Lauréats division chimie coordination

2011 J.- C. Hierso

Le Prix de la Division de Chimie de Coordination, dans la catégorie des « moins de 40 ans », récompense cette année Jean-Cyrille Hierso, Professeur à L’institut de chimie moléculaire de l’Université de Bourgogne (UMR CNRS 5260) à Dijon.

Jean-Cyrille Hierso, après une Maîtrise de Chimie-Physique à l’Université Paul Sabatier de Toulouse obtenue en 1993, intègre l’équipe du Dr. Bruno CHAUDRET au Laboratoire de Chimie de Coordination de Toulouse pour un DEA consacré à l’étude de nanoparticules du palladium et du platine, formées en solution à partir de complexes organométalliques. Il soutient sa thèse de Doctorat en novembre 1997 à l’Université Paul Sabatier, sur la synthèse de nanoparticules par dépôt chimique en phase vapeur (OMCVD) au départ de complexes de coordination du palladium et du platine sous la direction du Professeur Philippe KALCK, et en collaboration avec le laboratoire des matériaux de l’École Nationale Supérieur de Chimie de Toulouse. Il montre que l’introduction d’une faible quantité de gaz réactif en CVD permet d’abaisser à moins de 100 °C la température de dépôt métallique. Cette maîtrise inédite permet de former des agrégats ultra-dispersés de grande pureté sur des surfaces planes ou pulvérulentes. Il étudie à la fois la réactivité organométallique en phase gazeuse et les lois de germination et de croissance des agrégats (Chem. Mater. 1996, 8, 2481 et 2000 12, 390). Ce travail fondateur pour lui trouve encore des résonances dans les développements en catalyse hétérogène qu’il conduit actuellement (Adv. Funct. Mater. 2011, 21, 1064). Il s’en suit un stage post-doctoral au Laboratoire de Chimie de Coordination du CNRS, à Toulouse, sur la chimie des ligands pyrazolyl borate pour la synthèse de complexes organométalliques du tantale à liaisons agostiques, sous la direction du Professeur Michel ETIENNE. Jean-Cyrille poursuit sa formation par un second stage post- doctoral à vocation industrielle dans l’équipe du Professeur Jan REEDIK à l’Université de Leiden, aux Pays Bas. Il travaille alors sur des complexes de coordination du cobalt, en vue d’applications comme initiateurs de polymérisation radicalaire pour des peintures non-toxiques.

Il est nommé en 2001 Maître de Conférences à l’Université de Bourgogne rejoignant l’équipe du Professeur Philippe MEUNIER, et initie alors une ligne de recherche totalement originale sur des ligands phosphine ferrocéniques polydentes, pour en étudier leurs propriétés, leur chimie de coordination et leurs applications en catalyse de couplage croisé. Une grande variété de ligands et de complexes aux multiples facettes est ainsi créée et valorisée (Chem. Soc. Rev. 2007, 36, 1754). Dans un premier temps, ces nouveaux ligands sont utilisés pour catalyser les couplages C–C ou C–N au palladium, et plus récemment, la démonstration est faite de la possibilité d’activation des liaisons C–H et C–Cl (Angew. Chem. 2010 49, 6650). Son travail en collaboration avec le Dr. Henri Doucet (Université de Rennes 1) contribue ainsi de manière très significative au développement d’une catalyse en présence d’une très faible quantité de catalyseur (inférieure à 0,01 %), en utilisant ses ligands ferrocéniques très robustes, initiant ainsi de nouvelles pistes pour la synthèse organique moderne. Il faut citer encore ses contributions méthodologiques et conceptuelles sur l’arylation d’alcynes (Org. Lett. 2004, 6, 3473 ou Organometallics 2008, 27, 1506, etc.), qui en font aujourd’hui l’un des experts du domaine, comme en témoigne la mise au point référence dans le domaine très abondamment citée (Angew. Chem. 2007, 46, 834). De manière plus fondamentale, il est le premier à pointer du doigt l’existence et l’importance de couplages spin-spin indirects entre atomes de phosphore à contrainte stérique significative (J. Am. Chem. Soc. 2004 126, 11077), ce qui a conduit dès lors la communauté internationale des chimistes à réaliser que ces couplages « à travers l’espace » sont plutôt communs, mais n’avaient jamais été mis en évidence et modélisés.

