Pierre de Coubertin

Historien et pédagogue français, surtout connu pour être le rénovateur des Jeux olympiques de l’ère moderne, de son vrai nom Pierre de Freddy, baron de Coubertin, naît le 1er janvier 1863 à Paris, rue Oudinot.

Ses parents et grands-parents sont de noblesse impériale, barons de Coubertin. Son grand-père fut haut fonctionnaire de Napoléon Ier en Allemagne et haut officier militaire sous Louis XVIII. Pierre passe sa petite enfance au château familial de Mirville en Normandie.

Puis il est scolarisé chez les jésuites de l’externat de la rue de Madrid à Paris. Admissible à St-Cyr, il choisit plutôt l’éducation que la carrière militaire. Inscrit à l’Ecole libre des sciences politiques, il effectue de 1883 à 1886 un séjour d’études dans les Iles britanniques qui le marque particulièrement. Il en revient enthousiasmé par l’œuvre de Thomas Arnold, directeur du collège de Rugby, rénovateur de la formation sociale et morale de la jeunesse anglaise, plaçant le sport au cœur de l’éducation.

Il se rallie à la République en 1887, au scandale de sa famille et, soutenu par Georges Morel directeur de l’enseignement secondaire, il se consacre alors à généraliser le modèle d’Outre-Manche en France. Il signe divers livres et articles sur le sport scolaire dès 1887. Devant le peu d’échos de la part des professeurs et des parents, il organise des conférences et des comités pour promouvoir une idée grandiose : restaurer à l’international les Jeux Olympiques. Il lance en novembre 1892 dans l’amphithéâtre de la Sorbonne son appel « A une œuvre grandiose et bienfaisante : le rétablissement des Jeux Olympiques ». Le premier congrès olympique est organisé en 1894 à Paris qui conclut à leur rétablissement avec une fréquence quadriennale.

Les premiers JO rénovés auront lieu symboliquement en Grèce à Athènes en 1896, inaugurés par le roi Georges 1er de Grèce où il se rend avec sa jeune épouse Christa Anna Marie Rothan. Président du Comité International Olympique (CIO), en prévision des jeux olympiques de Paris en 1900 il gardera cette charge jusqu’en 1925, en ayant imposé le français comme langue olympique. La première polémique se développe en 1908 à l’occasion des Jeux de Londres (déjà !) où les hôtes veulent que les jurys soient exclusivement composés de sujets de sa Gracieuse Majesté George V. A cette occasion Pierre de Coubertin explique l’idée olympique des « trustees » ou la formation du Comité par cooptation qui, d’après lui, assure une meilleure indépendance vis-à-vis des Nations.

Le prototype du drapeau olympique est fabriqué par le magasin « Au Bon Marché » de Paris et présenté en juin 1914 au Président de la République Raymond Poincaré. Le baron de Coubertin élit domicile avec sa famille à Lausanne en 1915 et, à son instigation et en raison de la 1re guerre mondiale, le siège du CIO y est transféré en terrain neutre. Il démissionnera de la présidence en 1925.

Il est lauréat du prix Guy Willemstein de l’Académie des sports en 1935. Revenu au CIO, il s’implique dans l’organisation des jeux de 1936 à Berlin, prévus avant l’arrivée de Hitler au pouvoir, et il meurt en septembre 1937. Il est enterré au cimetière du Bois-des-Vaux à Lausanne, mais conformément à ses vœux, son cœur repose dans un monument sur le site antique d’Olympie.

De Coubertin, le polémiste du sport contre l’éducation physique.

Pierre de Coubertin et ses amis plutôt de sensibilité de droite prônaient l’excellence dans la compétition, à l’image des élites des collèges anglo-saxons. Il s’opposait alors à Paschal Grousset, ancien communard, qui souhaitait une éducation physique égalitaire pour le plus grand nombre. Les comités fondés par de Coubertin s’opposaient politiquement à la ligue nationale de l’éducation physique, de sensibilité de gauche. Un docteur hygiéniste, Philippe Tissié, fondateur de la Ligue girondine indépendante, défendait le sport, mais s’opposait aux compétitions et aux violences qu’elles induisaient. Malgré ces divergences et les polémiques, tous ces acteurs travaillaient à populariser le sport qui entrait alors doucement dans les pratiques collectives et individuelles ainsi qu’à l’école.

De Coubertin, misogyne et réactionnaire

Si les déclarations de Pierre de Coubertin sont souvent marquées d’humanisme, on ne peut passer sous silence même dans le contexte de l’époque, certaines franchement réactionnaires. Il croit ainsi à la supériorité de la race blanche « d’essence supérieure ». Il divise aussi la société entre les forts et les faibles, les premiers profitant mieux de l’éducation. Il est resté opposé à la participation des femmes aux JO. Il se retire complétement du CIO à la suite des Jeux de 1928 à Amsterdam, où l’on a autorisé des femmes à concourir contre son avis. Il ne reviendra au CIO que pour la préparation des Jeux de 1936. Sans être nazi, il admirait « intensément » le peuple allemand et son chef et fit sur Hitler et son régime des déclarations embarrassantes. C’est pourquoi nombre d’historiens et de chercheurs le classent du côté des « réactionnaires ».

De Coubertin l’Alsacien

Le 11 mai 1895, Pierre de Coubertin se marie à Christa Anna Marie Rothan dont le père descend des tanneurs de Wasselonne et la mère est fille du maire de Luttenbach, possédant le château de Rothan. Il passe alors souvent l’été au château à Luttenbach, mais à chaque séjour il doit se présenter à la police allemande dont le pays a annexé l’Alsace en 1871

Puisqu’il avait aussi créé les Olympiades des Arts et des Lettres, il présente en 1912 à Stockholm une « Ode aux sports » sous des pseudonymes, mais dont on pressent qu’elle fut d’abord rédigée en allemand par la baronne de Coubertin, née Rothan et qui fut couronnée. Le château de Luttenbach n’a pas résisté à la première guerre mondiale, bombardé, on n’y trouve plus maintenant qu’un pan de mur et un porche en grès des Vosges ; le parc est devenu un camping des amis de la nature et seule une plaque rappelle les séjours de Pierre de Coubertin à Luttenbach de 1896 à 1914. Son épouse est décédée en 1963 à l’âge de 102 ans.

Pensée du jour :
« L’important c’est de participer. Le succès n’est pas un but mais un moyen de viser plus haut »

Sources :

Pour en savoir plus :
L’équipe du Produit du Jour, reconstituée à l’occasion des XXXe Jeux Olympiques de l’ère moderne, vous remercie de votre fidélité.
Le travail fut plus court que lors de l’Année Internationale de la Chimie 2011, d’où le terme de Produit du JO !
Après la trêve du 15 août, nous rediffuserons pour un mois cette série de 17 essais décrivant la participation… de la Chimie aux Jeux Olympiques !

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