Lauréats Achille Le Bel

2011 Marc Fontecave

Présenté par la division de chimie organique et par la division de chimie du solide
55 ans. Professeur au Collège de France

Il a fait ses études à l’ENS de Cachan de 1975 à 1980. Agrégé de Sciences Physiques, il entre au CNRS en 1981 et passe sa thèse en 1984 à Paris sous la direction du professeur Mansuy, à l’ENS. De 1985 à 1988, il est chargé de recherche du CNRS à l’université René Descartes. En 1988, il est nommé professeur à Grenoble à l’université Joseph Fourier. Il y développe un groupe de biochimie, à l’interface de la biologie et de la chimie des organométalliques. Ses travaux sur les métalloprotéines, les metalloenzymes, les composés organiques à base de métaux à activité biologique, le font reconnaître dans différents secteurs, celui des antitumoraux, antioxydants, bioremédiation… Directeur de l’Institut des métaux en biologie, puis directeur de l’Institut de recherche des techniques du vivant au CEA de Grenoble, ses travaux les plus récents sont sur les hydrogénases, les matériaux moléculaires pour la production de l’hydrogène et la fonctionnalisation des NTC.
Auteur de 270 publications, bénéficiant de 8 300 citations, co auteur de 6 brevets, ayant donné plus de 280 conférences, il a été membre du comité national du CNRS et directeur de deux instituts. Membre de l’IUF, élu à l’Académie des Sciences en 2005, il est actuellement professeur au Collège de France.

Le jury propose donc au CA de la SCF de décerner le prix Le Bel à Marc Fontecave, au regard de ses contributions marquantes à la biochimie et à la chimie moléculaire.

2010 Guy Bertrand et Marie-Claire Henion

Le prix Achille Le Bel 2010 2010 a été conjointement attribué à

Guy Bertrand, professeur à l’université Riverside Californie (USA)
pour ses contributions importantes à la chimie organique et ses responsabilités toulousaines et californiennes.
Candidature proposée par la division de chimie organique et soutenue par la section Midi-Pyrénées.

Guy Bertrand a fait ses études à l’ENSC Montpellier (1975) et obtenu son doctorat en 1979 à Toulouse. Chargé de recherches au LCC en 1981, Directeur de recherche en 1988, il a été visiting professor à l’université d’Utah cette même anée ainsi qu’en 1998 à l’ETH de Zurich. DRCE en 2001 à l’université Paul Sabatier puis à Riverside.

Ses thématiques tournent essentiellement autour de la chimie de synthèse en insistant plus particulièrement sur les liaisons * et * et la chimie des organo phosphorés. Il a été le premier à préparer un carbène stable et les premiers di radicaux singulets isolables. Ses travaux ayant ouvert la voie à des outils puissants en chimie de synthèse ont reçu un fort retentissement. Les applications à la catalyse, la chimie de l’or, à la formation de nombreuses molécules, dont les allènes, sont citées.

Auteur ou co-auteur de 340 publications et de 22 brevets, il a dirigé 45 thèses et donné plus de 100 conférences dans des congrès internationaux. Il a été maître de conférence à l’Ecole Polytechnique puis professeur chargé de cours, de 1992 à 2004, et professeur à Riverside depuis 2001.

Vice-président de l’European Chemical Society de 1995 à 2000, il a été membre du CS du Département des sciences chimiques de 2000 à 2001 et de l’ENS de Lyon de 2001 à 2004. Directeur de l’UMR CNRS - Université Paul Sabatier de 1999 à 2005 et directeur de l’UMI CNRS - Université de Riverside depuis 2001. Il a obtenu de prestigieuses distinctions : Médaille d’argent du CNRS en 1998, Prix Franco-Allemand Van Humbolt en 1994, Senior Humbolt Research Award en 2010. Guy Bertrand est membre de plusieurs académies européennes ainsi que, depuis 2004, de l’Académie des sciences.