En 2006, il a soutenu avec succès son « Habilitation à Diriger des Recherches » à l’Université de Bourgogne, et a été nommé Professeur en 2009 au sein de cette même Université. La grande richesse et polyvalence scientifique qui le caractérise, avec comme axe central la chimie de coordination et tous les développements et applications qu’il sait en tirer, c’est traduite par la publication de 54 articles cités plus de 1000 fois à ce jour. Il a donné de nombreuses conférences invitées sur tous les continents et a déjà effectué de nombreux séjours dans plusieurs Universités étrangères (Münster, Hong-Kong, Kiev). Enfin, il faut noter qu’il a été invité très récemment à donner des conférences dans plusieurs congrès internationaux majeurs : dont La Gordon Conference « Physical Organic Chemistry » 2009, aux États-Unis, la Conférence ICOMC 2010 à Taipei (XXIVth International Conference On Organometallic Chemistry) et il sera l’un des quatre jeunes conférenciers pléniers européen à la XIXth European Conference on Organometallic Chemistry (EuCOMC) à Toulouse en 2011. Les projets développés par Jean-Cyrille sont inspirés des principes d’une chimie propre et durable en phase avec les aspirations de notre société. Des approches innovantes plus récentes concernent également des applications thérapeutiques et d’imagerie médicale. Sa créativité se traduit aussi par la prise de brevets (ligands polyphosphines hétérogénéisables PCT 2011). Finalement, lorsqu’il délaisse la science c’est au sport qu’il se consacre, soit comme « partenaire » de rugby de ses enfants, pratiquants bourguignons en moins de 9 ans (!), soit pour entretenir son 2e dan de ceinture noire de karaté Shotokan.

2010 Rinaldo Poli

Le prix de la Division de Chimie de Coordination récompense cette année Rinaldo Poli, Professeur à l’ENSIACET, membre Senior de l’Institut Universitaire de France, et responsable de l’équipe « Ligands chiraux, complexes et catalyse » au Laboratoire de Chimie de Coordination du CNRS.

Le parcours scientifique de Rinaldo Poli commence en Italie, à Pise, dans les années 80, avec une solide formation en chimie organométallique sur la synthèse des composés métallo-carbonyles sous la direction de Fausto Calderazzo, l’un des pionniers de notre discipline.

Déjà, dans le cadre de sa thèse, il s’échappe un an à Londres pour travailler sur les métallo-alkyles, avec Geoffrey Wilkinson, puis rentre à Pise terminer son doctorat à l’école normale supérieure (1985). Il part alors effectuer un stage post-doctoral de deux années à l’Université de Texas A & M, à College Station, sous la direction de F. A. Cotton. Là, il utilise d’abord avec succès les composés carbonyles préparés dans sa thèse pour engendrer des composés bimétalliques du Mo(II) à liaison quadruple, mais ne va pas se limiter à ce métal et, avec Cotton, il va publier en deux ans 19 articles, dont 4 JACS sur les systèmes polymétalliques à liaison multiple.

Il prend alors son indépendance scientifique et commence sa carrière académique aux états unis en 1987 sur un poste d’assistant professeur à l’Université de Maryland, où il va gravir les échelons pour devenir professeur titulaire en 1995.

Au cours de la période américaine de sa carrière, il devient l’un des spécialistes mondiaux de l’étude des composés organométalliques à couche ouverte, et le « modèle de Poli » devient alors « la » référence pour l’étude de ces composés, comme en témoignent deux de ses revues sur ce thème (Chemical Reviews, 1996, 96, 6, 2135 ; Chemical Society Reviews, 2003, 32,1) citées chacune près de 140 fois.

Recruté en 1996 sur un poste de Professeur à l’Université de Bourgogne, où il restera 7 ans, il aborde un nouveau projet sur la catalyse de polymérisation. Il est détaché au LCC en tant que Directeur de Recherches en 2003 et nommé Professeur à l’Institut National Polytechnique de Toulouse en 2005. Au LCC, grâce à sa large culture scientifique et à son charisme, il parvient à fédérer plusieurs équipes et faire travailler ensemble avec succès des chercheurs venus d’horizons différents, intégrant en particulier un groupe d’enseignants chercheurs localisés sur l’IUT de Castres. Son équipe performante, et très soudée sur le plan humain, vient d’être évaluée par l’AERES qui l’a classée en catégorie A+.

