Prozac

Prozac® est utilisé, au même titre que frigidaire ou poubelle, comme un nom commun. C’est un médicament antidépresseur, dont le succès tient pour beaucoup au large éventail de ses prescriptions : dépression et manque d’énergie, troubles obsessionnels compulsifs notamment anxiété et panique, boulimie nerveuse et de nombreux autres états.

Le Prozac® est le nom déposé du chlorhydrate de fluoxétine, qui fut découvert et breveté par la société américaine Eli Lilly. Depuis l’automne 2001, il n’est plus protégé par son brevet ; produit par de nombreux autres laboratoires, il est commercialisé sous forme racémique. Il a été prescrit à plus de 34 millions de personnes dans le monde de 2001 à 2009.

Son élimination, essentiellement dans les urines, est lente (demi-vie de 4 jours) ; le foie le métabolise par déméthylation en norfluoxétine, de durée de demi-vie d’environ 9 jours et parfois plus, et dont seul l’énantiomère S aurait une activité proche de celle de son précurseur.

Dans le cerveau, les informations circulent sous forme de messages électriques, appelés influx nerveux. Les synapses constituent les zones d’échanges d’information, sous forme de messages chimiques, entre les neurones. Ces substances chimiques, les neurotransmetteurs comme la sérotonine ou la noradrénaline (cf. Adrénaline), sont libérées par les neurones émetteurs et se pdft à des molécules spécifiques sur les neurones récepteurs. Les antidépresseurs rééquilibrent le fonctionnement des circuits de neurones impliqués en modulant la concentration des neurotransmetteurs qui, chez les personnes dépressives, sont mal régulées. Empêcher la recapture d’un neurotransmetteur le fait résider plus longtemps dans la synapse et augmente ainsi ses chances de rencontre avec un récepteur. Environ 10 % des neurotransmetteurs libérés sont perdus dans le processus.

R- et S-fluoxétines et S-norfluoxétine sont des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), comme l’antihistaminique dont elles dérivent, la diphénhydramine. Cette inhibition sert à augmenter le taux de sérotonine (5-hydroxytryptamine ou 5-HT) dans le cerveau. La fluoxétine interagit également avec d’autres substances, comme les inhibiteurs des monoamines oxydases (IMAO). La monoamine oxydase (MAO), une enzyme, régule la capture de la noradrénaline, à la fois neurotransmetteur dans le cerveau et hormone. Ses inhibiteurs, les IMAO, utilisés comme antidépresseurs, agissent en interférant avec cette recapture, mais ne bloquent pas l’inactivation de la noradrénaline.

Comme tous les antidépresseurs, particulièrement ceux agissant sur les neurotransmetteurs, les interactions avec d’autres molécules peuvent avoir des conséquences sérieuses sur la santé, allant jusqu’au coma, voire la mort, et leur prise hors suivi médical est formellement prohibée. La fluoxétine est délivrée uniquement sous prescription dans la plupart des pays.

La prise simultanée d’alcool est vivement déconseillée, induisant parfois un état suicidaire, de même qu’arrêter brutalement le traitement. La prise de lithium ou de tryptophane, de certains antiépileptiques, de nombreux médicaments en vente libre, et même d’extrait de millepertuis, peut entraîner des réactions regrettables, et très variées y compris alopécie ou priapisme.

Actuellement, la notice accompagnant le Prozac® et ses génériques est parfaitement explicite et détaillée, et les noms des spécialités contre-indiquées précisées. Les effets sur les enfants et les adolescents semblent relever, de plus, du risque de retards de croissance et de maturation sexuelle, d’apparition de comportements hostiles et de type suicidaire ; dans leur cas, à côté de la prise de fluotéxine, un suivi psychiatrique est impératif.

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« Du bien-être, du bonheur, Prosit Prozac ! »

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