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Acétylène

L’acé­ty­lène, ou éthyne sui­vant le nom donné par la nomen­cla­ture IUPAC, a pour for­mule C2H2. Il est le pre­mier de la classe des alcy­nes. Il est carac­té­risé par une triple liai­son entre les 2 car­bo­nes. De masse molaire 26, c’est un gaz plus léger que l’air

L’acé­ty­lène est un gaz inco­lore, très solu­ble dans l’acé­tone et très inflam­ma­ble. C’est le chi­miste fran­çais Marcellin Berthelot qui en 1862 a réussi le pre­mier à le pré­pa­rer par la décharge d’un arc électrique entre deux électrodes de gra­phite dans une atmo­sphère d’hydro­gène.

Les atomes d’hydro­gène peu­vent être rem­pla­cés par des métaux tels que le sodium. La triple liai­son peut s’ouvrir par­tiel­le­ment lors de l’addi­tion d’éléments tels que les halo­gè­nes pour conduire à des inter­mé­diai­res de réac­tion en chimie orga­ni­que.

C’est Henri Moissan qui en 1892 ouvrit la voie à une pré­pa­ra­tion pra­ti­que de l’acé­ty­lène en décou­vrant le car­bure de cal­cium C2Ca par réac­tion du gra­phite sur la chaux à haute tem­pé­ra­ture, dans un four électrique de son inven­tion. En effet, le car­bure de cal­cium se décom­pose par action de l’eau pour mener à l’acé­ty­lène. Les réac­tions sont les sui­van­tes :

CaO + 3C --- C2Ca + CO
CaC2 + 2 H2O --- C2H2 + Ca(OH)2 + 31 kcal

Utilisations de l’acétylène

Au début des années 1900, on pen­sait que l’éclairage public pou­vait être le lot de l’acé­ty­lène pro­duit loca­le­ment par cette voie, mais très vite le gaz de ville d’ori­gine houillère, moins coû­teux, sup­planta l’acé­ty­lène. Cependant, les lampes à acé­ty­lène eurent un très large usage. Pendant des années elles ont été les com­pa­gnes des mineurs avec la flamme plus ou moins bien pro­té­gée de l’atmo­sphère des gale­ries, pour éviter les explo­sions avec le gaz de grisou. Les lan­ter­nes de vélo, les lan­ter­nes d’auto­mo­bi­les fonc­tion­naient, avant les dyna­mos et alter­na­teurs, avec l’acé­ty­lène issu de l’hydro­lyse du car­bure de cal­cium. En même temps qu’il fal­lait faire le plein d’essence, il fal­lait aussi faire le plein de car­bure et régler fine­ment le poin­teau du goutte à goutte d’eau, garant d’une ali­men­ta­tion et flamme régu­lière.

On a sou­vent dit que l’acé­ty­lène avait une odeur allia­cée, en réa­lité les impu­re­tés du car­bure cal­cium pro­dui­saient des phos­phi­nes, arsi­nes et de l’hydro­gène sul­furé qui don­naient ces odeurs désa­gréa­bles.

C’est grâce au fran­çais Charles Picard entre 1901 et 1910 et d’après une idée d’Henry Le Chatelier remon­tant à 1895, que le cha­lu­meau oxy-oxy­acé­ty­lé­ni­que fut inventé. La cha­leur de com­bus­tion et les pro­duits de réac­tion plutôt réduc­teurs per­met­taient de monter à près de 3 000°C et ainsi de fondre et souder les métaux. Après les tra­vaux de Georges Claude sur la sépa­ra­tion de l’oxy­gène de l’air et la pos­si­bi­lité de dis­sou­dre l’acé­ty­lène dans l’acé­tone sous pres­sion sur un sup­port poreux, le sou­dage et le décou­page des aciers pri­rent une nou­velle dimen­sion.

La chimie de l’acé­ty­lène a été par­ti­cu­liè­re­ment riche entre 1914 et 1950, les réac­tions d’addi­tion avec le chlore, l’acide cyan­hy­dri­que, le formol, l’oxy­da­tion, condui­sant au chlo­rure de vinyle, à l’acry­lo­ni­trile, au buta­diène, à l’acide acé­ti­que… Cette car­bo­chi­mie, fina­le­ment basée sur le char­bon, est main­te­nant rem­pla­cée par la pétro­chi­mie liée au cra­quage des coupes légè­res du pétrole et donc par la chimie de l’éthylène, plus facile à obte­nir et mettre en œuvre, moins dan­ge­reux et moins coû­teux. De nos jours, l’acé­ty­lène est obtenu par com­bus­tion par­tielle du méthane ou séparé de l’éthylène dont il est un sous-pro­duit dans l’opé­ra­tion de cra­quage.

La pensée du jour

« En 1900, les cou­reurs du Tour de France ne se dopaient pas, ils car­bu­raient.  »

Sources

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