Au LCC, Rinaldo développe actuellement cinq projets bien ciblés :

  1. L’étude des complexes hydrures et des réactions de transfert de proton, en collaboration avec l’équipe d’Elena Shubina à l’INEOS de Moscou (exemples : J. Am. Chem. Soc, 2003, 125, 11106 ; Chem. Eur. J., 2010, 16, 189) ;
  2. une chimie « verte » des complexes du molybdène dans l’eau, en relation avec la catalyse d’oxydation, en partie en collaboration avec Carlos Romao (Portugal) (Organometallics, 2005, 24, 2582) et avec Maurizio Peruzzini (Florence) (Organometallics 2008, 27, 2281) ;
  3. La chimie de coordination de ligands hybrides bi-fonctionnels appliquée à la catalyse asymétrique (avec le concours d’Eric Manoury et Agnès Labande, son équipe vient de publier le premier exemple de catalyse asymétrique du couplage de Suzuki-Miyaura avec des ligands NHC : Organometallics, 2010, 29, 1879) ;
  4. La catalyse d’hydroamination des oléfines non activées, activité démarrée préalablement dans l’équipe par Jean-Jacques Brunet (Organometallics 2009, 28, 4764) ;
  5. La compréhension du rôle des complexes de coordination en polymérisation radicalaire contrôlée, son activité personnelle favorite dans laquelle on trouve ses articles récents les plus cités (Prog. Polym. Sci. 2009, 34, 211 ; Chemistry, Eur. J. 2008, 14, 4046 ; Chemistry, Eur. J. 2007, 13, 2480 ; Angew. Chem., Int. Ed. 2006, 45, 5058)…

Rappelons que Rinaldo Poli enseigne à l’ENSIACET, où il s’est lourdement investi dans l’enseignement des divers aspects de la Science des polymères, et dans la mise en place de cours spécialisés de catalyse option chimie verte et de polymères fonctionnels option matériaux qu’il donne en anglais, à l’attention des élèves de troisième année.

Une analyse bibliométrique révèle qu’il est auteur d’environ 270 publications, citées à ce jour 4843 fois, avec une courbe ascendante qui dépasse les 350 citations par an en 2009, et que son indice h est de 32. Rinaldo a récemment organisé deux conférences et travaille de manière intensive à l’organisation de deux nouvelles conférences internationales, dont il est co-chairman avec Philippe Kalck : la conférence EuCheMS « 19th EuCOMC » (Toulouse 2011) et la 18th ISHC (Toulouse, 2012).

Doué d’une énorme capacité de travail, mais très organisé, il a été coordonnateur principal de cinq réseaux de recherche et a participé à trois autres réseaux européens. Il a présenté 186 conférences dans le monde, a été Professeur invité dans de nombreux pays et en particulier il a récemment été lauréat de la fondation Humboldt, ce qui lui a permis d’effectuer deux séjours en Allemagne ces deux dernières années. Rappelons qu’il s’investit beaucoup dans les sociétés savantes (ACS, SCI, SCF), et qu’il est actuellement chairman de l’Editorial Board du European Journal of Inorganic Chemistry. Rinaldo est également membre nommé du Comité National en Section 14.

Sachant que Rinaldo a eu de nombreux Prix au cours de la période américaine de sa carrière et plus récemment des communautés allemande (prix Humboldt déjà cité) et italienne (prix senior du groupe interdivisionnel de chimie organométallique de la SCI 2010), il était temps que notre division récompense aujourd’hui cet excellent collègue qui, guidé par sa passion du métier de chercheur et d’enseignant, œuvre avec motivation, dynamisme et efficacité pour la chimie durable en veillant toujours à la reconnaissance de notre discipline dans le monde.

2009 Stéphane Bellemin-Laponnaz

Le Prix de la Division de Chimie de Coordination 2009 est attribué à Stéphane Bellemin-Laponnaz, chargé de recherche de 1re classe au sein de l’UMR CNRS 7177 à l’Université de Strasbourg.

Stéphane a été l’un des derniers étudiants du regretté John Osborn, avec qui il a publié ses premiers travaux sur l’isomérisation des alcools allyliques catalysée par des complexes oxo du rhénium. Ces catalyseurs homogènes sont maintenant régulièrement appliqués dans des synthèses totales de produits naturels (Amphidinolide B1, Apratoxin A, Leucascandrolide A…).