Il appartient au comité éditorial de plusieurs journaux (6) dont Nature comm et European Journal of Organic Chemistry

Marie-Claire Hennion, professeur à l’ESPCI, directrice du laboratoire environnement et chimie analytique à Paris.
pour sa contribution majeure aux applications de la chromatographie, à la chimie analytique et à la formation de nombreux analyticiens.
Candidature présentée par la division de chimie analytique.

Marie Claire Hennion a fait ses études (1971) à l’ENS de Cachan et obtient en 1974 la Maîtrise de Chimie physique à Orsay. Elle passe son doctorat en 1982 à Paris VI et, de 1975 à 1982, est assistante à l’ESPCI puis Maître de conférence, jusqu’en 1993, où elle devient professeure de 2° classe, puis, en 1997, de 1° classe.

Ses thématiques de recherche sont proches notamment de la chromatographie appliquée à l’analytique. Elle y a développé la technique sur silices greffées et carbone poreux et ses applications à l’analyse des traces, spéciations, micropolluants, bioanalytique… Sa renommée dans cette technique est internationale et particulièrement appréciée par les pétroliers. Depuis plusieurs années, elle développe la miniaturisation analytique, avec les microchips, les microcapteurs et la micro analytique.

Auteur ou co-auteur de 151 publications, elle a encadré 25 thèses, donné 20 conférences plénières dans des congrès internationaux et 14 dans des congrès nationaux. Elle a été responsable durant 13 ans des Travaux pratiques de chimie analytique à l’ESPCI. Depuis 1995, elle dispense les cours d’environnement et de chimie analytique à l’ESPCI, en Master et DEA de chimie analytique. Elle a aussi donné des cours à l’EPFL de Lausanne. Elle dirige l’UMR 7121 (laboratoire Environnement et de chimie analytique) et a été aussi directrice adjointe de la Fédération de Chimie Paris Centre.

Elle a été membre du comité national du CNRS de 2000 à 2008. Actuellement, elle est membre du Conseil scientifique de l’INRS (2008-2012), du département chimie du CNRS (2006-2010) et de plusieurs comités d’organisation de colloques ou symposium.

Elle également membre du comité éditorial de Analytica Acta, d’Analusis et de 5 autres journaux. Elle a reçu la Jubilee medal Royal chromatography society UK.

2009 Janine Cossy

La candidature de Janine Cossy a été présentée par la division de Chimie organique.

Janine Cossy est agée de 59 ans, Professeure à l’ESPCI, directrice de l’unité mixte 7084 entre le CNRS et l’ESPCI.

Janine Cossy a fait ses études à Reims et passé son doctorat en 1979 sous la direction du professeur Pète. De 1980 à 1982, elle part en stage post doctoral à Madison dans le Wisconsin (Pr. Trost). Chargée de recherches à Reims jusque 1990, date à laquelle elle passe directeur de recherche et rejoint l’ESPCI où elle est professeure depuis 1991.

Ses travaux de grande qualité couvrent de nombreux secteurs : les synthèses multi étapes de produits naturels, synthèses de macrolactones, méthodes régio, stéreo, chimio sélectives. Les objectifs sont des produits biologiquement actifs, anticancéreux, antifongiques, neurophysiologiques, antibiotiques. Elle a aussi travaillé dans le domaine de la photochimie, les réactions de radicaux, les synthèses organo métalliques et les synthèses énantiosélectives.

Co‐auteur de 315 publications référencées, auteur de 7 chapitres d’ouvrages, de 4 livres et de 12 brevets, elle a donné de nombreuses conférences dont 41 dans des congrès internationaux. Elle est ou a été, par ailleurs, membre de près de 10 boards de journaux scientifiques (New J of chemistry, Tetrahedron et Tetrahedron Letter, Synlet…).

Médaille d’argent du CNRS en 1997, Prix Jungfleish de l’Académie en 1996, Novartis lecturer en 2000 et 2006, JPS Fellow en 2009.

Elle a participé à plusieurs conseils et comités dont le comité national du CNRS. Consultante Rhône-Poulenc puis Rhodia et L’Oréal, elle a toujours prêté attention aux applications industrielles et elle est cocréatrice de deux jeunes entreprises, CDP Innovation et Acanthe Biotech.
Enfin, de 1998 à 2006, elle a été vice‐présidente puis présidente de la division de Chimie Organique de la SCF.

