées aujourd’hui, c’est surtout à cause de leur complexité de mise en œuvre (structure en béton armé, enduit, pose du carrelage) plutôt que par leur tenue dans le temps : une piscine réalisée en carrelage a une durée de vie quasiment infinie alors qu’un liner piscine peut devoir être changé après 15 ou 20 ans. Une question de moyens, que Citizen Kane avait résolu dans un passé pas si lointain…

Dans la construction préfabriquée, la piscine est composée d’une coque en matériaux composites monobloc (généralement constituée d’un stratifié en fibre de verre et polyester) posée dans un trou, sur un lit de gravier et remblayé tout autour avec du gravier. Souvent finies avec une ceinture de béton pour poser les margelles, certaines de ces piscines possèdent néanmoins des éléments rapportés.

Enfin, la technique des piscines en voile de béton offre la possibilité de liberté des formes, qu’il soit obtenu en utilisant la technique de « Gunitage » ou banché à l’aide de panneaux en fibres de verre. Le radier est alors recouvert d’un revêtement renforçant l’imperméabilité du bassin et contribuant à l’esthétique général de l’ouvrage.

Ensuite pour la qualité de l’eau : pensez à l’ancienne piscine à ciel ouvert de Moscou qui pouvait accueillir, même en hiver, plusieurs milliers d’adeptes avec leur sui generis ! La piscine a disparu avec la reconstruction sur son site de la cathédrale du Christ Rédempteur, voulue par un grand buveur de (petite) eau. La qualité de l’eau d’une piscine est un élément fondamental du confort de la baignade aussi bien en ce qui concerne la sécurité sanitaire que le plaisir du bain. Il faut donc s’assurer de lefficacité de la filtration et de l’entretien de la piscine pour garantir l’état physique, chimique et bactériologique de l’eau :

  • pour l’état physique :
    • un système de filtration performant, bien dimensionné et entretenu régulièrement,
    • l’élimination des impuretés de fond et de paroi par aspiration (manuelle ou robotisée),
    • l’élimination des impuretés flottantes par un système d’écrémage de surface (skimme), de débordement ou de goulotte.
  • pour l’état chimique, il faut notamment assurer un pH correct (7,2 à 7,4), pour l’efficacité optimale des produits de désinfection, de floculation, antialgiques, etc.,
  • pour l’état bactériologique, l’eau d’une piscine doit maintenir de faibles niveaux en bactéries et virus. Si elle n’est pas correctement aseptisée, bactéries, algues et larves d’insectes peuvent la contaminer. Dans une piscine, la plupart des produits de désinfection tels que le chlore, le brome ou l’ozone se recombinent avec la matière organique apportée dans l’eau par les baigneurs et forment des sous-produits qui sont des contaminants chimiques nocifs. On emploie généralement :
    • le dichlore (cf. Chlore) et les produits chlorés qui tous engendrent l’anion hypochlorite (cf. Hypochlorite de sodium). Le dichlore est le plus utilisé et le seul homologué pour les piscines publiques en France. Parmi les produits chlorés, on peut citer le dioxyde de chlore ClO2 très populaire aux États-Unis, mais nécessitant sa formation sur le site par des pompes doseuses, selon, par exemple, la réaction : 5 NaClO3 + 6HCl ------> 6 ClO2 + 5 NaCl + 3 H2O

Les chloramines inorganiques de formule générale NHnCl3-n sont également des agents désinfectants, mais très irritants qui peuvent entraîner des troubles oculaires, cutanés ou respiratoires (asthme, bronchite chronique). Produites par le mélange du chlore et d’une solution contenant de l’ammoniac, elles sont fatalement contenues dans l’eau d’une piscine, puisque l’ammoniac y est présent du fait de l’hydrolyse de l’urée sui generis (urine, sueur, salive, sécrétions rhino-pharyngées, lipides de la peau et du cuir chevelu),

  • le brome (cf. Brome), moins irritant, plus efficace à température élevée, mais plus onéreux,
  • le polyhexaméthylène (PHMB) (qui est utilisé accompagné d’un algicide) a été interdit dans les piscines publiques françaises en 2010 ;
  • l’ozone (cf. Ozone) et l’oxygène actif, mais réservé aux petits bassins ; contient de H2O2 (cf. Eau oxygénée), du KMnO4 (cf. Permanganates) ou du peroxysulfate H3K5S4O18,
  • les sels d’ammonium quaternaires employés pour lutter contre les biofilms se déposant sur les parois d’une piscine et la prolifération des microalgues.

Ces soucis sont bien secondaires pour les spationautes, cosmonautes, et autres astronautes qui s’entrainent pour leurs sorties dans l’espace dans d’immenses piscines qui demandent tout de même des dispositifs de purification et de recirculation de l’eau : la « piscine » de la NASA serait la plus grande piscine couverte du monde. Tout aussi complexe, par son contenu, est le siège des services français d’espionnage et contre-espionnage, d’où la

Pensée du jour
« La Piscine n’a (presque) plus de secrets pour vous ! »

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