Sa thèse, soutenue en 1998, a été récompensée par le Prix Adrerus 1999. Il a ensuite effectué un stage post-doctoral au MIT sous la direction du Professeur Gregory C. Fu, avec qui il a travaillé sur le dédoublement cinétique d’amines et d’alcools par réactions d’acylation. Entré au CNRS en 2000, il est devenu le premier collaborateur de Lutz Gade, qui venait d’intégrer l’Université Louis Pasteur.

Promu CR1 en 2004, il a soutenu brillamment son habilitation à diriger des recherches, et a rapidement obtenu la médaille de Bronze du CNRS (2005). Au moment de la nomination de Lutz Gade à l’Université de Heidelberg, il est resté seul à la tête de l’équipe et a co-encadré le travail des doctorants encore localisés à Strasbourg.

Plus récemment, il a rejoint l’équipe du Professeur Richard Welter tout en conservant son indépendance scientifique. Sa collaboration scientifique avec Lutz Gade s’est prolongée par plusieurs thèses dirigées en co-tutelle, tandis que l’obtention d’une ACI jeune chercheur (2004-2007) lui a permis de diriger seul une nouvelle thèse, et de publier 15 articles en totale indépendance scientifique depuis 2004.

Il est à ce jour co-auteur de 56 publications. Les recherches de Stéphane Bellemin-Laponnaz ont pour thème central la catalyse asymétrique, avec trois orientations principales :

  • Ayant découvert une stratégie de synthèse de ligands chiraux polydentes de haute symétrie, les tris-oxazolines (abrégées trisox, symétrie C3), il a développé la chimie de coordination de ces ligands avec les métaux les plus divers : Sc(III), Fe(II), Co(II), Ni(II), Cu(I)-Cu(II), Zn(II), Mo(0), Rh(I)-Rh(III), Pd(II), et mis à jour des applications catalytiques originales de ces complexes. On retiendra par exemple l’utilisation de complexes de Cu(II) à ligands hémi-labiles trisox en catalyse de type acide de Lewis, l’étude de complexes biomimétiques du Zn(II) comme catalyseurs du dédoublement cinétique d’aminoacides activés, ou encore, la démonstration de l’activité de complexes (alkyl)Sc(trisox) dicationiques comme catalyseurs remarquablement actifs en polymérisation des oléfines.
  • Il a décrit une synthèse modulaire de carbènes N-hétérocycliques fonctionnalisés par une oxazoline chirale, et étudié l’application des complexes de ces ligands pour l’hydrosilylation catalytique des cétones, réaction pour laquelle il a proposé un nouveau mécanisme faisant intervenir un intermédiaire silylène. Sa revue avec Vincent César et Lutz Gade sur les carbènes N-hétérocycliques chiraux (Chem. Soc. Rev. 2004, 33, 619) est son article le plus cité.
  • Il a imaginé une nouvelle méthodologie permettant le dédoublement cinétique d’un mélange racémique par utilisation d’un polymère comme support privilégié de l’un des énantiomères. Cette approche permet une séparation aisée en fin de réaction.

En résumé, le travail accompli à ce jour par Stéphane Bellemin-Laponnaz est parmi les plus élégants réalisés en France dans le domaine des applications des composés de coordination en catalyse asymétrique, tandis que l’originalité et la rigueur de son approche scientifique sont déjà au meilleur niveau mondial, justifiant pleinement le Prix qui lui est attribué aujourd’hui.

Stéphane Bellemin-Laponnaz recevra son Prix dans le cadre des journées de la Division de Chimie de Coordination 2010 (28-29 Janvier 2010, Ecole Polytechnique, Palaiseau) où il présentera l’une des conférences invitées.

2008 Christian Bruneau

Le Prix de la Division de Chimie de coordination récompense cette année Christian Bruneau, responsable du groupe « Catalyse et Organométalliques » au sein de l’UMR 6226 : CNRS - Université de Rennes I – Sciences chimiques de Rennes.