2008 Andrew Greene

Andrew Greene   a été proposé à ce prix par la division chimie organique. Il est directeur de recherche CNRS à l’UMR5250 Département de Chimie Moléculaire (DCM) à Grenoble

2007 Marc Lemaire et Bernard Meunier

2006 Charles Mioskowsky

2005 Alain Gorgues

Alain Gorgues, 64 ans, est professeur émérite à l’université d’Angers. Après des études à l’école nationale supérieure de chimie de Rennes, nommé assistant en 1968, il entreprend une thèse sous la direction du professeur Levas sur le thème des aldéhydes et acides polyacétyléniques conjugués qu’il soutient en 1971. Il devient ensuite maître assistant jusqu’en 1983, date à laquelle il est nommé professeur à l’université d’Angers, promu Pr1C en 1990, puis classe exceptionnelle PrCE1 en 1998 et PrCE2 en 2002.

Par ailleurs il est fait Chevalier des palmes académiques en 1988, officier en 1993, enfin commandeur en 2001.

Alain Gorgues a développé son activité de recherche dans des domaines très variés allant de la chimie organique (acétals, aldéhydes et acides polyacéthylèniques conjugués, complexes 2-CS2 du fer en synthèse, développement de l’acétylènecarbaldéhyde (qu’il est le premier à avoir isolé) et utilisation des alcynes électrophiles aldéhydiques en synthèse) à la chimie organométallique avec des applications plus particulièrement orientées vers les matériaux organiques (tétrathiafulvalènes, matériaux moléculaires dérivant de donneurs-(Pi) ou d’accepteurs-(Pi) type fullerène C60 à propriétés électroniques spécifiques : conducteurs, actifs en optique non linéaire, capteurs électrochimiques de cations métalliques, diodes photovoltaïques).Cette recherche est illustrée par une revue récente parue dans Chemical Reviews (2004, 104, 5151-84).

Alain Gorgues est l’auteur de plus de 200 publications dans des revues nationales et internationales et de 3 brevets.

Depuis son arrivée à Angers, en moins de 20 ans, il a peu à peu structuré la recherche locale en chimie tant en enseignement qu’en recherche avec comme étape importante en 1994 la création d’une unité mixte de recherche : Ingénierie moléculaire et matériaux organiques (IMMO, UMR CNRS 6501). Sous son impulsion, ce laboratoire s’est développé de manière exponentielle et comprends actuellement une trentaine de chercheurs et enseignants chercheurs couvrant l’ensemble des thématiques liées aux matériaux organiques. Depuis 2004, Patrick Batail a succédé à Alain Gorgues à la direction de ce laboratoire.

Alain Gorgues n’a pas simplement œuvré dans le développement scientifique du pôle chimie. Il a activement mis en place les conditions d’une recherche reconnue au sein de l’université d’Angers. Elu vice-président du conseil scientifique en 1994, réélu en 1998, il a, pendant ces deux mandats, fortement contribué à modifier le paysage de la recherche à l’université d’Angers et dans la région Pays-de-Loire. En particulier un nombre considérable d’équipes labellisées a vu le jour à Angers ainsi qu’une école doctorale dynamique dont il est à l’origine.

2004 Jean-Pierre Genet

2003 Jean-Pierre Majoral

2002 Jean-Yves Saillard

2001 Jean-Yves Lallemand

Jean-Yves Lallemand, 58 ans, est directeur de recherche au CNRS (classe exceptionnelle) et professeur à l’École polytechnique.

Après une thèse d’État sur la synthèse d’alcaloïdes, sous la direction de Marc Julia, il effectue un stage post-doctoral aux États-Unis (J.D. Roberts, Califor-nia Institut of Technology) où il s’initie à la RMN du carbone 13 juste naissante. A côté d’études d’alcaloïdes complexes, il développe les techniques impulsionnelles et de transformation de Fourier.

