Produit du jour

Antoine-Laurent de Lavoisier (1743-1794)

Antoine-Laurent de Lavoisier (1743-1794) est una­ni­me­ment reconnu comme le père de la chimie moderne

Fermier Général, chi­miste, phi­lo­so­phe et économiste, une idée reçue lui attri­bue la décou­verte de l’oxy­gène alors qu’en réa­lité, celui-ci avait été isolé indé­pen­dam­ment par le chi­miste sué­dois Carl-Wilhelm Scheele (1742-1786) en 1773 et Joseph Priestley (1733-1804) en 1774, année où Lavoisier déter­mine la com­po­si­tion de l’air, et donne à l’oxy­gène son nom (du grec : engen­dre l’aci­dité).

Par contre, parce qu’il a été le pre­mier a entre­pren­dre des expé­rien­ces chi­mi­ques quan­ti­ta­ti­ves, Lavoisier prouve que, même si la matière change d’état au cours d’une réac­tion chi­mi­que, la masse totale des réac­tifs et des pro­duits reste inva­riante tout au long de cette réac­tion. Il a ainsi pu édicter sa fameuse loi de conser­va­tion de la matière (« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se trans­forme ») à la suite de ses recher­ches sur la com­bus­tion, en par­ti­cu­lier celles du phos­phore et du soufre. Il y démon­tre que celle-ci est un pro­ces­sus qui impli­que la com­bi­nai­son d’une sub­stance avec l’oxy­gène. Il expli­que ainsi la for­ma­tion de la rouille, et contri­bue également à l’expli­ca­tion de la res­pi­ra­tion ani­male et végé­tale. Ses expé­rien­ces magis­tra­les met­tent à mal la théo­rie du phlo­gis­ti­que alors com­mu­né­ment admise depuis Stahl (1659-1734), et qui pos­tu­lait que les maté­riaux relâ­chent une sub­stance appe­lée phlo­gis­ton lorsqu’ils brû­lent. Il démon­tre défi­ni­ti­ve­ment l’inco­hé­rence de cette théo­rie dans son essai Réflexions sur le phlo­gis­ti­que (1783).

On doit aussi à Lavoisier la com­po­si­tion de l’eau. Il bap­tise « hydro­gène » ce gaz mis en évidence plu­sieurs années avant (1766) par H. Cavendish sous le nom d’ « air inflam­ma­ble ».

Ces contri­bu­tions majeu­res font un peu oublier toutes les autres œuvres de Lavoisier, en par­ti­cu­lier dans le domaine de l’agro­chi­mie et la tech­ni­que des pou­dres. Ce savant pro­li­fi­que, tou­jours aidé par sa jeune épouse, n’avait aux yeux du tri­bu­nal révo­lu­tion­naire, qu’un défaut : celui d’être simul­ta­né­ment Fermier Général, ce qui lui valut d’être guillo­tiné le 8 mai 1794 sous le fal­la­cieux pré­texte : « La République n’a besoin ni de savants, ni de chi­mis­tes ».

Sources

  • B. Bensaude-Vincent : Lavoisier, Mémoires d’une révolution ; Flammarion 1993 ISBN 2-08-211208-X

© Société Chimique de France

Mentions légales | Crédits