Christian Bruneau a fait des études d’ingénieur à l’Institut National Supérieur de Chimie Industrielle de Rouen. Il a obtenu sa thèse en 1979 à l’école de chimie de Rennes (ENSCR) sur une thématique Chimie organique et environnement. Entré au CNRS en 1980, il a d’abord poursuivi ses travaux à l’ENSCR, puis a effectué une mobilité thématique vers les organométalliques et la catalyse homogène en 1986 dans le laboratoire de Pierre Dixneuf. Il a innové à la fois par la création de nouveaux catalyseurs pour des réactions d’intérêt industriel, et par le développement de nouvelles réactions catalytiques, deux orientations de recherche qui ont fait la notoriété internationale de l’équipe dont il a pris la Direction en 2000.

Ayant d’abord largement développé l’étude des réactions d’addition de nucléophiles aux alcynes terminaux mettant en jeu des intermédiaires vinylidènes organométalliques (Acc. Chem. Res. 1999, 32, 311), il a ensuite trouvé de nouvelles applications pour ces composés en orientant logiquement ses recherches vers la métathèse des oléfines et des énynes. Parmi ses travaux les plus cités, on trouve en effet la découverte d’une nouvelle famille de catalyseurs de métathèse bien définis de type ruthénium-allénylidène (Chem. Eur. J., 2000, 6, 1847).

Plus récemment, ses efforts se sont portés sur la catalyse asymétrique, avec deux directions privilégiées : l’hydrogénation des énamides et l’allylation. Parmi ses résultats les plus originaux, citons l’hydrogénation énantiosélective d’énamides tétrasubstitués en utilisant un catalyseur engendré par combinaison d’un pré-catalyseur du ruthénium et d’un ligand optiquement pur en conditions acides. Les travaux les plus récents de ce projet ont été valorisés par une collaboration avec une firme pharmaceutique pour la production d’intermédiaires de synthèse optiquement purs. Citons également ses travaux remarquables sur l’isolement d’intermédiaires allyl-Ru(IV) impliqués dans l’allylation énantiosélective et les réactions catalytiques en cascade. Enfin, l’un de ses nouveaux projets (J. Am. Chem. Soc. 2008, 130, 1156) concerne l’activation catalytique de liaisons C-H non réactives par le développement de nouveaux complexes du Ru(II) à ligands carbène et carbonate. Christian Bruneau est co-auteur de 170 publications et 4 brevets. Il a co-édité deux livres, dont « Ruthenium catalysts and fine chemistry » (Springer, 2004), et le tout récent « Metal vinylidenes and allenylidenes in catalysis » (Wiley, Mai 2008).

Soulignons également la forte implication de Christian Bruneau dans des tâches d’intérêt général pour la communauté des chimistes Rennais comme directeur de l’UMR6509 puis au sein de l’UMR6226, et dans des réseaux de recherche européens dont IDECAT. Ces activités au niveau national et international sont remarquablement mises en lumière cette année par son travail à la tête du comité d’organisation du congrès ICOMC 2008.

2007 Narcis Avarvari

Le Prix de la Division de Chimie de Coordination 2007 dans la catégorie des « moins de 40 ans » a été attribué à Narcis Avarvari, chargé de recherches au CNRS au Laboratoire de chimie, ingéniérie moléculaire et matériaux d’Angers (UMR 6200 CNRS Université d’Angers).

D’origine Roumaine, Narcis Avarvari a commencé ses études de chimie à l’Université « Alexandru Ioan Cusa » en Roumanie. A 18 ans, il a obtenu la médaille d’argent aux olympiades internationales de chimie à Halle, en Allemagne.

En 1993, il est entré à l’École Polytechnique dans le cadre du Programme Européen de l’École. Son travail de thèse sous la direction de François Mathey et Pascal Le Floch a été distingué en 1999 par le Prix de thèse de l’École Polytechnique. Ce travail a fait en particulier l’objet d’une publication à Science sur les premiers ligands macrocycliques du phosphore sp2. Il a effectué un stage post-doctoral à Zurich à l’ETH avec Hansjoërg Grützmacher, et est entré au CNRS en 1999 comme chargé de recherche dans le laboratoire dirigé par Patrick Batail, dans l’équipe de Marc Fourmigué .