En 1973, il rejoint le laboratoire de chimie de l’ENS pour y installer un service de RMN et créer une équipe indépendante orientée vers la synthèse de produits naturels. En RMN, le premier résultat important est la mise au point d’une technique permettant de dénombrer facilement et avec une bonne sensibilité le nombre de protons portés par un carbone, technique toujours utilisée. Parallèlement, il démarre les premières expériences de RMN 2D, immédiatement appliquées à l’élucidation de composés naturels complexes ou sur de très faibles quantités. Comme cela s’est produit plusieurs fois dans sa carrière, les études RMN serviront de prétexte à des exercices de synthèse totale comme celle du Polygodial, un antiappétant très puissant sur les insectes.

Vers 1978, Jean-Yves Lallemand aborde pour la première fois des sujets touchant la biologie lors de l’étude de l’interaction du cis-platine avec des oligonucléotides modèles d’ADN. Une autre étude concerne l’exploration du site de fixation de l’hémoglobine.
En 1981, il constitue un nouveau groupe de recherche en RMN à l’Institut de Chimie des Substances Naturelles (CNRS, Gif-sur-Yvette) et est nommé maître de conférences à l’École polytechnique. La nouvelle équipe RMN de l’ICSN s’affirmera rapidement en France et sur le plan international comme spécialiste des nouvelles méthodes de RMN multidimension-nelle et hétéronucléaire, en particulier avec la première expérience de « détection inverse », maintenant largement utilisée pour l’augmentation de sensibilité qu’elle procure. Au fil des années, l’équipe a publié de nombreuses innovations au niveau des méthodes RMN (RMN 3D), du traitement du signal, des logiciels ou de la RMN in vivo sur rats, cellules de plantes en culture ou organes perfusés. Certains développements, tels le suréchantillonnage et le « filtrage digital » dans les différentes dimensions des spectres, sont aujourd’hui intégrés en standard dans les spectromètres modernes.

Parallèlement, il développe son activité en synthèse organique. Cette recherche, qui relève de la synthèse multiétapes, met en jeu la chimie organique classique mais aussi la chimie organométallique, la photochimie et la chimie radicalaire. Elle a permis la découverte de nombreuses réactions ; on peut signaler l’amélioration considérable de la cuprostannylation d’alcynes par l’addition de plusieurs équivalents d’eau.

Enfin, Jean-Yves Lallemand a récemment apporté une contribution importante à la compréhension des mécanismes fondamentaux intervenant dans la mucoviscidose. Partant d’un raisonnement de chimiste, il a peut-être mis le doigt sur une stratégie alternative de traitement de maladies génétiques consistant à activer, par des molécules simples, des gènes peu exprimés ou en sommeil et produisant des protéines de substitution remplaçant fonctionnellement la protéine déficiente. Ses résultats ont conduit à un essai thérapeutique de phase II, utilisant la colchicine comme inducteur, dont les premiers résultats sont très encourageants.

Jean-Yves Lallemand est l’auteur de 247 publications, 4 brevets et une licence. Il a donné de nombreuses conférences à l’étranger et dirigé une cinquantaine de thèses.

Outre son élection à l’Académie des sciences, il a reçu le prix de la division Chimie organique de la SFC (1980), le prix de l’Académie des sciences (1984), la Médaille d’argent du CNRS (1984) et le prix Grammaticakis-Neuman de l’Académie des sciences (1993).

Depuis 2000, il dirige l’Institut de Chimie des Substances Naturelles du CNRS à Gif-sur-Yvette.

2000 Didier Astruc et Pierre H. Dixneuf

Didier Astruc

Didier Astruc, 54 ans, professeur à l’université Bordeaux I, a préparé, sous la direction de René Dabard, une thèse d’État sur la chimie des ferrocènes-cages. Après un stage post-doctoral aux États-Unis (prof. R.R. Schrock au MIT) sur la chimie organométallique du nobium et du tantale, il est détaché pour 4 ans au CNRS à Rennes.

