Protoxyde d’azote

Sous ce nom barbare et la formule N2O se cache le « gaz hilarant » connu dès le XVIIIe siècle dans les fêtes foraines, mais aussi des dentistes et des chirurgiens pour ses propriétés anesthésiques et analgésiques

Découvert en 1776 par Joseph Priestley, le protoxyde d’azote a été utilisé dès la fin du XVIIIe siècle comme « gaz hilarant » dans les foires du fait de son effet euphorisant. Ses effets anesthésiants ont été découverts en 1844 par le dentiste Horace Wells, ce qui a conduit aux progrès de l’odontologie puis de la chirurgie. C’est un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone, principalement émis par l’agriculture, l’industrie et les moteurs à combustion interne.

Les relations entre le diazote et le dioxygène sont tumultueuses dès lors qu’il faut les combiner dans des molécules : c’est heureux pour la stabilité de l’air que nous respirons ! Comme le montre la cartouche ci-dessus, la description de la molécule N2O fait intervenir deux structures limites indiquant que la véritable structure se trouve « quelque part » entre ces deux formes.

Le protoxyde d’azote exerce un effet antalgique en apaisant la douleur et augmente l’effet des médicaments anesthésiques administrés en même temps. Il est donc employé en anesthésie, comme composante courante de l’anesthésie générale combinée, en association avec des anesthésiques injectables ou inhalés, et en médecine d’urgence sous forme de mélange équimoléculaire avec du dioxygène (mélange MEOPA).

Le protoxyde d’azote est un puissant gaz à effet de serre qui subsiste longtemps dans l’atmosphère (environ 120 ans). Son potentiel de réchauffement est 310 fois celui du dioxyde de carbone (CO2). La cause première des émissions de N2O provient essentiellement des phénomènes de nitrification / dénitrification dans les sols cultivés, notamment du fait de l’utilisation d’engrais azotés minéraux et de la gestion des déjections animales. D’autres sources importantes sont liées à certains procédés industriels (fabrication de l’acide nitrique aux très nombreuses utilisations, de l’acide adipique employé pour la fabrication du nylon) et certains équipements de combustion (stationnaires et mobiles). On observe une baisse des émissions dans le temps due à la mise en œuvre d’un contrôle des émissions par le secteur de l’industrie chimique, mais aussi par la mise au point de nouveaux procédés évitant sa formation. En France, les émissions de protoxyde d’azote représentent la seconde plus importante contribution de gaz à effet de serre (16 %).

Le protoxyde d’azote est utilisé comme gaz propulseur (« E942 ») notamment dans les bonbonnes de crème chantilly ou d’air sec pour les ordinateurs. Le protoxyde d’azote fait aussi l’objet d’usages détournés dans les soirées et les manifestations festives : on revient aux sources du gaz hilarant, mais les conséquences ne sont pas drôles…

Sources

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