Il a obtenu son habilitation à diriger des recherches en 2006. Ses domaines d’investigation sont centrés sur la chimie de coordination et organométallique et orientés vers des applications dans le domaine des matériaux moléculaires. Une grande part de son activité concerne en particulier l’étude de complexes électroactifs incorporant des tétrathiafulvalènes fonctionnalisés par des pyridines ou des phosphines. Ses succès les plus récents concernent les matériaux moléculaires chiraux à base de groupements TTF-oxazoline, et les premiers conducteurs moléculaires chiraux à base de EDT-TTF-Me-Ox (JACS, 2005, 127, 5748).

La très grande culture scientifique de Narcis Avarvari lui permet d’exploiter ses découvertes dans de multiples directions. Ainsi, les dérivés TTF-phosphinooxazolines qu’il a synthétisés sont également étudiés en catalyse énantiosélective, comme catalyseurs modulables.

Agé de 36 ans, auteur de 56 publications, Narcis est d’une stature scientifique exceptionnelle, et son dynamisme se mesure également dans le nombre des programmes internationaux qu’il a initiés. On perçoit déjà qu’il sera une des figures marquantes de sa génération en chimie.

Narcis Avarvari présentera une conférence invitée et recevra son Prix lors des prochaines journées de la Division de Chimie de Coordination qui auront lieu en Janvier 2008 à Dijon.

2006 Dominique Matt

Le Prix 2006 de la Division Chimie de Coordination de la SFC a été attribué à Dominique Matt, 54 ans, Directeur de recherche au CNRS à l’Institut de Chimie de Strasbourg.

Titulaire d’une thèse d’Etat obtenue en 1980 sous la direction de Pierre Braunstein, il effectué deux stages post doctoraux, l’un de 14 mois comme assistant à l’ETH –Zurich sous la direction du Professeur Venanzi, et le second au Hauptlaboratorium de la BASF-Ludwigshafen.

Entré au CNRS en 1983 dans l’équipe de Pierre Braunstein, il a participé au programme de valorisation du dioxyde de carbone, et a contribué en particulier à la découverte d’un système très performant PdII/phosphine pour la co-oligomérisation catalytique butadiène-CO2.

En 1990, l’Ecole des Hautes Etudes de l’Industrie Chimique de Strasbourg, alors dirigée par Jean-Claude Bernier, lui a donné de nouvelles ouvertures, et il a pu créer sa propre équipe, le « Groupe de Chimie Inorganique Moléculaire », dont la thématique principale était la synthèse de ligands hybrides et de coordinats à mobilité réduite ainsi que leurs applications en chimie de coordination et catalyse.

Promu Directeur de Recherche en 1991, il s’est intéressé en particulier à l’élaboration d’extractants polyphosphorés pour la complexation sélective d’ions métalliques. Une des retombées importantes de ses travaux fut la découverte de complexants des lanthanides ayant une sélectivité remarquable pour le praséodyme. Cette période a marqué le point de départ de ses activités de recherche en catalyse supramoléculaire, qui constituent aujourd’hui son axe principal de recherche, centré sur la chimie des métallocavitands dérivés des calixarènes, résorcinarènes et cyclodextrines. Ses résultats récents les plus significatifs concernent la synthèse de complexes moléculaires associés à un centre catalytique confiné dans un espace cavital, ainsi que la découverte de catalyseurs très performants bâtis sur des plateformes calixarène et cyclodextrine.

Le nombre de brevets résultant de ses activités de recherche est de 7 (avec 5 extensions), déposés au nom des entreprises CEA, SNPE, BASF, ULP.

Notons qu’il collabore avec la société américaine GENZYME pour la mise au point d’un procédé industriel de production d’amino-acides utilisant des ligands synthétisés dans son laboratoire. Dominique Matt est l’auteur de 157 publications et a fait récemment plusieurs très belles couvertures des périodiques européens Angewandte Chemie et Chemistry. Il a donné plus de 90 conférences dans le monde, et dispense depuis 1999 un cours de chimie organométallique à l’Université de Saarbrücken.

Un récent « feature article », Chem. Commun. 2005, 5603 constitue une entrée en matière significative sur ses travaux récents.

Dominique Matt présentera une conférence lors du prochain symposium scientifique annuel de la Division de Chimie de coordination qui aura lieu en janvier 2007 à Paris

2005 Muriel Hissler

Le Prix 2005 de la Division Chimie de coordination, décerné pour cette année 2005 à un(e) junior né(e) après le 30 septembre 1966, a été attribué à Muriel Hissler qui a obtenu sa thèse en 1988 suite à des travaux sur la conception de molécules contenant des complexes luminescents de métaux de transitions où de lanthanides réalisés sous la direction du Dr R. Ziessel et du Pr A. Harriman (Université Louis Pasteur).