C’est à cette époque qu’il commence à développer le concept de réservoir d’électrons en stabilisant un nouveau degré d’oxydation, le Fel. Ces composés sont encore actuellement les molécules neutres les plus riches en électrons ayant jamais été isolées et bien caractérisées. Didier Astruc a combiné l’activation moléculaire et la catalyse classique par les métaux de transition avec l’activation par transfert d’électron.

Une des découvertes majeures de son groupe de recherche a été la polyfonctionnalisation en étoiles des aromatiques polyméthylés par l’intermédiaire de complexes du fer, du ruthénium, du cobalt et du rhodium. Ce concept est maintenant utilisé pour synthétiser des arbres moléculaires de topologies variées dont certaines sont chirales. Didier Astruc a également étudié la structure électronique des radicaux mono- et bimétalliques impliquant de nouveaux degrés d’oxydation (concept de caméléon). Il a développé les fonctions des complexes réservoirs d’électrons dans trois directions :

  • Les transports stoechiométriques d’électron pour l’activation moléculaire et la science des matériaux,
  • L’initiation de la catalyse par transfert d’électron en chaîne,
  • La catalyse redox. Après une année sabbatique à Berkeley où il a collaboré à l’université de Californie avec K.P.C. Vollhardt sur la reconnaissance redox dans les complexes homo- et hétérobimétalliques et la synthèse électrocatalytique de zwitterions organobimétalliques initiée par les complexes réservoirs d’électrons du fer (I), il a développé à l’Institut Universitaire de France de nouveaux axes de recherche dans le domaine des nano-sciences. Parallèlement, l’apport de la thermodynamique à la chimie organométallique dendritique a été recherché dans le souci d’établir des références électrochimiques universellement fiables.

Didier Astruc a publié 225 articles et donné 193 séminaires ou conférences de recherche. Il est l’auteur de Electron-Transfer and Radical Processes in Transition-Metal Chemistry (Wiley-VCH), d’un livre de chimie organométallique (à paraître), et rédacteur d’un volume de Handbook on Electron Transfer, à paraître chez Wiley-VCH.

Prix de la division Chimie de coordination de la Société Chimique de France en 1981 et Prix franco-allemand Alexander von Humboldt en 1989 (conjointement avec Marc Julia), il a été professeur invité, pour des périodes prolongées (Californie, Allemagne, Espagne).

Pierre H. Dixneuf

Pierre H. Dixneuf, 60 ans, est professeur de classe exceptionnelle depuis 1994. Après une thèse sous la direction de René Dabard, il a effectué un stage postdoctoral avec M.F. Lappert à l’université de Sussex. P. Dixneuf a effectué toute sa carrière à l’université de Rennes.

La contribution scientifique de P. Dixneuf est très importante, plus de 250 articles et 3 brevets ; il a obtenu des résultats remarqués et innovants dans plusieurs domaines :

  • Utilisation des métallacumulènes (vinylidènes, allénylidènes du ruthénium, Ru=(C=)nCRl2) et l’activation des alcynes.
  • Synthèse de nouveaux systèmes catalytiques dérivés du ruthénium qui se sont avérés de bons catalyseurs de métathèse d’alcynes et d’énynes.
  • Formation sélective de liaisons C-C dans des conditions très douces.
  • Valorisation du CO2, dans des réactions catalytiques avec économie d’atomes.

Une réaction particulièrement innovante concerne l’addition de carbamate à l’aide de catalyseurs du ruthénium (RuC12L arène) sur des acétyléniques monosubstitués. Cette réaction spécifique aux alcynes terminaux conduit à des vinylcarbamates et correspond à une addition non classique de type anti-Markovnikov par l’intermédiaire d’un ruthénium vinylidène Ru=C=CHR électrophile utilisé pour la première fois en catalyse.

Cette réaction a permis de développer de nouveaux concepts des métaux vinylidène en catalyse. Ce type de catalyse est efficace pour la synthèse de carbonates cycliques et de vinyles oxazolidinones. Ces oxazolidinones ont été valorisées par hydrogénation énantiosélective à l’aide de catalyseurs chiraux du ruthénium. Cette nouvelle réaction d’activation d’alcynes a été l’étape initiale dans des études d’activations stÏchiométriques d’alcynes.

