Vitamine D

La vitamine D, l’hormone du soleil, résultat utile de l’exploitation in vivo du cholestérol, c’est bon pour les os, même si l’huile de foie de morue était bonne pour les grimaces

Identifiée en 1922, la vitamine D doit être considérée comme une hormone car elle est en grande partie synthétisée par la peau à partir du 7-déhydrocholestérol (cf. Cholestérol) en présence d’un rayonnement UVB. Véhiculée par le sang, elle est transformée par le foie et le rein en métabolite actif, le calcitriol, qui agit sur des récepteurs spécifiques pour augmenter la calcémie, laquelle régule en retour sa synthèse. L’alimentation (essentiellement poissons gras et la fameuse huile de foie de morue) en fournit un deuxième apport, insuffisant (entre 10 et 40 % des besoins).

Deux formes de vitamine D existent : la vitamine D2 ou ergocalciférol (et pour les puristes 9,10-secoergosta-5,7,10(19),22-tetraen-3-ol), produite par les végétaux, et la vitamine D3 ou cholécalciférol (9,10-secocholesta-5,7,10(19)-trien-3-ol), produite par les animaux. Chez l’homme, ces deux formes sont converties en calcitriol (ou 1,25-dihydroxyvitamine D), leur principal métabolite actif.

La fonction essentielle, en tout cas la plus connue, de la vitamine D est d’augmenter la capacité d’absorption du calcium et du phosphore au niveau de l’intestin, ce qui permet : 1) d’assurer une minéralisation optimale des tissus minéralisés, notamment os, cartilage et dents ; 2) de contribuer au maintien des concentrations plasmatiques du calcium et du phosphore.

Par quoi se traduit la carence en vitamine D ? Qui est concerné ?

Les signes cliniques sont : l’ostéomalacie et le rachitisme au niveau osseux, la baisse de tonus musculaire, les crises de tétanie et les convulsions (en relation avec une hypocalcémie) et parfois l’anémie. Chez les personnes âgées, la carence en vitamine D constitue un terrain favorable à la perte osseuse et donc à l’ostéoporose (os poreux). Une étude américaine sur plus de 13 000 patients, l’associe à un excès de mortalité de 26 %, toutes causes confondues.

Le rachitisme des nouveau-nés et des nourrissons, décrit dès 1824, tient au fait que le lait maternel est pauvre en vitamine D. Comme l’ostéomalacie chez les adultes, le rachitisme, lié à un défaut d’accumulation des éléments minéraux au niveau du squelette, entraîne des douleurs osseuses et musculaires ainsi que des déformations osseuses. On le traitait par l’huile de foie de morue, à la cuillère à soupe matinale pour les moins jeunes d’entre nous, puis en pilules, inodores et sans saveur. Le rachitisme a pratiquement disparu en France depuis la stratégie de prévention par supplémentation mise en place en 1963.

Par contre, le vieillissement de la population entraîne un nombre accru de personnes atteintes d’ostéoporose, les plus âgées étant souvent placées en institution, sans activité physique, évitant le soleil. Le nombre de fractures (poignet, col du fémur…) ne cesse, en conséquence, de croître : 140 000 environ par an (coût estimé de l’ordre d’un milliard d’euros), avec un triplement attendu avant 2050 ! Le risque est trois fois plus grand chez les femmes que chez les hommes par suite de leur carence œstrogénique à la ménopause. Une méta-analyse incluant 42 000 personnes confirme le bénéfice de la prise de vitamine D dès 65-70 ans, traitement peu onéreux et généralement très bien toléré.

La vitamine D, un peu oubliée ces dernières décennies, a de nouveau le vent en poupe. En effet, la 1,25-dihydroxyvitamine D est maintenant considérée comme un régulateur physiologique de la prolifération-différenciation de nombreux types cellulaires, et comme un modulateur des défenses immunitaires de l’organisme. A ces titres, elle pourrait réduire les risques de certains cancers (notamment du côlon) et de certaines maladies auto-immunes, comme le diabète de type 1 ou la sclérose en plaques. Elle est également associée à une gamme de troubles cliniques et de maladies chroniques, dont les troubles de l’équilibre, de l’humeur, de la cognition, etc. Des études récentes (mars 2011) montrent une très forte prévalence de la carence en vitamine D chez les patients souffrant d’un développement précoce de la maladie de Parkinson.

Pensée du jour
« Un voile trop pudique ou un hâle trop impudique, et adieu la vitamine D… »

Sources

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