Après un séjour post-doctoral chez le Pr. R. Eisenberg (Université de Rochester, USA), où elle a travaillé sur des chromophores à base de platine(II) pour l’obtention d’état à charges séparées à longues durées de vie, elle a intégré en 1999 "l’équipe Phosphore et Matériaux Moléculaires" dirigée par le Pr. Régis Réau (UMR 6509 CNRS-Université de Rennes 1). Son thème de recherche principal est le développement d’oligomères organophosphorés -conjugués pour l’opto-électronique. Parmi ses résultats les plus marquants, on peut citer la synthèse des premiers polymères conducteurs à motifs phospholes, la mise au point de matériaux organophosphorés pour des diodes électroluminescentes et la synthèse d’édifices à conjugaison .

L’ensemble de ces travaux à donner lieu à 44 publications et 1 brevet.

Muriel Hissler présentera une conférence lors du prochain symposium scientifique annuel de la Division de Chimie de coordination qui aura lieu en janvier 2006 à Toulouse

2004 Hervé Des Abbayes

Le Prix de la Division « Chimie de coordination » de la SFC, décerné pour l’année 2004 à un chercheur sans limitation d’âge, a été attribué à Hervé Des Abbayes, professeur à Brest, pour ses travaux de pionnier dans le domaine de la catalyse par transfert de phase organometallique, pour la découverte de nouvelles réactions organometalliques fondamentales telles que la double insertion de carbonyle dans les complexes métaux-alkyle et pour son implication actuelle en chimie bioinorganique.

2003 Azzedine Bousseksou

Le Prix de la Division « Chimie de coordination » de la SFC, décerné pour l’année 2003 à un junior de moins de 39 ans, a été attribué à Azzedine Bousseksou, chargé de recherche CNRS.

Azzedine Bousseksou a effectué sa thèse dans le laboratoire du professeur François Varret à Versailles, thèse présentée en 1992 devant l’université Paris VI.

En 1993, il est nommé chargé de recherche au CNRS au LCC où il est depuis dix ans. Depuis janvier 2003, il est responsable au LCC de l’équipe " Propriétés physiques moléclaires " comprenant huit membres dont deux chercheurs CNRS et un groupe d’ étudiants. Azzedine Bousseksou est un spécialiste des transitions de spin, un phénomène de bistabilité moléculaire découvert par Cambi en 1931 avec un complexe cationique tris-dithiocarbamate de fer synthétisé par Delépine en 1907.

Ce domaine a été introduit en France par Jacqueline Zarembovitch puis Olivier Kahn à Orsay. Pendant sa thèse, Azzedine Bousseksou a participé à la collaboration entre Jacqueline Zarembovitch et François Varret. en étudiant les transitions de spin thermiques de composés inorganiques de Fe(III).par spectrométrie Mössbauer. Au laboratoire de chimie de coordination, il a cherché à comprendre le mécanisme de l’établissement de ce phénomène de transition de spin, en particulier par ses études sous champs intenses et pulsés.

Ses recherches ont porté non seulement sur ces aspects fondamentaux, mais également sur les applications du phénomène de transition de spin avec hystérésis à température ambiante à la mise en forme de dispositifs nanoscopiques à mémoire moléculaire qu’il a récemment brevetés.

2002 Patrick Cassoux

Patrick Cassoux est directeur de recherche CNRS de 1re classe au Laboratoire de chimie de coordination du CNRS à Toulouse, laboratoire dont il a été directeur adjoint de 1988 à 1993 et dans lequel il dirige actuellement une très importante équipe de recherche. Il est l’une des figures emblématiques de la chimie française. Très connu de la communauté scientifique nationale et internationale depuis sa découverte des supraconducteurs inorganiques molé-culaires de type (TTF)[Ni(dmit)2]2 au début des années 1980, Patrick Cassoux a contribué de façon très dynamique au développement de la recherche française sur les matériaux inorganiques et leurs propriétés physiques. Son parcours scientifique, extrêmement varié, est allé de l’effet Faraday aux nanofils en passant par la spectroscopie de micro-ondes et les supraconducteurs. Ses principales contributions peuvent se regrouper schématiquement dans les axes suivants :