Pierre Dixneuf a présenté de nombreuses conférences. I1 a obtenu un prix de l’Académie des sciences et plusieurs distinctions internationales : Prix de Recherche (Fondation A. Von Humboldt), Dr honoris causa (université de Waterloo, Canada), lauréat JSPS du Japon. Professeur invité dans plusieurs universités (Canada, États-Unis, Espagne, Russie, Japon), il a participé à trois réseaux de recherche européens et a été directeur scientifique adjoint au département Sciences chimiques du CNRS. Depuis le ler janvier 2000, il est le directeur du nouvel Institut de Chimie à Rennes

1999 Jean-Claude Chottard

1998 John Osborn

John Osborn, avait 59 ans, était professeur à l’université Louis Pasteur de Strasbourg depuis 1976.

Originaire du Kent, il avait effectué ses études supérieures à l’université de Cambridge (Angleterre) et ses travaux de thèse à l’Imperial College à Londres, avec le Professeur Wilkinson. Après une année de ICI fellow, il était devenu« assistant professor » à l’université d’Harvard à Cambridge aux États-Unis, puis professeur associé dans cette même université. C’est en 1975 qu’il fut accueilli à l’université Louis Pasteur, où il était devenu, dès 1978, directeur de 1’ERA CNRS n° 721 jusqu’en 1985, puis de 1’URA 424 depuis 1985. I1 était professeur à la classe exceptionnelle depuis 1992, de même que professeur à l’Institut Universitaire de France depuis cette date.

La carrière scientifique de John Osborn a été consacrée à la chimie organométallique appliquée à la catalyse homogène. On peut ainsi distinguer trois types de contributions marquantes :

  • son action dans le domaine de la catalyse homogène ;
  • ses travaux en synthèse organométallique, inorganique et bioinorganique ;
  • son apport personnel dans l’approche fondamentale des réactions catalytiques homogènes par le biais d’études mécanistiques. En catalyse homogène, on se doit d’associer le nom de J. Osborn à celui de G. Wilkinson pour la découverte du catalyseur d’hydrogénation des oléfines RhCl(PPh3)3 au même titre que les catalyseurs d’hydroformylation apparentés. Ces découvertes fondamentales ont contribué, pour une large part, au développement de la catalyse homogène, eu égard à leur impact industriel.

Depuis lors, John Osborn a aussi découvert d’autres catalyseurs extrêmement efficaces :

  • de type carbène pour la métathèse des oléfines ;
  • pour des réactions de carbonylations sur catalyseurs à base de palladium ;
  • et, plus récemment, pour la synthèse asymétrique d’amines par hydrogénation d’imines.

J. Osborn s’était attaché à définir les mécanismes intimes de ces réactions. Ses travaux les plus remarquables, dans ce domaine, sont certainement ceux réalisés par RMN in situ des processus mis en jeu : l’observation directe d’intermédiaires réactionnels ou de processus dynamiques interconversion lui a ainsi permis de contribuer de manière considérable à la compréhension de réactions telles que :

  • l’insertion d’hydrure dans une oléfine sur complexes du molybdène ;
  • ll’observation directe de processus dynamiques interconversion P allyle/hydrure P alcène ;
  • ll’observation directe de carbènes et d’intermédiaires métallocyclobutanes en méthathèse. Cette activité scientifique a été réalisée en formant 41 thésards et par la prise de 11 brevets.

1997 Francis Garnier

1996 Jean Villieras

1995 Jean-Claude Jacquesy

1994 Andrée Marquet

1993 Armand Lattes

1992 Guy Solladié

1991 Odile Eisenstein

1990 Jean Normant

1989 Pierre Duhamel

1988 Jacqueline Seyden-Penne

1987 Robert Carrié

1986 Christian Vidal

1985 Robert Corriu

1984 Gérard Bricogne

1983 Paul Caubère

1982 Henry-Philippe Husson

1981 Jean Riess

1980 Jean-François Biellmann

1979 Pierre Sinay

1978 René Hugel

1977 Edmond Toromanoff

1976 Bertrand Castro

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