  • découverte d’un supraconducteur moléculaire dérivé d’un complexe de coordination, le (TTF)[Ni(dmit)2]2 et étude approfondie de toute une famille dérivée de cet archétype ;
  • l’interaction entre spins localisés et électrons de conduction dans un composé moléculaire, l-(BETS)FeCl4 ;
  • fabrication d’une céramique dure contenant du titane et du vanadium ;
  • synthèse d’un complexe hétérométallique du titane et du vanadium contenant des atomes de carbone plans tétracoordinés en collaboration notamment avec Robert Choukroun
  • fabrication de nanofils de (supra)-conducteurs moléculaires et de films d’aimants moléculaires originaux.

Diplômé de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Toulouse en 1965, Patrick Cassoux est rentré, en qualité d’attaché de recherche, au Département de chimie inorganique de l’université Paul Sabatier de Toulouse où il a préparé sa thèse de doctorat sous la direction de F. Gallais. Chargé de recherche au CNRS en 1971, il a effectué, en 1973, un séjour à l’université du Michigan. Il y a appris, sous la direction de R. Kuczkowski, la spectroscopie de micro-ondes, avant de revenir en 1974 au Laboratoire de chimie de coordination de Toulouse qui venait d’être créé. Après une réorientation thématique fondamentale vers la chimie des matériaux, il a effectué en 1979 un séjour au Centre de Recherche et Développement de la General Electric. Ce séjour lui a permis de se familiariser, grâce à l’expertise de L. Interrante, avec les conducteurs moléculaires et il a été promu directeur de recherche en 1981.

Outre ses fonctions directoriales au LCC, Patrick Cassoux a été notamment membre d’un groupe d’expert du ministère (GER 22, 1996-1997), membre de la section 42 du Comité national (1996-2000) et membre de comités de lecture de plusieurs journaux. Il est auteur ou co-auteur de plus de 230 publications, 3 brevets et 1 cession de licence, et 9 chapitres de livre et revues. Il est récipiendaire de plusieurs prix et distinctions : Médaille de bronze du CNRS (1970), prix Paul Pascal de l’Académie des sciences (1987), prix du Concours innovation ADERMIP de Toulouse (1988).

Patrick Cassoux s’est fait remarquer par la qualité et l’originalité de sa recherche, mais aussi comme leader qui a su largement rassembler autour de lui au LCC par son charisme scientifique, son humanisme, son altruisme et sa personnalité enjouée alliant rigueur et humour.

Le prix de la SFC lui a été remis le 5 décembre à l’université Bordeaux I où il donnera cette année le séminaire « Olivier Kahn », à l’occasion du 3e anniversaire de la disparition de ce dernier dont il était un ami proche.

2001 Michèle Salmain

Michèle Salmain, chargée de recherche au CNRS dans la laboratoire de Gérard Jaouen à l’ENSCP.

Agée de 38 ans, elle a une très forte activité visible sur le plan international dans le domaine de la bio-organométallique (immunoanalyse, développements d’immunocapteurs). Son travail s’est traduit par plus de 47 articles et 4 conférences invitées.

Le prix a été remis lors du congrès SFC Eurochem Toulouse 2002

2000 Jean-Jacques Girerd

Jean-Jacques GIRERD, professeur à l’Université de Paris XI.

1999 Anna Proust

1998 Lahcène Ouahab

1997 Marc Fourmigué

1996 Jean-Marc Latour

1995 Jean-François Halet

1994 Bernard Meunier

1993 Véronique Guerchais

1992 Jean-Pierre Launay

1991 Angela Marinetti-Mignani et Mir Wais Hosseini

1990 Jean-Pierre Majoral

1989 Raymond Ziessel et M. Le Bozec

1988 Edmond Samuel

1987 Francis Secheresse

1986 D. Lexa

1985 H. Rudler

1984 Alain Gleizes et Michel Verdaguer

1983 Michel Ephritikhine

1982 Bruno Chaudret

1981 Didier Astruc

1980 Charles Kappenstein

1979 H. Mimoun et Jean-Pierre Sauvage

1978 Roger Guilard

1977 Mme Hubert-Pfalzgraf

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